taraskuzio.com

Van Bommel imperturbable, un double flop, un bon placement : 5 enseignements après Belgique - France - RTBF Actus

1. Mark van Bommel, un sélectionneur imperturbable

Partisan de la continuité lors de sa première sortie, à Rome vendredi soir, Mark van Bommel a poursuivi sur cette lancée pour sa découverte du Stade Roi Baudouin. Deux changements seulement au coup d’envoi entre les deux rencontres, Joaquin Seys et Roméo Lavia rentrant dans l’équipe face aux Bleus. Deux choix compréhensibles : le premier remplaçant un Maxim De Cuyper en perte de vitesse, le deuxième étant une immense promesse du football belge.

Continuité également dans son comportement : toujours aussi calme, stoïque, impassible, imperturbable. Un geste de la main ça et là, une remarque ou demande d’explication au quatrième arbitre, quelques mots glissés à un joueur à l’occasion. Un Néerlandais bien moins démonstratif que son homologue français, Zinédine Zidane, débordé par ses émotions sur l’unique but à la 88e minute de jeu. "Tous mes joueurs méritent au moins 7 sur 10 ce soir", a glissé le sélectionneur des Diables après la rencontre. Comment dit-on ‘langue de bois’ en néerlandais ?

2. L'étincelle Roméo Lavia : c'est maintenant ou jamais

Stoppé déjà à plusieurs reprises par des blessures, Roméo Lavia vit une période plus que favorable. Ce lundi soir, à 22 ans, il a obtenu sa première titularisation sous la vareuse nationale. Un joueur qui possède probablement un profil unique dans tous les médians belges actuels. Sa première période valait le détour : une vraie capacité pour accélérer le jeu, pour éclairer une situation en une seule touche lumineuse ainsi qu'un dribble court dévastateur dans les petits espaces, emportant par la même occasion le public belge, épaté par l'étincelle allumée par le numéro 6 des Diables Rouges.

Le droitier passé par le Sporting d'Anderlecht dans sa jeunesse vient de connaitre sa troisième cap en équipe nationale. Dix minutes en Allemagne (victoire 2-3 en mars 2023), 16 minutes en Italie (succès 0-2 vendredi dernier)... et donc 85 minutes face à nos voisins. Il aurait pu maintenir un étonnant brevet d'invincibilité face à trois grandes nations du foot, mais Michael Olise est sorti de sa boite à deux minutes du terme.

Un enchainement de matches à Chelsea, un statut particulier en sélection : pour Roméo Lavia, c'est le moment ou jamais pour décoller. Guidé par Xabi Alonso chez les Blues et par Mark van Bommel chez les Belges : deux anciens médians qui peuvent lui apprendre pas mal de choses. La classe et la passe tranchante pour l'Espagnol, la solidité pour le Néerlandais. En fin de rencontre, le sélectionneur l'a questionné à plusieurs reprises sur son état de fraicheur, confirmant ce souhait de le protéger tout en le faisant grandir petit à petit.

3. Diego Moreira, une double déception

Lui, par contre, a déçu : Diego Moreira. En dedans vendredi au Stadio Olimpico, le gaucher du Milan AC a remis le couvert lundi soir au Stade Roi Baudouin.

Peut-être s'est-il mis trop de pression, peut-être a-t-il voulu en faire de trop, toujours est-il que ses prises de risques étaient inadaptées. Il serait parfois plus indiqué de tendre vers une simplification de son jeu. C'est bien simple : durant le dernier quart d'heure de la première période, il a pratiquement raté tout ce qu'il a tenté. Ce trop long tunnel négatif a été couronné d'un carton jaune à la 42e minute de jeu, qui le privera de la rencontre de vendredi face à la Turquie. Un match qu'il aurait, on peut le supposer, entamé sur le banc.

Agé de 22 ans, auteur d'une montée prometteuse durant la Coupe du monde (face au Sénégal), buteur à trois reprises avec son club milanais cette saison, l'ailier semble avoir besoin d'encore un peu de temps pour se glisser dans le costume d'un titulaire en équipe nationale.

4. Timothy Castagne, un bon placement

Les sélectionneurs passent, Timothy Castagne reste : voilà comment on pourrait résumer le parcours du défenseur belge sous la vareuse noire-jaune-rouge. A 30 ans, il vient de connaitre sa 71e cap.

Un chemin entamé en septembre 2018 sous les ordres de Roberto Martinez. Domenico Tedesco, Rudi Garcia et à présent Mark van Bommel lui ont fait ou lui font toujours confiance. En concurrence avec Thomas Meunier par le passé, il a pris une longueur d'avance sur son pote.

Une valeur sûre, un bon placement. Il plie parfois, notamment face à l'explosivité de Bradley Barcola dans ce duel face à la France, mais continue de se battre en tentant d'apporter son aide aux équipiers. Une mentalité exemplaire pour celui qui totalise neuf passes décisives et deux buts chez les Diables (dans deux rencontres consécutives d'ailleurs, contre le Kazakhstan et Saint-Marin en 2019).

5. Veuillez retenter votre chance

Les Diables à deux doigts de réaliser une belle opération devant leurs supporters : un partage face au favori du groupe tout en conservant la première place provisoire. Sauf que le banc de Zinedine Zidane recelait un Ballon d'Or (Ousmane Dembélé), un pion élément du Bayern Munich (Michael Olise) et un talent de Manchester City (Rayan Cherki).

Pour les passionnées et les passionnés d'histoire, il faudra repasser. Le dernier succès belge en match officiel face aux Bleus reste bloqué à la date du 9 septembre... 1981. C'est long, 45 ans. Pour trouver une trace d'une victoire de notre pays, il faut remonter en 2015 (3-4 en match amical).

Après ces deux premières rencontres de Ligue des Nations, la Belgique compte trois unités et pointe au deuxième rang derrière la France (6). Les Italiens sont troisièmes (3), la Turquie ferme la marche (0). Les Diables vont accueillir les Turcs vendredi à Liège avant de retenter leur chance face aux Français lundi à Paris.