Une enquête terroriste ouverte après la découverte d'armes "à proximité" d'une synagogue à Sarcelles
Un fusil d'assaut et une arme de poing chargés ont été retrouvés dans un véhicule samedi soir "à proximité" d'une synagogue de Sarcelles, au nord de Paris, a déclaré dimanche 12 juillet le parquet national antiterroriste (Pnat) qui a ouvert une enquête antiterroriste.
L'opération de déminage a entraîné l'évacuation de quelques 300 personnes. Mais aucun suspect n'a pour le moment été identifié.
Samedi, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a été "informée d'une possible attaque terroriste islamiste visant une synagogue de Sarcelles, impliquant potentiellement un véhicule Toyota", a précisé dimanche soir le parquet national antiterroriste (Pnat) dans un communiqué.
Ces informations ont permis la découverte par la police du Val-d'Oise du véhicule signalé, "stationné à proximité immédiate" d'un cinéma "et à 500 mètres d'une synagogue de la ville", a ajouté la même source. À l'intérieur de ce véhicule sans occupant, "qui s'avérait volé", ont été retrouvés notamment "un fusil mitrailleur de type kalachnikov avec plusieurs chargeurs" et "un pistolet Beretta, également équipé d'un chargeur", a poursuivi le Pnat.
Une enquête a été ouverte dimanche par le Pnat "des chefs d'association de malfaiteurs terroriste criminelle et de transport, détention, acquisition d'armes de catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste".
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a précisé un peu plus tôt sur BFMTV que le véhicule signalé par le renseignement intérieur avait été "retrouvé non pas à proximité immédiate, mais à proximité" d'une synagogue de cette ville surnommée "la petite Jérusalem", qui en compte plusieurs.
"Nous ne connaissons pas encore les motifs", a-t-il néanmoins déclaré, assurant qu'aucun suspect n'avait encore été identifié.
"À ce stade de l'enquête, rien ne permet d'affirmer que la communauté juive était visée", a réagi à la mi-journée le président de la communauté juive de Sarcelles, Moïse Kahloun. Dans son post sur Facebook publié avant l'annonce de la saisine du Pnat, le responsable communautaire note que "l'évacuation concernait le cinéma, situé à plus d'un kilomètre de la (grande) synagogue".
"On part sur toutes les pistes", a confirmé une source policière à l'AFP, ajoutant que la surveillance des sites sensibles avait été "renforcée" à Sarcelles et dans le Val-d'Oise.
Une autre source proche du dossier a estimé, auprès de l'AFP, qu'il fallait faire preuve de prudence quant à la piste "terroriste".
Trois attaques "déjouées" en 2026
Samedi soir, un périmètre de sécurité avait été mis en place autour de ce véhicule signalé comme suspect par les autorités, et stationné dans un quartier passant, aux abords d'un cinéma et de restaurants de cette ville de près de 60 000 habitants.
Quelque 300 personnes ont alors été évacuées, aux alentours de 21 h 30, le temps de procéder à l'opération de déminage, qui a duré environ deux heures, a précisé à l'AFP une source policière. Les démineurs n'ont trouvé aucun explosif.
Après le passage des démineurs, qui n'ont trouvé aucun explosif, il s'est avéré que la voiture contenait, selon une source policière, un fusil d'assaut et une arme de poing. Le ministre de l'Intérieur a évoqué "une arme de guerre".
Logés dans le coffre, le fusil d'assaut et l'arme de poing étaient chargés, a détaillé une source policière.
"On a été extrêmement réactifs", s'est satisfait Laurent Nuñez, qualifiant de "remarquable" le travail des services de renseignement.
Selon le Pnat, les investigations ont été confiées à la DGSI, "service coordonnateur", à la Sous-direction antiterroriste (Sdat), à la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) ainsi qu'à la Direction interdépartementale de la police nationale du Val-d'Oise (DIPN).
Depuis le début de l'année, "trois attaques" ont été "déjouées", a affirmé dimanche Laurent Nuñez. Parmi elles figure l'agression au couteau en février dernier d'un gendarme sous l'Arc de Triomphe, au moment d'une cérémonie de ravivage de la flamme sur la tombe du Soldat inconnu.
Avec AFP