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"Une question de pouvoir d'achat": après avoir été attaquées en justice, Spliiit et Sharesub, deux plateformes de partage d'abonnements, lancent une pétition pour trouver un soutien "au niveau législatif"

"Une question de pouvoir d'achat": après avoir été attaquées en justice, Spliiit et Sharesub, deux plateformes de partage d'abonnements, lancent une pétition pour trouver un soutien "au niveau législatif"

Publié aujourd'hui à 13h12

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Pour attirer les regards et faire entendre leurs revendications, les deux fondateurs des plateformes de partage d'abonnements Sharesub et Spliiit appellent les consommateurs à la rescousse dans une pétition disponible sur le site de l'Assemblée nationale.

En juin 2026, la plateforme de partage d'abonnements Spliiit était condamnée à une amende de 780.000 euros. En cause, le cœur de son activité, un système qui permet de partager ses abonnements à des plateformes de SVOD avec des inconnus afin d'en répartir le coût. C'est justement ces acteurs, dont Apple, Netflix et Disney, qui avaient décidé de poursuivre en justice la jeune start-up française, jugeant qu'elle portait tort à leur modèle économique.

artage d'abonnement, Sharesub et Spliiit, lancent une pétition sur le site de l'Assemblée nationale. Elles souhaitent que les politiques s'emparent du sujet, mettant en avant "une question de pouvoir d'achat" auprès de BFM Tech.

Mettre le partage d'abonnement sur le terrain législatif

Lancée au soir du 12 octobre, la pétition a déjà récolté plus de 7.000 signatures sur les 100.000 requises pour profiter d'une mise en avant - à 500.000, le sujet peut être proposé en séance.

"Ça fait déjà pas mal d'années que l'on réalise un véritable travail de fond avec les utilisateurs, mais aussi avec les pouvoirs publics, de la DGCCRF (la répression des fraudes, NDLR) et du ministère de la culture," explique Jean-Brice De Cazenove, cofondateur de Sharesub.
"Mais on a décidé d'aller plus loin après que deux députés se sont emparés du sujet cet été afin de faire évoluer une sorte de déséquilibre entre la tendance du partage et les conditions strictes de certaines plateformes pour le réaliser."

D'autant que Spliiit, comme Sharesub, profitent aujourd'hui des systèmes de partage officiel des plateformes comme HBO Max, Netflix et Disney+ afin de ne plus être dans une sorte de zone grise. Une solution obligatoire depuis qu'elles ont restreint le partage dit "entre membre d'un même foyer", en limitant le nombre de fois où une adresse IP différente de celle du compte principal se connecte.

"La proposition de loi émanant des deux députés, il faut qu'on lui donne de la visibilité. Car nous souhaitons défendre le consommateur, mais n'avons pas de solutions au niveau législatif", souligne Jonathan Lalinec, à la tête de Spliiit. "On estime que c'est dans la continuité de la loi Hamon, qui oblige à faciliter le désabonnement."

Les deux entrepreneurs expliquent néanmoins qu'avant de se lancer dans ce combat, il a d'abord fallu rassurer les différentes instances officielles: "Quand on est allé au ministère de la Culture, ou à la DGCCRF, la plupart de nos interlocuteurs ne savaient même pas que l'on pouvait générer des liens d'invitation et que chaque compte soit indépendant. Et l'autre sujet de cette pétition est 'accepterait-on de telles conditions dans l'univers du physique?'. Il faut poser la question", ajoute-t-il.

"On est une vraie alternative au piratage"

Spliiit, comme Sharesub, insistent aussi sur le bien-fondé de leur business respectif: "On n'est pas sur des comptes achetés à l'étranger, et surtout, on s'aperçoit que ceux qui utilisent nos services se désabonnent beaucoup moins que ceux qui ne le font pas. Il y a une vraie plus-value pour les plateformes. On est une vraie alternative au piratage," explique Jean-Brice De Cazenove.

Pour Jonathan Lalinec, il s'agit aussi "d'arrêter l'hypocrisie" et de mettre "toutes les marques à égalité".

"Il faut que dans le business de l'abonnement, il y ait des règles saines et équilibrées. Là, on a des acteurs qui se permettent un peu de liberté, avec des CGU (conditions générales d'utilisation, NDLR) correspondant au droit américain ou selon leur bon vouloir," précise l'entrepreneur. "Et surtout, on souhaite que la loi évolue pour correspondre aux nouvelles habitudes d'un foyer. Les couples peuvent vivre séparés, et un enfant peut ne plus avoir accès à une plateforme simplement parce qu'il revient chez l'un ou l'autre parent, c'est absurde."

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Comme exemple de leur démarche, Jonathan Lalinec et Jean-Brice De Cazenove désignent Canal+. "Une des premières plateformes a nous avoir laissé ses offres", et qui a pu constater que le système de partage d'abonnements était vertueux. "Ça montre bien qu'il y a un besoin de clarification". Aux citoyens, désormais, de la demander.

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