« Une incitation mondiale à l’antisémitisme » : Benyamin Netanyahou critique le documentaire « NAZA »
Benyamin Netanyahou, le 17 septembre 2026 à Tel Aviv, en Israël.
© ERIK MARMOR/Getty Images via AFP
Yannick Vely 18/09/2026 à 00:13, Mis à jour le 18/09/2026 à 00:37
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a indiqué que deux projets de loi seraient déposés contre les réalisateurs du documentaire « NAZA » de Yuval Abraham et Rachel Szor, récompensé à la Mostra de Venise.
Une réplique politique sans précédent. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a annoncé devant le Parlement israélien, la Knesset, qu’il allait déposer deux projets de loi pour punir les auteurs du documentaire « NAZA », Yuval Abraham et Rachel Szor. À ses yeux, et sans aucune forme de procès, il a déclaré que le film qui détaille les actions de Tsahal à Gaza, en réponse au massacre du 7-Octobre, était une « incitation mondiale à l’antisémitisme » « Nous les frapperons au portefeuille et nous nous en prendrons également à leur citoyenneté, car ils n’ont pas leur place parmi nous », a scandé Netanyahou, dont le nom revient à plusieurs reprises dans le documentaire, notamment comme le maître d’œuvre d’une campagne de dénigrement et d’écoute systématiques des partisans pour la paix, en Israël et au sein de la communauté internationale.
Le premier projet de loi reprend la menace du ministre israélien de la Culture Miki Zohar de « révoquer la citoyenneté de quiconque diffame les soldats de Tsahal » et donc en premier lieu celles des deux auteurs de « NAZA ». Par le second projet de loi, il veut les frapper « au portefeuille en multipliant par vingt le montant des dommages et intérêts qu’ils peuvent être condamnés à verser pour diffamation. »
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Vingt-quatre membres de Tsahal et des services de renseignement israéliens interrogés
Notamment coproduit par le journal anglais The Guardian et le réalisateur de « La Zone d’intérêt » Jonathan Glazer, « NAZA » documente la déshumanisation de l’armée israélienne lors de la guerre menée contre le Hamas à Gaza après le massacre du 7-octobre. Vingt-quatre membres de Tsahal et des services de renseignement israéliens, certains hauts gradés, exposent sans détour comment l’intelligence artificielle a été utilisée pour désigner des cibles à l’aide des communications téléphoniques - avec 15 % d’erreur, regrette l’un des développeurs du programme - et l’acceptation de victimes collatérales ou secondaires (le terme de « NAZA » signifie les deux en hébreu), des proches de membres supposés du Hamas, femmes et enfants compris, ou de simples voisins, qui trouvent la mort lors de bombardements nocturnes d’une habitation, d’un immeuble, d’un quartier.
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L’une des personnes interviewées affirme également qu’il y a bien un génocide toujours en cours à Gaza, quand un autre détaille la destruction systématique des infrastructures civiles dans le nord de la bande de Gaza, faisant fi des vies humaines qui se trouvaient encore dans les bâtiments. D’une rigueur implacable, « NAZA » n’est pas uniquement un documentaire sur Gaza mais aussi une réflexion sur notre capacité à semer la mort et la désolation. « C’était comme dans un jeu vidéo », explique l’un des témoins, alors que la caméra s’attarde sur les immeubles de Tel Aviv, où des gens assistent à la mort en direct à la télévision, prostrés sur leur canapé.
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