"Une crise légumière majeure": des pertes de la production de légumes allant de 15 % à 100 % pour certains producteurs à cause des sécheresses, selon Prince de Bretagne
"Une crise légumière majeure": des pertes de la production de légumes allant de 15 % à 100 % pour certains producteurs à cause des sécheresses, selon Prince de Bretagne
Publié hier à 20h43
Lire dans l'appLa marque Prince de Bretagne, qui regroupe plusieurs coopératives bretonnes de légumes frais, alerte que plusieurs cultures de légumes sont touchées par "une crise majeure", dans un communiqué publié ce lundi 10 août.
"Les premières estimations des producteurs et organisations de producteurs font état de pertes de rendement très importantes, susceptibles de s'aggraver dans les prochaines semaines si les conditions météorologiques restent défavorables", s'alarme dans un communiqué Prince de Bretagne, marque regroupant les plus grandes coopératives bretonnes de légumes frais.
Prince de Bretagne estime que cette "crise légumière majeure" va provoquer "des pertes allant de 15 % à 100 % selon les cultures et les conditions d'irrigation".
La Bretagne, l'un des plus gros producteurs de légumes frais en France
La Bretagne a particulièrement souffert des épisodes caniculaires successifs, tout comme les Pays-de-la-Loire et plus largement toute la façade ouest du pays.
La vague de chaleur de juin a anéanti des hectares entiers. Des réserves destinées à l'irrigation ont été largement entamées, empêchant de nouvelles plantations. Les serres ne protègent plus complètement les tomates, avec des baisses conséquentes de volume.
Prince de Bretagne dresse dans son communiqué un panorama des pertes constatées par les producteurs: supérieures à 40% pour les petits pois, environ 60% pour le brocolis, de 50 à 100% pour l'artichaut, 25% pour la courgette, 35% sur les salades, 10 à 30% sur les poireaux...
Assouplir les critères de sélection appliqués aux légumes
La marque demande aux centrales d'achat des distributeurs d'assouplir les critères de sélection appliqués aux légumes et "d'accepter temporairement des produits présentant des défauts liés à la sécheresse". Prince de Bretagne en appelle aussi aux consommateurs pour qu'ils soutiennent la filière et achètent ces légumes "visuellement imparfaits".
Mais la plupart des demandes sont dirigées vers les pouvoirs publics : "accélérer les décisions sur le stockage hivernal, sécuriser les autorisations d'irrigation, soutenir les investissements hydriques indispensables à la survie des exploitations".
"La filière légumière bretonne fait face à une crise historique. Les pertes de rendement, les déclassements, les arrêts de lignes et les risques de chômage technique montrent l'urgence d'une mobilisation collective", affirme Prince de Bretagne.
Le gouvernement a annoncé mercredi un plan "global" avec des mesures d'urgence pour compenser les difficultés économiques, face au risque de faillite d'exploitations, et faciliter l'accès des agriculteurs à l'eau.
Mais le ministère de l'Agriculture a prévenu qu'il faudrait attendre fin août pour estimer précisément les pertes et calibrer les aides.