Venus Williams invitée à l'US Open malgré une série noire de treize défaites : "Ce n'est pas bon pour l'image du tennis féminin"
Les fans de la première heure se réjouiront certainement de la revoir fouler les courts de Flushing Meadows. Mais, sur le plan strictement sportif, la présence de Venus Williams (WTA 615) au prochain US Open pose question.
Invitée au Masters 1000 de Cincinnati pas plus tard que la semaine passée, l'Américaine a obtenu mardi soir un nouveau sésame pour le dernier Grand Chelem de la saison. Comme en 2025. Une décision qui interpelle quand on se penche sur ses résultats récents.
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Jugez plutôt : sur ses treize derniers tournois, Venus Williams n'a jamais franchi le premier tour. Son ultime succès remonte au 23 juillet 2025 à Washington, face à sa compatriote Peyton Stearns. Depuis, elle n'a remporté que cinq petits sets.
Alors, qu'est-ce qui justifie cette invitation parmi les meilleures joueuses de la planète ?
Sa carte de visite, évidemment. Et celle-ci est difficile à contester. À 46 ans, Venus Williams compte sept titres du Grand Chelem, dont deux US Open remportés en 2000 et 2001. Elle a marqué l'histoire de son sport et reste une figure majeure du tennis. Mais lorsqu'il s'agit de défendre sa présence sur le seul critère sportif, les arguments se font beaucoup plus rares.
Consultante dans nos colonnes, Dominique Monami a du mal à comprendre le choix des organisateurs. "Pour moi, une wild card doit revenir à une personne qui en a besoin pour acquérir de l'expérience ou à une joueuse anciennement blessée qui a besoin d'un petit coup de pouce pour revenir. J'ai énormément de respect pour Venus. C'est une grande championne et on ne va pas mettre en doute ses qualités. Mais elle n'a plus passé un tour depuis je ne sais combien de temps… Pourquoi lui donner une invitation alors que d'autres sont en attente ?"
Pour l'ancienne n°1 belge, le temps est peut-être venu de tourner la page. "Ce n'est pas comme si elle avait 30 ans et pouvait encore jouer plusieurs années. J'ai vu que Gaël Monfils en avait reçu une également mais le Français est en tournée d'adieu et il a encore un certain niveau. Ce n'est plus le cas de Venus, qui reçoit des invitations depuis un moment et qui ne fait que perdre au premier tour. C'est d'ailleurs un peu désolant pour la grande championne qu'elle a été."
guillementCe n'est pas une plus-value pour l'US Open dont tous les tickets sont sans doute déjà vendus.
"Ce n'est pas bon pour l'image du tennis féminin, estime encore Monami. On sait que l'US Open est toujours dans le show et un peu en décalage avec les autres levées du Grand Chelem mais ce n'est pas une plus-value pour l'épreuve dont la majorité des tickets sont sans doute déjà vendus. Et où tous les grands champions sont présents. Pour un petit tournoi qui veut faire parler de lui et remplir ses gradins, on peut comprendre que ce soit un choix stratégique. Mais, dans le cas qui nous occupe, ce n'est pas défendable."
La native de Verviers reconnaît évidemment le caractère exceptionnel de la longévité de Venus Williams. Mais elle estime que cela ne suffit plus à justifier une invitation. "Certes, à 46 ans, on peut applaudir son amour du sport. Mais où est le sens à tout cela ? Aujourd'hui, toutes les filles frappent fort et bougent très bien. Venus, elle, est loin d'être au top de sa forme."
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Derrière cette décision se cachent aussi de nombreuses jeunes Américaines qui poussent aux portes du circuit principal. Pour elles, une wild card à l'US Open représente non seulement une formidable occasion de se mesurer aux meilleures mais aussi un gain financier considérable : le prize money d'un premier tour s'élève à 110 000 $, soit environ 95 000 €. De quoi financer une saison pour une joueuse qui doit encore assumer les frais de déplacement, d'hébergement et de staff.
Une somme qui prend une tout autre dimension lorsqu'on la met en perspective avec le parcours de Venus Williams. L'Américaine a déjà accumulé plus de 43 millions $ en prize money au cours de sa carrière; ce qui la place au quatrième rang des joueuses les mieux rémunérées de l'histoire du circuit. Et, aujourd'hui, ses ressources ne proviennent plus uniquement du tennis : si la championne a encore accumulé près de 300 000 $ de gains cette saison, elle peut également compter sur ses différentes activités entrepreneuriales. On pense à sa société de design V Starr ou à sa marque de compléments alimentaires Happy Viking. Sans oublier les partenariats commerciaux, notamment avec Dove, qui viennent compléter ses revenus.
De quoi poser, une dernière fois, la question qui accompagne cette invitation : à qui une wild card de l'US Open est-elle réellement la plus utile ?
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