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Violences Policières

C’est la France, le mercredi à 13h50, le regard d’Eric Fottorino du 1 Hebdo. Aujourd’hui, nous parlons des violences policières.

Eric, Les violences de samedi ont réveillé en vous quelques souvenirs…

Oui Nicolas,

Ô tempora ô mores,

Vous connaissez l’expression latine de la désolation, ô temps, ô mœurs, que j’ai pour ma part apprise non dans les pages roses du dictionnaire mais dans un album d’Astérix le Gaulois, sans doute le Combat des chefs ou la plus tardive Zizanie…

ô temps ô mœurs…

Il y a tout juste dix ans, en avril 2016, le chanteur Renaud avait fait une chanson d’une scène vue lors de la grande Manif de soutien à Charlie après les attentats meurtriers du janvier 2015. Un professeur de Cambrais venu manifester à Paris avait carrément serré contre lui et embrassé un CRS pour rendre hommage à la police. Je me souviens aussi que pendant cette marche républicaine, les fourgons de police qui remontaient les grands boulevards étaient chaleureusement applaudis.

Je ne vais pas vous les chanter, mais nous avons tous en tête ces paroles tendres et inattendues de Renaud :

Nous étions des millions
Entre République et Nation
Protestants et catholiques
Musulmans, juifs et laïcs
Sous le regard bienveillant
De quelques milliers de flics
Solidaires avec ceux de Charlie

(…)

Et j'ai vu, et j'ai vu
Le long du trottoir un flic
Qui avait l'air sympathique
Alors je l'ai approché
Et j'ai embrassé un flic
J'ai embrassé un flic
Ça change des coups de triques

Alors Eric en dix ans, les temps ont-ils changé du tout au tout ?

Oui c’est vrai, de coups de triques en coups de matraques, de la crise des Gilets jaunes et ses débordements, à l’automne 2018, à la mort du jeune Nahel Merzouk, tué à bout portant par un tir de policier en juin 2023 à Nanterre – une bavure qui déclencha des nuits d’émeutes – la perception de la police a changé.

Et les violences de samedi dernier, n’en déplaise au Premier ministre Sébastien Lecornu, rendent légitime cette question : que fait, qu’a fait la police ? Même si, il faut le souligner, ces graves incidents n’ont pas fait de morts.

Comment comprendre en effet ces forces de l’ordre inutilement répressives envers ceux qui venaient manifester de façon pacifique ? Et cruellement absentes face aux casseurs ? Autrement dit, les « bleus », en nombre insuffisant, se sont-ils montrés forts, trop forts face aux faibles, et faibles jusqu’à l’absence, face aux vrais violents, vandales et pilleurs ? Ce qui pose une question plus dérangeante encore : la police est-elle armée ou au contraire impuissante face aux errements des politiques ?
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Et la réponse ?**

Je l’ai trouvée dans l’entretien donné cette semaine dans le 1 hebdo consacré à la police par l’ancienne commissaire puis préfète Marie Lajus. D’abord, rappelle-t-elle, il ne faut jamais oublier que la manière dont se comportent les policiers sur la voie publique dépend en très grande partie des instructions qu’ils reçoivent. Le gouvernement, ajoute-elle, a d’abord assimilé le mouvement des lycéens à un phénomène de violences urbaines.

Mais plus important encore, explique Marie Lajus: en ne répondant aux mouvements sociaux que sur un plan sécuritaire, on transforme les policiers en otages de ces politiques sécuritaires, dans un face à face préjudiciable avec la population, spécialement les jeunes. La police otage, l’image mérite réflexion quand elle est proposée par une femme d’expérience qui sait de quoi elle parle.

Dans le 1 tout finit par la poésie.

Cette semaine c’est Baudelaire qui s’y colle.

Ça s’appelle Cognes et flics,

Autrefois j’aimais les gendarmes
Drôle de goût me direz-vous
Enfin je leur trouvais des charmes
Hélas ! C’est encore mort aux vaches
Qu’il faut crier quand on les voit.

Mais Que fait la police ? c’est à lire dans Le 1hebdo