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Xbox : vide Software

On ne peut pas dire que le mois de juillet 2026 ait été excellent du côté de chez Xbox. D’ailleurs, nous pourrions parler des mois précédents, voire même des dernières années. Oui, on peut retenir les belles annonces et ce petit côté “famille proche”. Mais parlons un peu de ce qui nous intéresse vraiment : achats compulsifs, grandes annonces, puis fermetures et délestages de studios, licenciements par milliers, arrêts de projets internes, licences mises au placard et abandons de financements chez des tiers.

Xbox, un grain de sable chez Microsoft

On voyait le coup venir depuis un moment, mais c’est maintenant assez clair : la fièvre des achats chez Microsoft s’est globalement très mal passée. Déjà parce que cela a été géré par des personnes qui sont probablement beaucoup trop bien payées pour garder les pieds sur terre et qui apparemment ne comprennent pas grand-chose à la gestion de studios de jeux vidéo et de licences. Mais aussi parce qu’il est difficile de prévoir le futur quand on veut aller beaucoup trop vite, qu’une pandémie est passée par là et qu’une nouvelle technologie est devenue beaucoup plus sexy aux yeux des actionnaires.

Ce qui est compliqué avec les différentes annonces de juin/juillet 2026 chez Xbox, c’est qu’elles sont difficiles à valider à nos yeux, surtout quand on voit les résultats annuels de la maison-mère. Si on regarde l'année fiscale précédente, donc 2025, le chiffre d'affaires de Microsoft a atteint 281,7 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 101,8 milliards de dollars. D’ailleurs, une chose se dégage très rapidement quand on analyse le chiffre d’affaires depuis quelques années : cela ne fait que grossir. C'est 143 milliards en 2020, puis 168,09 milliards en 2021, puis 198,3 milliards en 2022, puis 211,92 milliards en 2023 et enfin 245,12 milliards en 2024. Globalement, le chiffre d'affaires de Microsoft a pris +97 % en cinq ans et le bénéfice net a pris +130 % sur la même période. Précisons aussi que l’année 2025 est la plus profitable de toute l'histoire de l'entreprise, qui a vu les bénéfices nets dépasser les 100 milliards pour la première fois.

Donc très clairement, la boîte va plus que bien financièrement. Le chiffre d’affaires, le bénéfice net et la capitalisation boursière sur les années 2023, 2024 et 2025 représentent le sommet historique de Microsoft. C’est un point assez important à se mettre en tête.


Source : Wikipedia

Si on jette maintenant un œil à l’année fiscale 2026 qui vient de se terminer au 30 juin dernier (et dont les détails sont tombés le 29 juillet), le chiffre d'affaires est de 331,8 milliards de dollars, avec un bénéfice net à 133,7 milliards, toujours en dollars, ce qui en fait encore un nouveau record historique pour Microsoft. Tout va bien à Redmond, et le total cumulé de bénéfice net depuis l’année 2020 jusqu’à la fin de l’année 2026 culmine à 574,3 milliards de dollars et des bananes. Tout cela est indécent.

Mais ces augmentations d’années en années ne proviennent pas de Xbox qui, rappelons-le, doit “rembourser” quelques 76 milliards et des patates dépensés pour faire augmenter le nombre de studios dans la belle famille des Xbox Game Studios, en s’étant transformé en ogre affamé un peu trop certain de finir la course en première position. On en parlera évidemment un peu plus tard dans cet article.

Penchons-nous maintenant sur les différentes grosses divisions de Microsoft (sans trop aller dans le détail). Depuis des années, on voit que la division qui est la plus rentable de toutes est Productivity & Business Processes (Microsoft 365, Copilot 365, Dynamics, LinkedIn, etc.). C’est globalement elle qui fait tourner la boite depuis un long moment. N’oublions pas non plus Intelligent Cloud qui est le département qui progresse le plus vite ces dernières années (Server products, Azure, GitHub, etc.), bien aidée au début par l’explosion du Cloud, puis maintenant, par les besoins en IA. Au final, il faut aller voir dans la dernière section, More Personal Computing pour se rendre compte qu’il s’agit du petit dernier de la classe (Windows OEM licensing, Search/Bing, Surface, Xbox, etc.), avec la marge la plus faible et un bénéfice net de 54,6 milliards sur l’année 2025, sur les 281,7 milliards au total, ce qui n’est pas ouf mais pas tout naze non plus.


Source : Microsoft Build 2026

Cela permet aussi de se rendre compte que More Personal Computing est juste une toute petite partie de cette division. Une goutte d’eau. On voit par exemple par ici que la partie Gaming pour FY2026 Q3 a dégringolé de 380 millions de dollars, soit une baisse de 7 % par rapport à FY2025 Q3. Quant aux ventes des consoles Xbox, elles ont chuté de 33 %. Autant dire que le nouvel eldorado de la tech n'est plus le jeu vidéo mais l'IA. Cela commence à se voir, surtout lorsque l’on regarde les investissements de Microsoft dans ce domaine : depuis janvier 2024 jusqu'à fin 2025, ce sont environ 200 milliards de dollars qui ont été investis dans l'IA par Microsoft. Et la même somme devrait être injectée juste pour 2026.

De fait, on comprend assez rapidement que Microsoft n’a aucunement envie de continuer cette belle aventure de 25 ans qu’est Xbox, qui ne rapporte pas assez par rapport à ce qu’elle coûte. Au mieux, elle donne à Microsoft la vision d'une entreprise "cool" au yeux d'un public qui ne regarde pas forcément dans tous les coins. Mais la firme de Redmond semble vouloir chercher une solution pour recentrer Xbox, quitte à changer de modèle et à tirer sur tout ce qui bouge, sachant que les joueurs et joueuses de la marque ont souvent la mémoire courte (même chose chez d'autres concurrents). Une solution serait même de rendre cette entité totalement indépendante du groupe d’après certains bruits de couloir, afin de ne pas affecter les coûts globaux. Mais surtout, c’est fini de lâcher des chèques à tout va. Il faut être rentable, rendre des comptes, et vite.

Un rêve à 76 milliards de dollars et des patates

Pour bien comprendre ce qui se passe chez Xbox, il faut remonter à juin 2018. Cette date est cruciale, puisqu’elle signe le début d’un Xbox qui accélère clairement beaucoup trop vite pour tenter de devenir le plus gros éditeur du secteur, le doux rêve de Phil Spencer. Pour les deux au fond de la salle qui ne savent pas qui est cette personne, Phil Spencer c’est un peu la belle histoire de Microsoft, typique du rêve américain.

Un mec arrivé en tant que stagiaire en 1988 chez Microsoft, qui a grimpé les échelons pour devenir General Manager Microsoft Game Studios EMEA (2001 à 2008) avec notamment l’arrivée de la première Xbox, puis General Manager Microsoft Studios en 2008 suite au carton de la Xbox 360, puis carrément Corporate Vice President Microsoft Studios en 2009. Un poste qu’il mènera d’une main de maître pour passer ensuite Head of Xbox / Chief Product Officer en 2014, et même si la Xbox One s’est plantée, il a réussi à garder la confiance de Satya Nadella (CEO de Microsoft), en devenant Executive Vice President Gaming (2017), pour au final, toucher le plafond en étant CEO de Microsoft Gaming de 2022 à 2026 lors de l’ère Xbox Series. Il est là depuis le début.


Source : YouTube Xbox - E3 2013

Bref, son rêve à lui, c’est aussi le Xbox Game Pass, annoncé en mars 2017 et lancé officiellement en juin de la même année, uniquement sur Xbox One au début. Et pour faire en sorte que ce gros service fonctionne, il fallait proposer un maximum de jeux. De fait, la boite au X vert n’a eu pas 150 solutions : produire beaucoup de jeux avec le peu de studios internes à l’époque ou demander à papa Nadella de lâcher quelques dollars pour des acquisitions.

Le début de la folie des grandeurs

Les premières annonces se font lors de l’E3 2018, avec un Phil Spencer tout sourire souhaitant annoncer du lourd pour l’avenir de Xbox et plus particulièrement pour montrer que la console qui fera suite à la Xbox One aura des jeux. C’est fait, Xbox s’est offert plusieurs studios et pas des moindres :

  • Ninja Theory
  • Compulsion Games
  • Playground Games
  • Undead Labs
  • Obsidian Entertainment
  • inXile Entertainment
  • The Initiative (création du studio)


Source : Microsoft News

On ne connaît pas le prix de ces acquisitions, mais peu importe. Ce qui est important, c’est d’ajouter tout un tas de licences et de jeux à l'écosystème Xbox : Senua's Sacrifice et sa future suite Senua's Saga: Hellblade II, Heavenly Sword, Enslaved, Bleeding Edge, We Happy Few et le futur South of Midnight, la sécurisation du studio de Forza Horizon et plus tard State of Decay 2 et Fable (beaucoup plus tard), mais aussi Fallout: New Vegas (par héritage, ils n'ont pas encore la licence Fallout...), Pillars of Eternity et les futurs The Outer Worlds, Grounded, Avowed. Sans oublier Wasteland, et Bard's Tale et le futur Clockwork Revolution. Pour The Initiative, c’est donc une création de studio, mais aussi l’annonce de voir le retour de Perfect Dark. Rien à dire, Xbox avait tapé fort lors de cet E3.

L’année suivante à l’E3 2019, c’est Double Fine Production qui rejoint le giron Xbox, ce qui ajoute Psychonauts, Brütal Legend, Broken Age, Grim Fandango et tous les projets du studio de Tim Schafer (en plus de sa propre personne) comme Psychonauts 2, Keeper et tout récemment Kiln, dans la liste des licences appartenant maintenant à Microsoft. Ici, l'idée première est d'ajouter un studio reconnu et plutôt arty dans la famille, et donc des jeux qui sortent un peu de l'ordinaire. C’est aussi l’occasion de dévoiler le Project Scarlett, qui sera au final la Xbox Series. Au menu du jour : la console la plus puissante du monde lors d'une énorme conférence blindée de AAA

C’était déjà du lourd, mais Phil Spencer et ses équipes ne s’arrêtent pas là et reviennent le 21 septembre 2020 avec l’annonce de l'absorption de ZeniMax Media pour 7,5 milliards de dollars (en cash) et toute la ribambelle de studios et de licences qui en découlent. À l'époque, on trouvait ce rachat totalement déraisonnable et il était souvent comparé aux deux grosses acquisitions de The Walt Disney Company avec celui de Marvel Entertainment pour 4 milliards de dollars (2009) et LucasFilm pour 4,05 milliards (2012). L'addition faisant quasiment le même montant, cela pouvait nous donner un ordre de grandeur. Et quand on voit l'argent obtenu par Disney suite à ces acquisitions, on peut se demander si Microsoft ne s'est pas finalement un peu planté. Quoi qu'il en soit, ce rachat fera grossir mécaniquement la famille des studios Xbox avec :

Mine de rien, c’est une véritable secousse sismique dans l’industrie et cela veut donc dire que Xbox détient de nouvelles franchises dont Doom, Quake, Rage, Wolfenstein, Fallout, The Elder Scrolls, Prey, Dishonored, mais aussi les futurs Starfield, Deathloop, Redfall, Ghostwire: Tokyo et Hi-Fi Rush. De quoi faire grossir le Game Pass et sa base d’abonnés, sans faire un trop gros trou dans les finances de Microsoft. L’achat sera totalement finalisé le 9 mars 2021.

Tout aurait pu (dû ?) s’arrêter là. Xbox aurait pu prendre soin de ses nouvelles acquisitions, prendre le temps de sortir des jeux, voir ce qui fonctionne ou pas, affiner au besoin et voir même relancer d’anciennes franchises avec des suites. Mais non. Xbox a les yeux plus gros que le ventre et veut atteindre son objectif : être le numéro un du marché.

Même pas un an plus tard, le 18 janvier 2022, on apprend que Microsoft veut s’offrir le groupe Activision-Blizzard-King. Ce fût notre feuilleton du COVID (novembre 2019 à mai 2023) et ce rachat s’est finalisé avec un énorme chèque de 68,7 milliards de dollars, soit la plus grosse acquisition de l’histoire de notre médium. Là aussi, pour vous donner un ordre d'idée, on retrouve à la place numéro 1 des plus gros rachats de l'histoire de la tech, The Walt Disney Company qui avait racheté en 2019 la société 21st Century Fox pour 71,3 milliards. C'est suivi par Broadcom qui s'est offert VMware pour 69 milliards en 2023. Et ensuite, Microsoft avec Activision Blizzard King. Oui, c'est pour le moment le troisième plus gros rachat de l'histoire de la tech.

Là, c’est un vrai séisme et Phil Spencer a réussi à faire ce qu’il souhaitait, à savoir être le CEO du plus gros éditeur mondial, ajoutant ces studios à la famille Xbox :

Côté licences, c’est du délire : Call of Duty, World of Warcraft, Overwatch, Diablo, StarCraft, Hearthstone, Heroes of the Storm, The Lost Vikings, Rock and Roll Racing, Candy Crush, Crash Bandicoot, Spyro the Dragon, Guitar Hero, Tony Hawk's Pro Skater, Skylanders, Prototype et j’en passe. La clôture de ce dossier aura duré un paquet de temps, puisque la CMA britannique et la FTC américaine ont essayé de bloquer la procédure pour antitrust, mais sans succès, puisque tout a été finalisé le 13 octobre 2023.

Soyons honnêtes. Avec toutes ces acquisitions, Xbox avait toutes les cartes en mains pour rester le plus gros éditeur de jeux vidéo au monde pendant des dizaines d’années, avec la capacité d'alimenter ses consoles, le PC, les smartphones et même les consoles concurrentes. Un incontournable avec plus de trente studios, des dizaines de licences mondialement connues et un peu plus de 22 000 employés. Tout cela arrivait aussi au meilleur moment pour Xbox, puisque la Xbox Series, sortie le 10 novembre 2020, avait un grand besoin de jeux et de mise en lumière, tout comme le Xbox Game Pass réclamait toujours plus d’abonnés.

Mais il ne faut pas oublier que racheter trois dizaines de studios pendant cinq ans n’est pas si facile à gérer, même pour une entreprise comme Microsoft. Comme je le disais plus haut, Xbox a oublié de prendre son temps, d’intégrer chaque studios de la meilleure des manières, et d’accompagner tout ce beau petit monde. Tout s’est fait trop rapidement, comme si tout allait rouler sans problème. Et surtout, il était évident que les actionnaires attendaient un retour sur investissement, et rapidement.

La péniche Xbox à la dérive

Ce qui est fou, c’est que ces beaux visuels blindés de noms de studios et de belles images de licences… ça ne va pas durer très longtemps. Et d’ailleurs, cela n’a duré que quatre mois après la confirmation du rachat d’Activision-Blizzard-King. Vous l’aurez compris, ce dossier est aussi là pour se souvenir de la chronologie complète de tout ce qui s’est déroulé, afin de tenter de contrer cette culture de l’instant qui s’est installée avec l’arrivée des réseaux sociaux. Et cette culture, Microsoft et Xbox l’utilisent très souvent.

Année 2023

Comme dit précédement, le rachat d'Activision-Blizzard-King par Microsoft s'est finalisé le 13 octobre 2023. Cette année avait été difficile pour bon nombre de personnes dans l’industrie du jeu vidéo, avec au moins 10 500 licenciements annoncés, notamment avec 95 personnes chez 343 Industries (le studio gérant les Halo) et d’autres postes chez Bethesda Games et The Coalition (le studio qui a repris la licence Gears of War), dès le début d’année. Mais c’était juste un avant-goût.

Année 2024

Fin janvier 2024, Microsoft annonce supprimer 1 900 postes dans sa division Xbox, soit 8 % des effectifs. Ironie du sort, cela cible principalement Activision-Blizzard-King et ZeniMax, et pas que des petites mains de l’ombre. Phil Spencer nous parle de réorganisation et de postes en doublon pour que le public comprenne de quoi il en retourne et tenter de faire passer la pilule. On apprend par exemple le départ de Mike Ybarra qui après vingt ans chez Microsoft (dont la moitié chez Xbox) s’était barré chez Blizzard Entertainment en novembre 2019 pour prendre la tête de la société. Avec le rachat de Blizzard, il s’est retrouvé à la case départ et hop, il a sauté. Tout comme Allen Adham, l’un des co-fondateurs et chief design officer de Blizzard avec trente-trois ans de boîte. Ça dégage. Enfin, on apprend dans le même temps que Xbox met fin au projet Odyssey, un jeu de survie en développement chez Blizzard.

Le direction de Xbox n’est pas là pour épiler les kiwis et le 7 mai 2024, soit seulement trois mois après les 1 900 postes, c’est une nouvelle annonce de licenciements qui arrive, du côté du rachat de ZeniMax à peine quatre ans plus tôt. Cette fois-ci, c’est encore pire, puisque ce sont des studios entiers qui ferment leurs portes, entraînant donc tous les employés ou presque dans leur sillage. On apprend qu'Arkane Austin, sous-division d'Arkane Studios, met la clé sous la porte après le désastreux Redfall (2023) sorti directement sur le Game Pass et commandé par Microsoft qui voulait absolument un jeu multijoueur. On met les petites affaires d’environ 60 personnes dans des cartons, on éteint les lumières. Circulez, il n’y a plus rien à voir.

L’autre studio qui ferme, c’est Tango Gameworks. Ouvert depuis 2010 chez ZeniMax Media, l'entité créée par Shinji Mikami avait tout de même sorti plusieurs jeux marquants et surtout avait créé de nouvelles licences : The Evil Within (2014) et sa suite The Evil Within 2 (2017), puis Ghostwire: Tokyo (2022), et l’excellent  Hi-Fi Rush (2023) qui sortait clairement du lot avec sa direction artistique toute colorée. C’est donc 150 personnes à la porte et des licences qui vont doucement mourir puisque Xbox n’en fera apparemment rien. Évidemment, comme Shinji Mikami avait déjà quitté le navire en février 2023, voyant probablement les problèmes arriver, la direction de Xbox s’est sûrement dit qu’il ne valait plus la peine de garder le studio vivant. Un studio avec des personnes talentueuses et formées par le créateur des séries Resident Evil, Dino Crisis, The Evil Within, mais aussi de God Hand et Vanquish, sans compter tous les autres jeux chez Capcom, Clover Studio, PlatinumGames. Dans cette affaire, Xbox a donc perdu un vétéran mondialement connu et Krafton a sauté sur l’occasion pour récupérer le studio et les licences.

Enfin, Alpha Dog Studios ferme aussi, avec vingt-cinq personnes sur le carreau au passage. C’est un studio moins connu, mais spécialisé dans le mobile en sortant notamment Mighty Doom (2023) qui aurait pu faire son petit chemin, porté l'aura de la licence. On ferme les portes et cette fois-ci, le jeu suivra aussi à la poubelle dès le 7 août de la même année. Heureusement, on vient d’apprendre que finalement, Shawn Woods (le fondateur du studio) a réussi à en récupérer le nom pour rouvrir boutique, mais sans Microsoft cette fois-ci. On verra dans les mois à venir ce que cela donne.

On reste dans la même année, mais on saute en septembre, pour apprendre que le dégraissage d'Activision-Blizzard-King n’est pas terminé, loin de là, puisque c’est 650 personnes qui prennent la porte. Tout cela s’inscrit dans le cadre de la grande réorganisation du groupe. Cette fois-ci, Phil Spencer se veut rassurant pour ses fans : aucune fermeture de studio n’est à prévoir. La plèbe est heureuse, tout va bien. Par contre, les postes concernés sont principalement les équipes travaillant sur WarCraft Rumble et Call of Duty: Warzone Mobile.

Année 2025

L’année 2024 s’est terminée avec au moins 14 600 postes supprimés et des dizaines de studios qui ont fermé à travers la planète. L’industrie ne va plus aussi bien que pendant la grande période du COVID-19 (d’après le grand patronat) et Microsoft s’est dit qu’il serait bon d’utiliser la fameuse technique du “attendons que tout le monde ait oublié”. On se retrouve donc quelques mois plus tard, en juillet 2025, et là, catastrophe encore une fois : Microsoft annonce supprimer 9 100 postes dans l’entièreté groupe, soit 4 % de ses effectifs. Et la branche jeux vidéo va prendre dans les dents, encore une fois.

À commencer par King qui perd 10 % de ses effectifs, soit environ 200 personnes. C’était le seul gros studio du fameux Activision-Blizzard-King a avoir esquivé les balles. C’est maintenant fait. On peut aussi ajouter à cela environ 100 personnes chez Blizzard Entertainment, une vingtaine chez Raven Software et un nombre inconnu chez Sledgehammer Games.

Du côté de Bethesda, ce n’est guère mieux et des départs sont à signaler, même si on ne connaît pas les chiffres. Par contre, on sait que 164 personnes ont dégagé de chez ZeniMax Online Studios et que le projet Blackbird, un MMORPG en développement depuis 2018, est purement et simplement annulé.

Du côté de chez Rare, studio mythique de l’époque Super Nintendo et Nintendo 64 qui s’est pris les pieds dans le tapis depuis son arrivé chez Xbox en 2002, avant de se relever avec le carton Sea of Thieves en 2018, voit aussi ses effectifs diminuer un peu (sans chiffres là aussi). Cela signifie aussi l’arrêt du développement d’Everwild, qui aurait pu donner un petit coup de boost au studio après son jeu de pirates.

Et tant qu’à faire un tour en Angleterre, autant faire un petit détour chez Turn10, le studio derrière Forza Motorsport, qui voit carrément 50 % de ses effectifs prendre la porte, soit environ 70 personnes. Cela signe aussi la fin d’un quelconque nouvel épisode de Forza Motorsport. Le studio se transformera en studio de support, notamment pour aider Playground Games et les épisodes de Forza Horizon.

Passons maintenant à la blague The Initiative, studio créé par Xbox et annoncé en grande pompe lors de l’E3 2018 afin de travailler sur des projets dit AAAA. Tellement de A et tellement de budget qu’ils étaient même à la tête d’un reboot de Perfect Dark, licence volée à Rare au passage. Finalement, on a eu droit à une belle vidéo lors du Xbox Games Showcase 2024, et c’est tout. On ne sait pas trop pourquoi, mais Xbox a décidé de fermer le studio, de virer tout le monde et d’annuler le retour de Perfect Dark, licence qui reste dans le cœur de nombreux joueurs et joueuses sur Nintendo 64.

Enfin, nous avons appris que de nombreuses personnes chez Xbox ont aussi été mises à la porte, tout comme un certain nombre chez Halo Studios (anciennement 343 Industries). À cela s'ajoutent aussi des coupes de budgets pour des projets à l’externe, qui ont mis à mal Romero Games, qui travaillait sur un FPS apparemment nommé Hellslayer et très inspiré de l’ambiance de Hotline Miami, ainsi qu'Avalanche Studios, qui avait dans les cartons (en préproduction) son jeu coop en monde ouvert exclusift pour Xbox, Contraband, et qui finira finalement dans un tiroir faute de financement. De plus, le studio est forcé de fermer son studio de Liverpool et de procéder à des licenciements aussi dans ses studios de Malmö et de Stockholm.

Le grand reset de 2026

Vous l’avez probablement compris, Xbox va mal. Et pas qu’un peu. Sous ses airs d’énorme éditeur qui se la pète en conférence, se cache finalement une sous-division de Microsoft qui bouffe un peu trop de pognon et qui ne va pas dans le sens des actionnaires. Et à une époque où l’IA est partout, le vieux Phil Spencer n’a semble-t-il plus sa place. Alors lui aussi, il dégage. Qu’il ait fait n’importe quoi ou non n’est pas vraiment la question. Ce qu’il faut, d’après la direction de Microsoft, c’est un nouveau visage pour la direction de Xbox.

En février 2026, on apprend que Phil Spencer, alors CEO de Microsoft Gaming et visage de Xbox depuis le début, part en retraite. Dans la foulée, Sarah Bond, President of Xbox, pose sa démission avec effet immédiat, alors qu’en octobre 2025, elle était à fond en interview pour parler du futur de Xbox et qu’il serait premium. Il sera surtout sans elle. Et pour remplacer ce duo de choc, c’est Asha Sharma qui est appelée à la rescousse. Un nom inconnu du grand public, mais une femme qui était à à la tête de tous les produits IA de Microsoft. Elle prend directement le poste de CEO de Microsoft Gaming à la place de Phil, et sera accompagnée par Matt Booty qui, étrangement, monte en grade pour devenir Executive Vice President et Chief Content Officer. Et l’objectif d'Asha Sharma est clair : recentrer la marque Xbox, rester à fond sur consoles et surtout, tout miser sur les fans de la marque.

Alors, elle y va de ses petites annonces pour faire oublier les dernières années. Un mois après son arrivée, elle officialise le Project Helix, la prochaine Xbox. Elle précise que ce sera une console Xbox qui pourra aussi lire les jeux PC, sans plus de précision. Côté matériel, on apprend aussi le renouvellement technologique avec AMD, de quoi donner assez de puissance à cette nouvelle bécane.

Pour le mois d’avril, elle souhaitait faire plaisir aux clients du Xbox Game Pass en baissant le prix de l’abonnement qui avait pris 50% dans les dents en octobre 2025. Du coup, cela a donné :

  • Xbox Game Pass Ultimate : de 29,99$ à 22,99$ / mois
  • PC Game Pass : de 16,49$$ à 13,99$ / mois
  • les Essential (9,99$ / mois) et Premium(14,99$ / mois) ne bougent pas.

Cependant, cela s’est accompagné par une contrepartie assez forte : les futurs Call of Duty ne rejoindront plus directement l’abonnement en day one. Oh non. Ce sera un an plus tard.

Au mois de mai, elle ramène tous ses copains pour remplacer des personnes présentes depuis bien trop longtemps chez Xbox. Ce n’est pas forcément mauvais et si ça se trouve, elle va remettre Xbox sur de bons rails en faisant ça, puisque les personnes en place font partie du problème. D’ailleurs, elle fait aussi dégager Copilot for Gaming, en signe de gentillesse envers les fans, mais aussi pour tenter de se démarquer de son ancien poste.

Elle en profite pour changer le logo de Xbox afin qu’il redevienne vert comme à la belle époque, et maintenant, il faut dire XBOX. Si ça c’est pas un gentil, je ne sais pas ce que c’est ! Et elle est très heureuse de l'annoncer sur Twitter, entre deux sondages éclatés au sol.

En juin, le Xbox Games Showcase 2026 se déroule particulièrement bien et Asha y va de ses annonces qui font plaisir : Gears of War: E-Day sortira exclusivement sur consoles Xbox Series et pas sur PlayStation 5. Les fans sont en délire, la Xbox Series retrouve enfin une grosse exclusivité (en oubliant que le jeu sort tout de même sur PC). On a même une grosse vidéo de Fable, une Xbox Series pour les 25 ans de Xbox, des nouveaux jeux comme Senua chez Ninja Theory, le DLC Doom: The Dark Ages - Revelations chez id Software, etc. Tout a l’air d’aller pour le mieux mais… Quelques jours plus tard, Asha Sharma annonce que les 100 prochains jours seront dédiés à faire un reset chez Xbox. Cela n’annonce rien de bon.

Et le mois de juillet arrive. Un mois catastrophe puisque ce fameux reset se traduit dès le 6 juillet par virer 3 200 personnes sur l’année fiscale 2027 et se séparer de cinq studios, pour le moment. Cela représente environ 20% des effectifs de la branche jeux vidéo et on commence par une première vague de 1 600 personnes dès maintenant, avec le reste étalé sur l’année. En plus de cela, on apprend que Xbox se sépare de ces studios :

  • Double Fine Productions
  • Compulsion Games
  • Ninja Theory
  • Undead Labs
  • Arkane Lyon

Dans un geste d’une grande bonté qui ferait presque passer Asha Sharma et ses équipes pour des anges, elle annonce que ça lui fend le coeur de se séparer de tels talents, mais elle assure que ces studios partent de la famille tout en gardant toutes les propriétés intellectuelles qu'ils ont créées. C’est déjà ça de pris pour eux, mais honnêtement, ça craint sévère tout de même d’un point de vue financier.

Double Fine Productions et Compulsion Games

Par exemple, même si Microsoft lui a fourni un financement de transition, le studio Double Fine Productions a annoncé sur son compte Bluesky devoir se séparer de 23 personnes et ça, c’était même pas un mois plus tard, le 29 juillet. Ce n’est pas un cadeau de Xbox de leur redonner leur indépendance, puisque cela signifie aussi qu’ils n’ont plus aucun financement. Du côté de Compulsion Games, c’est aussi via un post Bluesky que l’on apprend qu’il garde ses droits sur Contrast, We Happy Few, et South of Midnight. Pour le moment, pas de licenciement annoncé, mais très clairement, ils cherchent un éditeur pour leur prochain projet. Croisons les doigts pour que tout se déroule bien pour eux.

Ninja Theory, Undead Labs et Arkane Lyon

Concernant Ninja Theory et Undead Labs, c’est encore un peu plus fourbe, puisqu’après avoir mis en avant le prochain volet des aventures de Senua et State of Decay 3 faisant saliver les joueurs Xbox, on apprend que finalement, les deux studios ont été vendus (on ne sait pas qui est le repreneur pour le moment, ni même s’il ne s’agit pas de plusieurs entreprises). Enfin, les français d’Arkane Lyon sont eux aussi dans le jus. Mais grâce à nos lois françaises protégeant les employés, le studio n’a pas été fermé à l’américaine et doit passer par toutes les étapes obligatoires afin de tenter de ne pas faire n’importe quoi. Dans tous les cas, il faudra tenter de sauver la baraque et notamment Marvel's Blade qui est en développement depuis 2023.

Dans son communiqué, Sharma avait aussi assuré que des réorientations d’investissements seraient aussi effectuées chez Activision, Bethesda/ZeniMax, Blizzard, King, Mojang et tout ce qui reste des Xbox Game Studios. Cela n’a pas traîné.

id Software

Dès le 6 juillet, c’est id Software qui prend un coup de BFG en pleine face. Le studio créé par John Carmack, John Romero, Tom Hall et Adrian Carmack. Le studio derrière Wolfenstein 3D, Doom et Quake. Le studio qui a marqué à jamais l’histoire du FPS. Et bien c’est aussi le studio dont Xbox se fout totalement : 136 employés licenciés (96 en présentiel et 40 en télétravail). Pour donner un ordre d’idée, on apprend via la CWA (Communications Workers of America), que le studio était composé de 185 employés à la fin de l’année 2025. C’est donc plus de 70% du studio que Microsoft vient de virer, tout en se félicitant de la sortie de la nouvelle extension de Doom: The Dark Ages.

Globalement, avec des personnes possédant une expertise de plus de 20 ans sur le moteur id Tech qui ne sont plus dans l’entreprise et plus que 30% du personnel encore présent, ce studio mythique va se transformer en studio de support et potentiellement, développer sur Unreal Engine. Un comble.

On apprend en plus de cela que le studio était en pleine effervescence, avec des projets plein les tiroirs : un jeu multijoueur DOOM, le projet Fury qui était un jeu d'action à la John Wick, mais aussi le projet Ironwood qui aurait été un jeu de survie dans un monde à la Westworld, ou encore, une reprise de Perfect Dark. Tout cela est mis à la poubelle.

Obsidian Entertainment

Suite à son rachat en 2018, le studio d’Irvine a fait ses devoirs depuis avec The Outer Worlds (2019), Grounded et Pentiment (2022), puis Avowed et The Outer Worlds 2 (2025). Mine de rien, c’est tout de même 4 nouvelles licences que Obsidian Entertainment a sorti pour Xbox. Même si tout cela n’a pas fait des milliards de ventes, cela a donné de bons jeux sur le Game Pass et a contribué au catalogue d’une Xbox Series en manque de nouveautés. Et avec un Avowed 2 déjà dans les tuyaux, tout aurait dû bien se passer.

Mais vous vous en doutez, ce n’est pas le cas : environ 25% des effectifs ont pris la porte, soit 60 à 70 personnes. Dans le lot, on compte un peu de tout avec des choix assez discutables, comme le directeur artistique de The Outer Worlds ou encore un artiste avec 21 ans d'ancienneté et un ingénieur qui était là depuis seulement 2 mois. Mais malgré cela, le studio devra se concentrer sur un nouveau jeu Fallout. Ce n’est pas non plus un mauvais choix, puisqu’il faut rappeler que le studio a sorti Fallout: New Vegas, l’un des épisodes les plus aimés de la licence. Dans tous les cas, la créativité est terminée. Il faudra bosser sur du connu. Au delà de ça, on se doute aussi qu’Asha Sharma a un abonnement Prime Video et a très apprécié les stats de visionnage de la série Fallout.

Bethesda Game Studios

Ici, les chiffres ne sont pas très précis, mais on parle tout de même de 50 licenciements chez Bethesda Game Studios, dont des personnes clés sur le développement de The Elder Scrolls VI, mais aussi les départements QA, support client, audio et la production. Tout ce dont un The Elder Scrolls n’a absolument pas besoin. La réaction de la direction du studio ne s’est pas faite attendre avec un long communiqué public expliquant très grossièrement que Starfield cartonne avec 17 millions de joueurs, qu’un Fallout 5 est en pré-production, que Obsidian Entertainment collabore bien sur un nouveau projet Fallout, et que des remasters de Fallout 3 et Fallout: New Vegas sont prévus (sans date) tout comme une extension Fallout 76 "Raven Rock" prévue l'an prochain.

Enfin, concernant The Elder Scrolls VI, le développement est confirmé sur Creation Engine 3, le tout avec l’appui des équipes de ZeniMax Online Studios. Tout est beau, tout le monde est gentil, le futur sera formidable et on ne parle surtout pas de licenciements.

Halo Studios

Le fameux Halo Studios (ex-343 Industries) a déjà bien morflé ces dernières années et cette fois-ci, il passe entre les gouttes des licenciements. Par contre, il n’a pas pu esquiver les coupes budgétaires et on apprend via Windows Central que Project Ekur, un jeu 100% multijoueur est bien annulé dans le studio. Et si il n’y a pas eu de licenciement, c’est aussi parce qu’Asha Sharma place la franchise Halo comme prioritaire dans la feuille de route Xbox. Bon après, quand on voit le carnage de la VF de Halo: Campaign Evolved, on peut émettre des doutes. Mais la franchise en tant que telle, c’est peut-être aussi un film.

IO Interactive

Alors pour le coup, le studio danois n’est pas dans la famille Xbox, mais a tout de même pris une balle perdue. En effet, IO Interactive travaillait depuis 2023 sur Project Fantasy qui était un “online fantasy RPG". Sauf que Xbox Game Studios Publishing était au financement et que la bamboche, c’est terminée, ce qui a entraîné la fermeture du studio d’Istanbul comme annoncé sur Twitter. Néanmoins, le projet reste encore en production, bien aidé par le succès de 007 First Light.

Une année 2026 désastreuse

Depuis le rachat d’Activision Blizzard, c’est la première fois que Xbox annonce des résultats à la baisse. Concrètement aux résultats stratosphériques de Microsoft, ceux de la branche jeux vidéo font la gueule, et on pouvait s’y attendre. Déjà parce que le chiffre d’affaires de Xbox a été artificiellement gonflé avec cette acquisition. Seulement trois ans après avoir claqué 68 milliards pour s’offrir l’éditeur numéro un mondial, les chiffres sont déjà à la baisse.

Par exemple, pour Q4 FY2026 (avril à juin 2026), le chiffre d’affaires de Xbox est à 4,98 milliards de dollars, soit une baisse de 10% par rapport à l’année passée sur le même trimestre. Les contenus et services Xbox ont baissé de 5%, tandis que les ventes de matos chutent de 13% pour atteindre à peine 234 millions de dollars. Sans langue de bois, Asha Sharma annonce sur Twitter que sur l’année 2026, plus de 200 millions de nouveaux joueurs sont venus sur Xbox et les jeux (comptant aussi les autres supports), mais que cela n’a pas aidé à faire croître les chiffres. La madame vient donc de se rendre compte qu’un abonnement à 23$ par mois pour jouer à des tonnes de jeux qui seraient normalement vendus entre 60 et 80$, ce n’est pas très rentable.

Globalement, pour faire en sorte d’arrêter de perdre du fric, Xbox ne prendra plus aucun risque : ils vont investir dans ce qui fonctionne, donc les franchises historiques comme Halo, Gears of War, Forza Horizon, Call of Duty, The Elder Scrolls, Fallout, etc. C’est donc pour cela que tous les studios plutôt créatifs ne sont maintenant plus les bienvenus. Et il faut s’attendre à encore d’autres studios qui fermeront et d’autres qui seront amputés d'un paquet de personnes.

L’IA, c'est d'la thunes !

Il ne faut pas se leurrer, Microsoft est une grosse entreprise comme une autre, en bourse et avec une tonne d'actionnaires qui veulent un retour sur investissement. Si l’une de ses branches ne rapporte pas assez, ils finissent par la couper d’une manière ou d’une autre. À l’heure actuelle, personne ne serait assez fou pour racheter Xbox. Par contre, si Microsoft revend le tout par petits bouts, quitte à ensuite faire en sorte de donner une indépendance totale à Xbox, la facture pourrait être moins salée. Mais ça, c’est pour dans quelques années.

En attendant, rappelons que Microsoft vise un investissement d'environ 175 à 190 milliards de dollars dans l’IA pour cette année à venir, dont un Q1 FY2027 au-dessus de 50 milliards de dollars. Notons aussi que les cinq plus gros hyperscalers américains, à savoir Microsoft, Amazon, Alphabet, Meta et Oracle, vont dépenser collectivement entre 660 et 725 milliards de dollars cette année dans l'IA, contre environ 410 milliards en 2025. Oui, c’est une hausse d'environ 77%.

Aussi, notons que Microsoft détient environ 27% d’OpenAI (valorisé à 135 milliards de dollars), avec un investissement total dans la boite d’environ 13 milliards de dollars, mais aussi en étant le fournisseur Cloud pour les produits API d'OpenAI (une facture pouvant atteindre 250 milliards jusqu’en 2030). Enfin, en novembre 2025, Microsoft a lâché 5 milliards de dollars dans Anthropic (Claude AI) dans le cadre d'un accord circulaire. Dans les grandes lignes, Anthropic s'engage à aller sur Azure pour dépenser environ 30 milliards de dollars. Du coup, rien qu’en Q4 FY2026, Microsoft a déjà récupéré 3,2 milliards de dollars.

Sans compter le fait que même si le développement de Copilot s'est fait un peu à l'arrache (tout comme son marketing), celui de Mai est déjà plus intelligent et pourrait bien prendre une part de ce gros gâteau. Microsoft voit son avenir dans le Cloud et l'IA, et la direction fait tout ce qu'elle peut pour accélérer en ce sense. De fait, l'avenir de Xbox est bien moins vert que son logo, qui licencie et divise ses équipes, pour recentrer son business et, peut-être à un moment ou un autre, fermer ses portes.

Ce qui devait être un tout petit article écrit à chaud suite à l’annonce des 3200 suppressions de postes s’est donc transformé en article fleuve sur le mois suivant cette annonce, potentiellement trop long pour ce genre de boite. Néanmoins, j’espère que cela aura eu le mérite de vous remémorer un peu l’histoire de ces dernières années, et d’éclairer vos lanternes sur ce qui va se passer dans les années à venir. Spoiler : ça va probablement très mal se passer.