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Wall Street : la Fed et le pétrole maintiennent la pression

Wall Street reste sous pression ce mardi, à l'approche de la décision de la Réserve fédérale sur ses taux. Le Nasdaq cède 0,74% à 25.992 points, le S&P 500 recule de 0,50% à 7.582 points et le Dow Jones abandonne 0,95% à 51.921 points.

Les investisseurs restent prudents face à plusieurs facteurs de risque. L'escalade des tensions au Moyen-Orient continue de pousser les cours du pétrole à la hausse, tandis que le rendement du Treasury américain à 10 ans dépasse désormais 5%, au plus haut depuis 2007. Les interrogations autour des investissements massifs dans l'intelligence artificielle continuent également de peser sur les valeurs technologiques.

La Fed devrait très probablement relever ses taux de 0,25 point mercredi soir afin de contenir l'inflation, alors même que l'économie américaine reste résiliente.

Le pétrole poursuit son envolée

Le Brent progresse de 2,4% à 108,2 dollars et le WTI de 2,7% à 104,2 dollars. Les nouvelles attaques des Houthis contre l'Arabie saoudite ravivent les inquiétudes concernant l'approvisionnement énergétique. Les discussions entre l'Iran et les puissances du Golfe sur une réouverture du détroit d'Ormuz restent par ailleurs au point mort.

Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont multiplié les frappes contre plusieurs cibles en Arabie saoudite tout en consolidant leurs positions le long de la mer Rouge, ce qui leur permet également de menacer davantage le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb. Des attaques de drones avaient déjà conduit Riyad à fermer vendredi son oléoduc Est-Ouest, qui permet de contourner le détroit d'Ormuz.

Oman a de son côté reporté une réunion prévue lundi entre l'Iran et les États du Golfe consacrée à la réouverture du détroit. Téhéran a affirmé qu'un pétrolier battant pavillon panaméen avait été touché par des mines marines dans le détroit, une information démentie par le Commandement central américain (CENTCOM).

La Russie et l'Ukraine continuent également de viser leurs infrastructures énergétiques respectives, malgré l'annonce par Donald Trump d'un accord visant à interrompre ces hostilités.

Le président américain a par ailleurs de nouveau affirmé que l'Iran cherchait à parvenir à un accord de paix. Téhéran dément et estime qu'aucune négociation ne pourra débuter avant que ses conditions soient respectées, notamment le respect par Washington des termes d'un cessez-le-feu conclu en juin mais désormais caduc.

Les marchés attendent la Fed

Le rendement du Treasury américain à 10 ans dépasse 5%, tandis que celui du 30 ans atteint 5,37%. La tension sur les taux intervient alors que les marchés anticipent désormais à 92,7% un relèvement des taux mercredi, selon l'outil CME FedWatch. Il s'agirait de la première hausse depuis juillet 2023.

L'outil estime également à plus de 50% la probabilité que la Fed procède à deux hausses supplémentaires d'ici la fin de l'année. Une absence de relèvement ou un message moins restrictif de Kevin Warsh pourrait toutefois pousser les investisseurs obligataires à réclamer des rendements encore plus élevés afin de se protéger contre les risques inflationnistes.

Sur le front économique, l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York s'est établi à 7,6 en septembre, contre 11,1 attendu par FactSet et 20,6 en août. Le chiffre traduit un net ralentissement de l'expansion de l'activité manufacturière dans la région.

Les investisseurs surveilleront mercredi les ventes de détail, les prix à l'importation et l'indice du marché immobilier américain, avant la décision de la Fed dans la soirée. Jeudi seront publiés les mises en chantier et permis de construire, les inscriptions au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et les promesses de ventes de logements. Vendredi, place à la production industrielle et à l'indice des indicateurs avancés du Conference Board, avec également la « journée des Quatre Sorcières », marquée par l'arrivée à échéance de nombreux contrats à terme.

L'IA reste au cœur des inquiétudes

Le marché reste marqué par les avertissements de Dario Amodei, directeur général d'Anthropic. Dans une tribune publiée samedi, il a appelé les entreprises du secteur à ralentir le développement de leurs modèles de pointe, face aux risques d'utilisation malveillante. « Les progrès sembleront toujours rapides, et nous devons faire bon usage du temps ainsi gagné », a-t-il estimé.

Ces déclarations font suite aux révélations d'Anthropic sur l'utilisation de ses modèles par plusieurs acteurs pour différentes activités, allant du développement d'armes à la fraude. Sam Altman, patron d'OpenAI, et Elon Musk ont apporté leur soutien à cette position.

Donald Trump a, au contraire, vivement rejeté les appels au ralentissement et à la mise en place de garde-fous supplémentaires. Il estime que les États-Unis doivent poursuivre leur avance dans l'IA et considère les centres de données comme « le pétrole des 20-25 prochaines années ».

OpenAI a par ailleurs indiqué qu'une éventuelle introduction en Bourse n'aurait probablement pas lieu cette année. Sam Altman a déclaré samedi à Fortune : « Je dirais que ça ne sera pas en 2026. Nous avons encore beaucoup à faire ».

Les valeurs

SpaceX recule de 2,2% et Tesla de 0,4%. Elon Musk n'exclut toujours pas une fusion entre les deux groupes. Lors du All-In Summit 2026 à Los Angeles, le dirigeant a souligné les nombreuses complémentarités entre les deux entreprises. Tesla pèse actuellement environ 1.100 milliards de dollars en Bourse, contre près de 2.000 milliards pour SpaceX. Musk n'a pas donné de calendrier, se contentant de souligner « toute cette collaboration, à tellement de niveaux ».

SpaceX et X Corp. ont par ailleurs annoncé avoir réglé leur litige avec Apple (-1%). Les sociétés de Musk accusaient Apple d'avoir favorisé OpenAI et ChatGPT au détriment de Grok, notamment dans l'intégration au sein de l'iPhone et de l'App Store.

Nvidia gagne 0,7%. Donald Trump a appelé directement sur scène Jensen Huang, fondateur et directeur général du groupe, lors du sommet All-In. Le président américain a rejeté les craintes concernant une prise de contrôle du monde par les robots ou l'IA. Il a également défendu les centres de données, qu'il considère comme une source majeure de richesse pour les entreprises et les États.

Broadcom recule de 0,7%. Le groupe de semi-conducteurs et de logiciels a acheté le campus de bureaux d'Irvine qu'il louait jusqu'ici. L'opération représente 325 millions de dollars versés à PRP Real Assets pour ce complexe de recherche de 660.000 pieds carrés, soit environ 61.300 m2, situé à proximité des autoroutes 5 et 405, selon le Los Angeles Times.

Strategy abandonne 5,7%. Le groupe de Michael Saylor détenait 845.050 bitcoins au 13 septembre et recule dans le sillage du marché des cryptomonnaies. Les investisseurs surveillent notamment le vote procédural du Sénat consacré au Clarity Act, texte destiné à établir un cadre réglementaire pour les cryptomonnaies et le bitcoin. Son adoption reste pour l'instant bloquée par des questions éthiques et liées à la lutte contre le financement illicite.