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Une nouvelle espèce de singe aux contours des lèvres orange découverte en République démocratique de Congo

Le Colobus congoensis, ou localement appelé Likweli, nouvel espèce de singe identifié en juillet 2026.

Le Colobus congoensis, ou localement appelé Likweli, nouvel espèce de singe identifié en juillet 2026. - Capture d'écran/@lomami.national.parc sur Instagram

Des scientifiques ont publié le 15 juillet dernier les résultats de leurs recherches après avoir identifié une nouvelle espèce de singe, dans les confins du parc national de Lomami en République démocratique du Congo.

Un primate "rare et énigmatique". Des chercheurs ont identifié une nouvelle espèce de singe au sein du parc national de Lomami en République démocratique du Congo. Il a été retrouvé précisément entre les cours d'eau de la Lomami et du Congo. Il s'agit de la cinquième espèce de singe découverte dans les 75 dernières années. Les recherches menées sur cette espèce ont été publiées le 15 juillet dans la revue Plos One.

Le Colobus congoensis, comme l'ont nommé les scientifiques qui se sont penchés sur cette découverte, se distingue de certains de ces congénères par sa petite taille, mais également une tache orange-crème autour de la bouche, du philtrum (l'arc de cupidon) et de certaines parties inférieures de son nez, très visible sur son visage noire. Ses oreilles sont grands et noires, avec des bords crénelés et plissés.

Son pelage est noir, avec des poils plus longs au niveau du haut des épaules et du dos, qui lui donne l'aspect d'avoir le haut du corps ébouriffé. Les mâles ont des poils plus longs que les femelles. Les singes les plus âgés "peuvent présenter des poils gris", soulignent les chercheurs.

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Ce petit singe dispose également d'une tache périanale blanche, couverte de fins poils blancs chez les mâles et imberbe chez les femelles. Le Colobus congoensis a une longue queue, qui diffère légèrement de couleur selon le sexe. De plus, "le seul mâle examiné présentait une petite touffe terminale noire à l'extrémité de la queue, absente chez les deux femelles".

114 observations en quatre ans

Entre 2018 et 2022, les chercheurs ont mené 114 observations sur le terrain, effectuées sur une aire de répartition estimée à 1.700 km2. Mais les premières photos de l'animal, alors non-identifié, datent de 2008. Selon les scientifiques, même les communautés locales connaissent très mal ce singe, plutôt discret. Certaines lui ont tout de même donné un nom: Likweli.

En effet, le singe est confiné aux forêts à canopée haute et fermée, situées sur des pédiments argileux profonds et dans des îlots de forêt de terra firme, où il cohabite avec deux autres espèces de singes colobes.

Lorsqu'il a pu être aperçu, le Colobus congoensis était le plus souvent en petit groupe, en moyenne de six individus, "souvent au sein d’associations interespèces", précisent les scientifiques. Ce nouveau singe est par ailleurs une espèce sœur du Colobus satanas, bien qu'il en soit séparé géographiquement par plus de 1.200 kilomètres. Des analyses sur les vocalisations du singe ont également été menées et révèlent des similitudes avec celles du C. satanas.

Junior Amboko, doctorant à l'Université Florida Atlantic, a joué un rôle de premier plan dans les recherches, qui ont impliqué des enregistrements audio, des photographies et des études génétiques détaillées. Il a confié à BBC News le "sentiment incroyable" de regarder et observer un animal que si peu de gens connaissent.

La nécessité de protéger cette espèce méconnue

Les scientifiques proposent de classer le primate dans la catégorie des espaces "en danger" de l'Union internationale pour la conservation de la nature, en raison de la petite taille de sa population, sur un périmètre très restreint.

"La protection du parc national de Lomami, au sein duquel se trouve la majeure partie de l’aire de répartition de C. congoensis, et l’engagement des communautés locales à ne pas chasser cette espèce constituent les mesures les plus importantes à prendre pour assurer la conservation de C. congoensis", écrivent les chercheurs.

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Le parc national de Lomami, lui aussi, valorise cette identification. "Cette découverte nous rappelle tout ce qu'il nous reste à apprendre sur le parc national de Lomami et, plus largement, sur le bassin du Congo. Le parc constitue également un refuge essentiel pour les bonobos, les éléphants de forêt et de nombreuses autres espèces menacées", peut-on lire sur leur compte Instagram.