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Une nouvelle parade polémique "contre les ultra-riches" organisée à Uccle : "Je trouve cela dérangeant de stigmatiser un quartier"

Un an après la polémique liée au premier événement, le collectif Stop The Rich organisera la deuxième édition de sa parade contre "l'ultra-richesse" dans le quartier du Prince d'Orange, à Uccle, le dimanche 13 septembre.

Créé il y a un an, le collectif entend remettre au centre du débat public la question de la concentration des richesses. "Il y a des inégalités monstres dans la société. L'accumulation de richesse à un certain niveau n'est pas suffisamment abordée alors qu'elle a des conséquences sur de nombreux aspects de la société", soutient Camille, membre du collectif.

Les organisateurs souhaitent notamment populariser le concept de "richesse maximale autorisée". Ils estiment que les très hauts patrimoines contribuent insuffisamment à l'effort collectif et dénoncent leur influence sur les décisions politiques. Pour appuyer leur démarche, ils avancent notamment que les 5 % des Belges les plus riches détiennent 45 % de la richesse totale du pays, en se référant aux données de la Banque nationale de Belgique.

Une initiative inspirée de Berlin

Le choix du quartier du Prince d'Orange n'est pas anodin. Considéré comme l'un des secteurs résidentiels les plus aisés du pays, il avait déjà accueilli une première parade l'an dernier.

"L'idée vient d'une parade organisée à Berlin. Des membres du collectif s'y sont rendus et cela nous a inspirés à créer un événement similaire à Bruxelles", poursuit Camille.

Le programme mêlera musique, danse, clowns, ateliers de sérigraphie et interventions destinées à lancer des discussions sur les inégalités économiques. "Nous voulons sensibiliser à cette thématique par la fête. Ce n'est pas une manifestation agressive mais une parade festive." Clowns, fanfare, sérigraphie et prises de parole déambuleront dans l'un des quartiers les plus huppés de Bruxelles. Le rendez-vous est fixé à quatorze heures pour un événement que ses organisateurs présentent comme "festif, familial et ouvert à tous".

Uccle autorise... mais dénonce le fond

Le collectif indique avoir obtenu l'autorisation de la commune d'Uccle pour organiser l'événement. Selon ses organisateurs, la première édition s'était déroulée sans incident.

Contactée, la bourgmestre d'Uccle, Valentine Delwart (MR), confirme que la commune a autorisé la tenue de l'événement. Elle rappelle qu'une première édition s'était déjà déroulée l'an dernier, dans le respect des conditions fixées par les autorités communales et sans incident majeur.

"Rien ne justifiait une interdiction cette année", explique-t-elle. Si les organisateurs parlent d'une "parade", l'élue préfère qualifier l'événement de "manifestation". Elle insiste toutefois sur le fait que l'autorisation accordée ne vaut pas soutien au message porté par le collectif. "Autoriser ne veut pas dire que l'on souscrit au message. Il n'y avait simplement pas de raison objective de l'empêcher."

La bourgmestre dit en revanche être mal à l'aise avec le choix du quartier et le discours visant ses habitants. "Je trouve cela dérangeant de stigmatiser un quartier et des personnes de cette manière. Si une manifestation de ce type s'était tenue dans d'autres quartiers de Bruxelles, beaucoup de personnes se seraient indignées."

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