VRAI OU FAUX. Congrès du RN : le service d'ordre du parti a-t-il palpé les femmes pour s'assurer qu'elles portaient un soutien-gorge, par peur des Femen ?
l'essentiel Les méthodes du service d'ordre du Rassemblement national sont très critiquées depuis samedi. Plusieurs personnes présentes au congrès du parti à Orléans ont notamment évoqué des palpations du dos des femmes dans un but bien précis : vérifier la présence de soutien-gorge, une façon d'éviter de faire rentrer des militantes féministes Femen, selon certains. Explications.
L'alerte a d'abord été donnée par Marylou Magal, journaliste au sein du service politique de L'Express. En charge de la couverture du congrès du Rassemblement national à Orléans, elle a publié sur X : "À l'entrée, le DPS effectue une 'rapide fouille au corps'. Les agents glissent une main dans le dos des femmes 'pour savoir si vous portez un soutif'. Dans le cas contraire, elles ne sont pas autorisées à rentrer, 'à cause des FEMEN'".
Congrès du RN à Orléans : A l’entrée le DPS effectue une « rapide fouille au corps ». Les agents glissent une main dans le dos des femmes « pour savoir si vous portez un soutif ». Dans le cas contraire, elles ne sont pas autorisées à rentrer, « à cause des FEMEN ».
— Marylou Magal (@marylou_magal) October 24, 2026
Une affirmation qui a beaucoup fait réagir, sur X, et qui semble avoir résonné avec l'expérience d'autres femmes journalistes, couvrant l'événement.
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"Pas des militantes Femen déguisées"
Elisa Braun, du Rapporteur News a fait part d'une fouille similaire : "Même expérience en entrant au congrès du Rassemblement national à Orléans : le personnel de sécurité a vérifié si certaines journalistes, moi y compris, portaient des soutiens-gorge, apparemment pour s'assurer que nous n'étions pas des militantes de Femen déguisées".
Same experience entering the National Rally congress in Orléans: security staff checked whether some female journalists, myself included, were wearing bras, apparently to make sure we weren’t Femen activists in disguise. https://t.co/yKg0xaVXJd
— Elisa Braun** (@ElisaBraun) October 24, 2026
Pour rappel, les Femen sont des militantes féministes qui manifestent seins nus.
Depuis, la polémique a pris de l'ampleur et a été relayée par Le Parisien, ou encore Franceinfo. Le premier parle de "consigne officielle", quand le second fait état de "fouille intrusive", également expérimentée par une journaliste de France Inter.
L'article rappelle que ce n'est pas la première fois que le service d'ordre du parti d'extrême droite cible le corps des femmes. Selon Franceinfo, "deux militantes ne portant pas de soutien-gorge avaient dû montrer aux toilettes qu'elles n'avaient rien de tatoué sur le corps", lors du discours de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, en septembre.
De son côté, des cadres du parti ont réagi, sur X, contestant la véracité des accusations des femmes journalistes dénonçant les fouilles au corps.
Parmi eux, la députée Laure Lavalette, qui a simplement écrit : "Marylou Magal [la journaliste de L'Express qui a dénoncé les pratiques en premier, NDLR] raconte n’importe quoi. C’est d’ailleurs l’essentiel de son activité."
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Ces accusations s'ajoutent aux scènes, là aussi, largement relayées sur les réseaux sociaux montrant les journalistes de Mediapart insultés, malmenés et poussés vers la sortie de l'enceinte du congrès du RN à Orléans.
\ud83d\udd34 Mediapart sorti par le service de sécurité du RN à leur Congrès (Orléans) par « peur de mouvement de foule ».
— Omeya Guessoum (@omeya_guessoum) October 24, 2026
Les attachés de presse du parti sont ensuite intervenus pour laisser les journalistes « faire leur travail ». @TF1Info @LCI pic.twitter.com/9cmBoScqeT
Un article de Mediapart, le média à l'origine des révélations sur les écrits antisémites du président, fraîchement réélu du RN Jordan Bardella a été consacré à l'affaire ce samedi. La journaliste Carine Fouteau y dénonce les méthodes des "leaders du RN [qui] ont ouvert la voie à des pratiques inacceptables en démocratie".