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Vincent Bolloré a tenté d’acheter Brut puis Konbini avant l’élection présidentielle de 2027. Voici pourquoi

Vidéo  Pour compléter son empire médiatique, Vincent Bolloré a tenté de mettre la main successivement sur les médias digitaux Brut et Konbini, révèlent en exclusivité nos journalistes Clément Lacombe et Camille Vigogne Le Coat.

Et si Brut avait rejoint l’empire médiatique de Vincent Bolloré ? L’histoire n’avait jamais été dévoilée publiquement, mais le milliardaire réactionnaire a tenté de racheter le poids lourd des médias digitaux en juin 2025. C’est l’une des révélations de « la Droite de Dieu » (Les Arènes), le livre-enquête de nos journalistes Clément Lacombe et Camille Vigogne Le Coat, dont « le Nouvel Obs » publie des extraits exclusifs.

Une offre d’environ 150 millions d’euros était prête. Finalement battu dans cette tentative de rachat par Rodolphe Saadé, le patron de CMA CGM, Vincent Bolloré a jeté son dévolu sur un autre pure player prisé par les jeunes générations : Konbini. Cette fois-ci, il s’est heurté au refus de son propriétaire Geoffrey La Rocca. Mais le Breton n’a pas dit son dernier mot. « Un de ses très proches nous a confié que s’il n’arrivait pas à racheter un média digital, il souhaiterait en créer un, confie Camille Vigogne Le Coat dans la vidéo à visionner en tête d’article. C’est dire la volonté de Vincent Bolloré d’avoir de l’impact, pas seulement auprès des plus anciens qui lisent “le Journal du Dimanche” et regardent CNews, mais de tous les Français. »

A l’approche de l’élection présidentielle, l’enjeu est de taille. « Le digital, c’est quelque chose que nous n’avons pas réussi », concède Bolloré lui-même. Mais du côté de la télévision, de la presse et de l’édition, ses titres sont en ordre de bataille. Omnipotent, le patron va jusqu’à participer en visioconférence aux conférences de rédaction pour s’assurer de la bonne diffusion de ses sujets de prédilection. « Il a dit devant la représentation nationale qu’il n’avait aucun rôle dans ses médias, que ses médias étaient indépendants. La pratique montre que les choses sont bien différentes », constate Clément Lacombe devant notre caméra.

Xenia Fedorova, dont Vincent Bolloré est très proche, illustre le pouvoir du milliardaire au sein de son groupe de médias, analysent nos journalistes. Imposée à l’antenne de CNews, dans les pages du « JDD » ou encore dans les rangs des auteurs de la maison d’édition Fayard, l’ancienne directrice de la chaîne RT France s’est vue offrir le champ libre pour relayer les discours du Kremlin. La chroniqueuse, visée en juillet par un arrêté d’expulsion, entend désormais poursuivre son œuvre sur CNews depuis l’étranger. Un tour de passe-passe qui exposerait la chaîne à des « poursuites pénales », menace le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.

Par  Cyril Bonnet