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Une zone humide de 20 hectares créée à Bleret (Waremme) pour permettre une gestion circulaire de l'eau: "Elle permet de lui donner une seconde vie"

L'initiative se nomme Living Water et a été initiée par la société geeroise Hesbaye Frost: ce mercredi à Waremme, Nestlé, qui en est aujourd'hui le principal contributeur, a présenté son projet de zone humide située dans la réserve naturelle de Bleret, elle-même aménagée sur le site des anciens décanteurs de la sucrerie Tirlemontoise. "Il s'agit d'une initiative innovante qui permet de donner une seconde vie à l'eau traitée.Ces dernières années, on a bien pris conscience de l'importance de l'eau ; qu'il s'agit d'une ressource essentielle renouvelable, mais pas inépuisable. Cette zone humide transforme, dans un cycle vertueux, des eaux de procédé épurées de Hesbaye Frost en une ressource utile pour l'agriculture et la nature ", survole Michel Mersch, CEO de Nestlé Benelux, qui précise que ce projet est possible grâce aux différents partenaires que sont Hesbaye Frost, Natagora et Apligeer. On ajoutera que l'initiative fédère également plusieurs autres acteurs de l'industrie agroalimentaire, du monde agricole, du monde associatif dévolu à la conservation de la nature en Hesbaye et du secteur privé.

Ce mercredi, les différents partenaires et la presse ont donc pu visiter le site, pas encore ouvert au public, où plusieurs intervenants les y attendaient pour en détailler les divers aspects. L'idée ? "Après la récolte, les légumes destinés à la surgélation sont lavés. L'eau utilisée est ensuite traitée par Hesbaye Frost puis redirigée vers des zones humides locales, plutôt que rejetée dans le réseau hydrographique."

1milliard de litres d'eau par an utilisée par Hesbaye Frost

Cette approche se décline en plusieurs axes: il y a la zone humide en question, de 20 hectares, directement implantée dans la réserve, elle-même restaurée ces trois dernières années. "Cette zone humide est un maillon puisqu'elle est connectée à la réserve naturelle du Haut-Geer, à Geer (NDLR: 45 hectares) via un canal souterrain de 8 kilomètres", explique Thierry Ory, responsable de la zone humide de Waremme pour Natagora.

Reliés entre eux, ces sites forment un système local de gestion circulaire de l'eau. Le soutien financier de Nestlé a d'ailleurs contribué à la mise en place des infrastructures nécessaires, notamment des pompes et des conduites qui alimentent les bassins de stockage et d'irrigation, ainsi que des équipements pour une irrigation de précision. "Tout commence à Geer, dans l'usine de Hesbaye Frost. On y lave les légumes puis on récupère cette eau de production chargée, en matières organiques, pour produire du gaz, grâce auquel on crée de l'énergie qui permet de faire tourner nos machines", expliquent Benoît Daenen et Serge Navez, de Hesbaye Frost, qui précisent que par an, c'est 1 million de mètres cubes d'eau qui sont utilisés par la société, soit 1 milliard de litres. "Dans ce processus, les machines produisent de la chaleur, qui permet de chauffer l'eau nécessaire au processus industriel. Cette eau est ensuite rejetée dans les bassins de décantation de la réserve."

Une démarche d'agriculture régénératrice

Et puis ? Les agriculteurs locaux, qui mettent peu à peu en œuvre des pratiques d'agriculture régénératrice (couverture permanente des sols, rotation des cultures, travail du sol limité, aménagements favorables à la biodiversité tels que la plantation de haies…), font partie intégrante de la chaîne. "Grâce aux bassins, les agriculteurs disposent d'un accès plus stable et gratuit à l'eau, particulièrement précieux durant les périodes de sécheresse. Des technologies performantesleur permettent également d'optimiser l'utilisation de cette ressource", précise le CEO.

Le projet offre de nouvelles perspectives à la biodiversité

Cette initiative permet également de prêter attention à la qualité des sols. "Travailler avec la biodiversité permet aux agriculteurs d'obtenir un meilleur rendement et une production de meilleure qualité, ajoute Romain Krudup, de Nestlé.Avoir un sol vivant, ça permet à la terre de mieux absorber l'eau, ce qui évite le phénomène de ruissellement et offre aux plantations tous les minéraux nécessaires pour bien grandir." Aujourd'hui, jusqu'à 1 000 hectares de terres agricoles bénéficient de cette approche innovante de réutilisation de l'eau.

Ce réseau de zones humides offre également de nouvelles perspectives à la biodiversité locale. C'est que ce milieu aquatique constitue un habitat favorable à de nombreuses espèces d'oiseaux, d'amphibiens et d'insectes. "Le suivi réalisé par Natagora met déjà en évidence une forte augmentation de la diversité aviaire, notamment parmi les oiseaux migrateurs, explique encore Thierry Ory. Depuis la remise en eau du site en 2024, 85 espèces d'oiseaux ont été observées dans la zone humide de Waremme, contre 23 espèces seulement entre 2020 et 2024, lorsque les bassins étaient asséchés."

Et parmi elles, pas moins de 37 espèces sont directement liées aux milieux humides, dont le rare grèbe à cou noir. "Réintroduire l'eau dans ce paysage, c'est recréer des habitats pour les espèces qui y ont naturellement leur place, mais aussi pour attirer de nouvelles espèces. Les observations montrent à quel point la nature peut réagir rapidement lorsque les conditions favorables sont réunies." On y retrouve ainsi le martin-pêcheur, la sarcelle d'hiver, le grèbe castagneux, ou encore la hespérie de l'alcée, "une espèce de papillon très rare".

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