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Une fin terrifiante : deux épaves retrouvées après 160 ans révèlent...

Au milieu du XIXe siècle, l'Arctique demeure l'un des plus grands territoires inexplorés sur les cartes européennes. Depuis des siècles, marins et explorateurs rêvent de découvrir le passage du Nord-Ouest, une route maritime reliant l'Atlantique au Pacifique à travers l'archipel canadien. En 1845, la Royal Navy pense disposer des hommes et des moyens pour y parvenir.

Sir John Franklin, vétéran des guerres napoléoniennes et explorateur polaire expérimenté, est nommé à la tête de l'expédition. Sous ses ordres, 129 hommes embarquent sur le HMS Erebus et le HMS Terror. Deux noms qui vont bientôt devenir synonymes de l'une des plus grandes énigmes de l'histoire maritime.

Ils étaient dix à bord de la Mary Celeste. Neuf jours plus tard, le navire avançait seul, et leur trace s’arrêtait là. Image générée à l'aide d'un outil IA. © Xavier Demeersman, ChatGPT

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Deux navires taillés pour affronter la banquise

Pour l'époque, l'expédition Franklin ressemble à une formidable démonstration de technologie. Déjà éprouvés dans les eaux antarctiques, l'Erebus et le Terror possèdent des coques et des étraves renforcées. Des machines à vapeur peuvent entraîner leurs hélices en l'absence de vent, tandis qu'un système de chauffage doit protéger les équipages du froid polaire. Gouvernails et hélices sont même conçus pour être rétractés afin d'échapper aux assauts de la glace.

Les cales débordent de provisions. Plus de trois années de vivres ont été embarquées, dont quelque 8 000 boîtes de conserve, de la viande séchée et du pemmican, un aliment énergétique couramment utilisé dans les expéditions polaires.

Le 19 mai 1845, les navires quittent l'Angleterre. Après une escale au Groenland, ils s'enfoncent dans la baie de Baffin. À la fin du mois de juillet, deux baleiniers croisent leur route. Ce sont les derniers Européens connus à avoir vu Franklin et ses hommes vivants.

L'expédition Franklin est l'une des pires tragédies de l'exploration polaire. © AP, ChatGPT

Prisonniers d’un désert de glace

Les mois passent, puis les années. En 1848, alors que les réserves prévues pour trois ans sont supposées toucher à leur fin, l'Amirauté britannique lance d'importantes opérations de recherche. L'insistance de Lady Jane Franklin, l'épouse de l'explorateur, et l'émotion de la presse britannique jouent un rôle décisif.

Les premières missions échouent. Il faut attendre 1850 pour découvrir un indice. Sur l'île Beechey, les sauveteurs retrouvent les traces d'un camp d'hiver et trois tombes. John Torrington, John Hartnell et William Braine, membres de l'expédition, y reposent.

Depuis plus de deux siècles, l’île d’Oak engloutit les hommes, les fortunes et les certitudes… sans livrer son secret. Image générée à l'aide d'un outil IA. © Xavier Demeersman, ChatGPT

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Mais où sont les 126 autres hommes ? Une partie de la réponse vient des Inuits. En 1854, l'explorateur John Rae recueille plusieurs témoignages décrivant des hommes blancs morts de faim près de l'embouchure d'une rivière. Des objets de l'expédition, notamment des couverts en argent appartenant aux officiers, lui sont présentés. Il y a plus terrible encore car les récits évoquent des actes de cannibalisme.

Dans la Grande-Bretagne victorienne, cette révélation provoque un scandale. Pourtant, les témoignages inuit vont peu à peu se révéler essentiels pour reconstituer le drame.

Une note raconte l’effondrement de l’expédition

En 1859, une nouvelle expédition financée par Lady Franklin retrouve enfin un document capital dans un cairn de l'île du Roi-Guillaume. La « note de Victory Point » livre une chronologie glaçante.

L'Erebus et le Terror ont été emprisonnés par la banquise en septembre 1846. Franklin est mort le 11 juin 1847. En avril 1848, après plus d'un an et demi dans les glaces, les navires sont abandonnés. Vingt-quatre hommes ont déjà péri.

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Au XIIe siècle, deux enfants à la peau verte sont découverts par des moissonneurs près d'un ancien piège à loup à proximité de Woolpit, un petit village du Suffolk perdu dans la campagne anglaise.... Lire la suite

Les 105 survivants, désormais commandés par Francis Crozier, décident de rejoindre à pied la rivière Back, loin au sud, au prix d'une marche désespérée dans l'un des environnements les plus hostiles de la planète. Des années plus tard, les recherches retrouvent un canot contenant deux squelettes, des camps abandonnés, des conserves rouillées et des restes humains dispersés sur l'île du Roi-Guillaume. L'expédition semble s'être fragmentée en petits groupes.

Faim, scorbut, plomb : les ingrédients d’une catastrophe

Les analyses modernes des corps et des ossements ont révélé des signes de scorbut ainsi que des concentrations élevées de plomb. Les soudures des boîtes de conserve ont longtemps été soupçonnées d'avoir contaminé une partie des aliments et aggravé l'état de santé des marins. L'empoisonnement au plomb pourrait avoir contribué au désastre, sans être nécessairement son unique cause.

Les hommes étaient épuisés, malades et sous-alimentés, ce qui a pu provoquer leur décès prématuré, l'hiver particulièrement rigoureux de 1847-1848 ayant certainement achevé de briser leur résistance. Des traces relevées sur certains ossements ont également renforcé l'hypothèse du cannibalisme, confirmant sur ce point les récits transmis par les Inuit.

Deux épaves retrouvées, un mystère toujours vivant

Pendant plus de 160 ans, les deux navires sont restés introuvables. En 2014, l'épave de l'Erebus est finalement localisée dans les eaux canadiennes. Deux ans plus tard, le Terror est découvert dans Terror Bay, au sud de l'île du Roi-Guillaume.

Leur position donne du crédit aux traditions orales inuit, qui ont longtemps été négligées par les autorités britanniques. Elle amène aussi de nouvelles questions. Certains marins sont-ils retournés sur les navires après leur abandon ? Combien de temps ont-ils survécu ? Que s'est-il exactement passé durant leurs derniers mois ?

Près de deux siècles après le départ de Franklin, il est difficile de connaître les derniers jours des 129 marins qui disparurent dans la glace.