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Voiture électrique : cette fonction réduit le temps de recharge, mais pas forcément la consommation

Ajouter L’union sur Google Le préconditionnement de la batterie permet aux voitures électriques de recharger plus vite sur une borne rapide. Mais cette fonction ne réduit pas forcément l’énergie consommée.

Arriver à une borne avec une batterie déjà à bonne température, c’est un peu comme arriver au restaurant avec une réservation : on évite l’attente. Mais pour une voiture électrique, ce gain de temps n’implique pas nécessairement une économie d’énergie.

Le préconditionnement, un gain de temps avant tout

Le préconditionnement de la batterie consiste à amener l’accumulateur à une température favorable avant une recharge rapide. Une fonction particulièrement utile lorsqu’il fait froid, puisque les batteries acceptent moins facilement une forte puissance lorsqu’elles sont trop froides. Les mesures réalisées par l’ADAC sur plusieurs modèles montrent que cette préparation peut effectivement réduire les pertes pendant la recharge. À 0 ºC, celles-ci diminuent notamment sur certains véhicules lorsque la batterie a été réchauffée avant l’arrivée à la borne.

Mais attention au raccourci : l’énergie nécessaire pour chauffer la batterie n’a pas disparu. Si la voiture effectue ce préconditionnement pendant les kilomètres précédant la recharge, elle puise simplement cette énergie dans sa propre batterie. On déplace donc en partie la consommation dans le temps plutôt que de la supprimer. Le véritable avantage est ailleurs : une batterie à la bonne température peut accepter plus rapidement une puissance de recharge élevée, ce qui permet de réduire le temps passé à la borne.

La recharge rapide est finalement plutôt efficace

Autre enseignement de l’étude : la recharge rapide en courant continu n’est pas forcément synonyme de gaspillage énergétique. Au contraire, elle peut présenter moins de pertes que certaines recharges à domicile en courant alternatif. Lors d’une recharge rapide, la conversion nécessaire pour fournir du courant continu à la batterie est réalisée directement par la borne. L’ADAC mesure ainsi une perte d’environ 3 % liée à cette conversion, avant de prendre en compte les autres consommations du véhicule.

La situation se complique toutefois avec la température. Une batterie trop froide doit être chauffée pendant la recharge et, à l’inverse, une batterie très chaude peut nécessiter un refroidissement. Ces systèmes consomment eux aussi de l’électricité. Au total, en fonction du modèle et des conditions, les pertes lors d’une recharge rapide peuvent atteindre 5 à 15 %. La température de la batterie au moment de brancher la voiture joue donc un rôle important dans le rendement global.

Plus rapide ne veut pas forcément dire moins cher

Le préconditionnement permet donc surtout de gagner de précieuses minutes, et c’est précisément là que réside son intérêt. Pour un long trajet, quelques dizaines de minutes récupérées à chaque arrêt peuvent faire une vraie différence. En revanche, si l’objectif est de réduire sa consommation d’électricité, le préconditionnement n’est pas une solution miracle. L’énergie utilisée pour mettre la batterie à température devra de toute façon être fournie quelque part.

Et il faut encore distinguer efficacité énergétique et coût. Même si une borne rapide peut afficher de bonnes performances en matière de pertes, le prix du kilowattheure y est généralement plus élevé qu’à domicile. Pour les conducteurs qui en disposent, la recharge sur une wallbox reste donc généralement plus économique au quotidien. La recharge rapide conserve, elle, son principal super-pouvoir : récupérer beaucoup d’autonomie en peu de temps. Et lorsqu’on est déjà sur l’autoroute avec 8 % de batterie, c’est probablement le genre de détail qui compte davantage que quelques électrons économisés.

La rédaction n’a pas participé à la réalisation de cet article.

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