Vidéo raciste de la police municipale de Carcassonne : l'agent mis en cause avait porté plainte pour "atteinte à l’intimité de la vie privée", déclenchant l’enquête du parquet
l'essentiel L’enquête se poursuit au parquet de Carcassonne, après l’enregistrement, en novembre 2025, de propos racistes, sexistes et complotistes tenus par un policier. Le parquet indique que des témoins doivent encore être entendus et que les victimes doivent être identifiées, mais ordonne la suspension du mis en cause.
L’enquête judiciaire après la découverte de propos racistes, sexistes et complotistes tenus lors d’une patrouille de police municipale est toujours en cours, indique ce mercredi 9 septembre le parquet de Carcassonne dans un communiqué.
Côté procédure, tout commence le 31 décembre 2025. Le policier mis en cause dépose plainte auprès de la gendarmerie de Trèbes pour "atteinte à l’intimité de la vie privée". "Il expliquait qu’en raison d’une mauvaise manipulation d’une caméra-piéton, des propos tenus à son insu avaient été enregistrés le 5 novembre 2025, à bord du véhicule dans lequel il se trouvait avec trois de ses collègues", rapporte le parquet.
Ses collègues découvrent la vidéo
Cet enregistrement a d’ailleurs été porté à la connaissance de sa hiérarchie le 8 novembre 2025 par certains de ses collègues. Ces derniers avaient découvert les vidéos et les propos choquants en cherchant à vider la mémoire pleine de la caméra-piéton.
"Le parquet ouvrait le jour même une enquête de ce chef confiée à la gendarmerie de Trèbes avec l’appui de la brigade de recherches de Carcassonne", le jour du dépôt de plainte. Ainsi, la bande-son est étudiée et très vite, les enquêteurs se retrouvent face à la complexité de cette procédure.
Les propos découverts, notamment injures racistes, constituent des infractions pénales. "La bande-son mettait en exergue des faits nouveaux susceptibles de revêtir la qualification de diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou identité de genre", qualifie ainsi le parquet.
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Des injures insultes
"Ils roulent vite ces bougnoules", "J’en peux plus en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afgha", "C’est un bougnoule qui pue le kebab" et d’autres propos abjects sont rapportés, entre autres. "Il nous manque un général à grosses couilles, un p’tit coup d’État, une petite dictature en France, ça ne ferait pas de mal", ajoute le brigadier-chef.
"Cette enquête est toujours en cours. Des témoins restent à entendre et des victimes doivent encore être identifiées", ajoute le parquet de Carcassonne, qui indique qu’une enquête administrative avait été déclenchée par la mairie de Carcassonne le 23 décembre 2025, sous l’égide de Gérard Larrat (UDI), prédécesseur du maire RN actuel, Christophe Barthès.
Le policier suspendu
"À ce jour, les conclusions de cette enquête ne nous sont toujours pas parvenues", poursuit le parquet. "Au regard de la nature des faits, manifestement incompatibles avec l’exercice des fonctions de policier municipal", le parquet de Carcassonne a suspendu l'agent de ses fonctions.