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« Une parole qui tremble » : après l’épisode Adèle Haenel, Augustin Trapenard défend la carte blanche de « La Grande librairie »

L’actrice française Adèle Haenel à la Cour d’Appel de Paris le 17 avril 2026.

L’actrice française Adèle Haenel à la Cour d’Appel de Paris le 17 avril 2026.  ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

« Prendre la parole c’est toujours prendre un risque. Donner la parole aussi, souvenez-vous en. » Le présentateur « La Grande Librairie » Augustin Trapenard est revenu, à mots feutrés ce mercredi 16 septembre sur les accusations qui bousculent son émission. La semaine dernière, l’actrice, militante et autrice Adèle Haenel avait dans sa carte blanche dénoncé la silenciation des violences sexuelles visant les enfants et accusait Israël de commettre « un génocide dans la bande de Gaza ». Dès le lendemain, l’émission entière avait été supprimée du replay des plateformes de France 5 suscitant une vague de contestation.

« Le fait que l’on soit plusieurs écrivains à avoir voulu parler de la Palestine durant cette séquence dans la Grande Librairie en dit long sur l’omerta qui règne ailleurs sur ce sujet. Ce format “carte blanche” devient intolérable parce qu’il permet à une vérité qui n’est pas admise d’être exprimée », avait même défendu dans nos colonnes la journaliste et essayiste Mona Chollet.

Sans nommer directement l’actrice de 37 ans ni même la polémique, Augustin Trapenard a réaffirmé ce mercredi son attachement à la séquence de la carte blanche, traditionnellement diffusée en fin d’émission : « La parole de ces écrivains, c’est important de le rappeler, ce n’est pas la parole du politique ou de l’expert. C’est une parole d’artiste, une parole qui tremble parfois, qui trouble souvent… »

Et Augustin Trapenard de vanter également les vertus d’un programme télévisé où les « écrivains dialoguent ». « Ils ne se ressemblent pas. Ils viennent de tous les horizons, ils ne sont pas toujours d’accord et ils se le disent, croyez-moi », a-t-il appuyé, promettant que le format reviendrait.

Surtout, par deux fois le présentateur a fait référence à la carte blanche d’Adèle Haenel, en évoquant le respect de loi tout comme la viralité de certaines séquences : « On peut interroger tout ce que vous voulez, mais chaque écrivain s’est exprimé en toute liberté, dans les limites de la loi (…) J’ai souhaité qu’on puisse l’entendre, cette parole. J’ai souhaité que chaque Grande Librairie se termine par un texte qu’aurait écrit l’un de mes invités. Une carte blanche, présentée, encadrée comme telle, droit dans les yeux. Cette séquence vous la connaissez. Elle a donné lieu à des moments très forts que vous avez beaucoup partagés », a notamment déroulé le journaliste.

De fait, France 5 avait supprimé l’émission la semaine dernière en arguant des nombreuses saisines faites à l’Arcom et du besoin de vérifier sa conformité avec la loi et avec le cahier des charges de France Télévisions. Surtout, dans une démonstration parfaite de l’effet Streisand, la prise de parole de l’actrice a été très partagée sur les réseaux sociaux.

La semaine dernière, l’autrice de « Viser Juste » avait estimé sur Instagram qu’en supprimant le replay de son intervention, France Télévisions faisait « la démonstration parfaite de la pertinence des propos qui consistaient à dire qu’en fait il y a certains mots, certaines réalités que tout le monde sait et qui ne doivent surtout pas être dites ». Dans cette intervention, « j’ai fait un lien entre la silenciation et le déni autour des VSS (violences sexistes et sexuelles, NDLR) et la silenciation et le déni autour du génocide en Palestine », avait-elle argumenté. Sa carte blanche tout comme l’émission de la semaine dernière ne sont toujours pas disponibles sur le replay.

Par  Service Actu