Visas délivrés aux Algériens : "une humiliation, une trahison"... le Quai d'Orsay tente d'éteindre l'incendie après l'interview de l'ambassadeur de France à Alger
l'essentiel L'annonce d'un possible retour à 250 000 visas annuels accordés aux ressortissants algériens met le feu aux poudres à droite et à l'extrême droite. Bruno Retailleau exige le blocage de ces titres tant que le journaliste Christophe Gleizes reste emprisonné.
La gronde monte du côté du Rassemblement national et des Républicains. Tout est parti d'un entretien filmé, diffusé mercredi par le média Tout sur l'Algérie, dans lequel s'exprime l'ambassadeur Stéphane Romatet, revenu à Alger début mai, un an après avoir été rappelé à Paris.
"Avant la crise, nous délivrions à peu près 250 000 (visas) par an. Ce chiffre a chuté et notre objectif, c'est de faire en sorte (...) que ce chiffre puisse redémarrer à la hausse et revenir probablement au niveau qui était celui antérieur à la crise", a-t-il déclaré, mettant le feu aux poudres. Un objectif justifié, selon lui, par la volonté de "préserver les liens humains » entre les deux pays, afin que « la population ne subisse pas les conséquences" des tensions diplomatiques.
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"Une capitulation du macronisme"
La réaction de l'opposition a été immédiate. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé sur X une "capitulation du macronisme face au régime algérien (...) malgré les provocations et la détention d'un journaliste français", Christophe Gleizes, emprisonné depuis plus d'un an. Son allié Éric Ciotti a renchéri dans la foulée, fustigeant "une capitulation, une humiliation, une trahison".
Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, ex-ministre de l'Intérieur et partisan d'un bras de fer avec Alger, a réagi à son tour. "La diplomatie n'est pas l’aplatventrisme", tonne le candidat de LR à la présidentielle, qui exige désormais des contreparties.
"Je demande solennellement au président de la République de renoncer à toute augmentation du volume de visas et que leur délivrance soit clairement et strictement conditionnée à la libération de Christophe Gleizes et à la reprise par Alger des ressortissants algériens que la France souhaite expulser", a-t-il écrit dans un communiqué.
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"Aucun objectif chiffré n'a été fixé"
Face au tollé, le Quai d'Orsay a tenté d'éteindre l'incendie. "Aucun objectif chiffré n'a été fixé", a précisé le ministère des Affaires étrangères, assurant que « la délivrance de visas aux ressortissants algériens ne fait pas partie des sujets discutés » dans le cadre de la relance des relations bilatérales.
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Cette interview polémique survient en plein cœur de la visite du Premier ministre Sébastien Lecornu au Maroc, venue acter la nouvelle entente entre Paris et Rabat. Une lune de miel qui fait suite à la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, décision qui avait provoqué une crise profonde à l'été 2024 avec l'Algérie.
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Plusieurs expulsions
Les relations franco-algériennes s'étaient encore dégradées par la suite avec l'arrestation en novembre 2024 de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié et libéré en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d'un agent consulaire algérien impliqué dans l'enlèvement en France de l'influenceur Amir DZ. Cette dernière affaire avait mené à l'expulsion réciproque d'une douzaine de diplomates et au rappel, désormais levé, de l'ambassadeur Romatet.