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VTT – Cross-country eliminator. Le Bressaud Titouan Perrin-Ganier met un terme à sa carrière : « Je n’avais pas envie d’arrêter avec des regrets »

Titouan, c’est la fin de l’aventure cette fois ? Pour de bon ?

« (Rires.) Oui cette fois c’est la bonne, je ne reviendrai plus sur la décision ! »

Pourtant, vous savez encore gagner…

« C’est drôle, parce que tout le monde me pose la question. On me dit “maintenant que tu as le maillot (de champion du monde, NDLR), t’es obligé de refaire un tour !” J’en ai parlé avec mon team manager l’an dernier, et mot pour mot, je lui ai dit que j’avais encore une grande course dans les jambes. Ces Mondiaux de Barcelone étaient la première course de la saison (en avril dernier), il fallait savoir se préparer. Ça reposait pas mal sur mes qualités. »

Finir sur un 7e titre mondial, c’est quelque chose que vous vous étiez promis ?

« Le titre, je n’y croyais pas trop. Il y avait beaucoup de densité, et je savais que je n’étais pas favori, mais j’y allais avec l’idée de faire une médaille. […] C’était un poids qui s’est retiré de mes épaules. Je me suis dit que j’avais bouclé la boucle. Ça ne servait à rien de refaire un an pour porter le maillot en course. Sans faire le mec blasé, j’ai déjà vécu cette sensation et c’est plus beau pour moi de m’arrêter avec le maillot au top de ma forme que de refaire un an. »

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« La passion, je l’ai depuis enfant et je l’aurai toute ma vie »

Vous faites deuxième vendredi, lors des championnats de France. Quel était le sentiment quand vous avez passé la ligne, pour la dernière course de votre carrière ?

« Après les Mondiaux, je dis à ma compagne que sur ces France, je veux faire deuxième (sourire). Je savais que c’était la dernière course et ça fait un peu “passation de pouvoir” parce que le vainqueur Romain Covarel est de 2005, on a 14 ans d’écart. Le fait qu’eux me battent à la pédale, ça peut aussi débloquer quelque chose dans leur tête. Après attention, je ne lui ai pas laissé la victoire ! Je fais une mauvaise qualification, je me retrouve dans le mauvais couloir. Les positions depuis le premier virage ont été fixes jusqu’à l’arrivée. Je n’ai aucun regret. »

Le fait de repousser la fin de votre carrière était-il lié à une peur d’arrêter ?

« Je ne dirai pas que c’était la peur d’arrêter. J’ai fait ma dernière course internationale la semaine avant les championnats de France sur la Coupe du monde d’Aalen. Certains m’ont demandé si j’étais triste de stopper, mais ce n’était pas du tout le cas. J’ai refait une saison parce que je n’avais pas envie d’arrêter avec des regrets. Quand on a des enfants, c’est une vie assez prenante. C’est surtout le fait de ne pas être tout le temps libre quand je suis à la maison. C’est de plus en plus difficile de concilier les deux, et de se mettre dans des états extrêmes en préparation pour un objectif. »

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Aviez-vous perdu en motivation sur les derniers mois ?

« Depuis les Mondiaux, clairement ! Je ne voulais pas faire les France en dedans pour prendre une claque, mais depuis les Mondiaux c’était très compliqué. J’étais moins motivé à faire attention à la nutrition ou à me faire mal. »

Vous ouvrez un nouveau chapitre de votre vie. On imagine que le vélo ne sera jamais loin…

« C’est certain. Pendant l’hommage que j’ai reçu sur le podium des championnats de France, on m’a demandé ce qui m’a fait tenir si longtemps. C’est la passion. Je l’ai depuis enfant et je l’aurai toute ma vie. Des projets ? J’en ai, mais je ne sais pas sur quel format de pneu… »