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Glaciers suisses : 5,5% de leur volume perdu en 2026

Un hiver pauvre en neige et une succession de vagues de chaleur de mai à septembre ont eu un effet dévastateur sur les glaciers suisses. Ils ont perdu 5,5% de leur volume par rapport à l'an dernier, alerte jeudi l'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT).

Il s'agit "d'une nouvelle année catastrophique pour les glaciers", souligne un rapport basé sur les données récoltées en septembre par le Réseau des relevés glaciologiques suisse (GLAMOS) et la Commission suisse pour l'observation de la cryosphère de l'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT).

L'épaisseur moyenne de glace de certains glaciers a diminué de 2,5 à 4 mètres. Sur les langues glaciaires, elle a parfois perdu jusqu'à dix mètres. Au cours des cinq dernières années seulement, le volume de glace en Suisse a désormais diminué de près de 20%.

Deux facteurs en cause

Le dernier hiver figure parmi les dix hivers les moins enneigés depuis le début des mesures, note le SCNAT. De plus, chaque mois de mai 2026 à septembre 2026 a connu une période de sécheresse et "au moins une vague de chaleur". Durant tous ces mois, l'isotherme du zéro degré s'est trouvée au-dessus de 4000 mètres pendant 76 jours.

La couche de neige protectrice qui s'était déposée sur les glaciers avait déjà partiellement disparu en juin. En septembre, même à 3500 mètres d'altitude, il ne restait plus de neige, indique le SCNAT. "Dans de telles conditions, les glaciers alpins n'ont aucune chance de survie à long terme".

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De nombreux petits glaciers disparaissent, déjà comme dernièrement celui de Bella Tola (VS) ou de Grissfiren/Plattalvafirn (GL). Les langues glaciaires se désintègrent aussi. Le paysage autour des glaciers change. De 1973 à 2016, plus de 1000 glaciers ont disparu en Suisse.

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"Seulement" la deuxième plus mauvaise année

Au niveau des pertes de glace, 2026, malgré des températures exceptionnellement élevées, se situe juste derrière l'année record de 2022, qui avait enregistré une contraction des glaciers de 5,9%.

Cette différence s'explique par le fait qu'il y a quatre ans, la couche de neige qui recouvrait de nombreux glaciers était encore plus fine qu'en 2026. La neige a donc fondu plus rapidement cette année-là, laissant ensuite la glace à nu, exposée aux rayons du Soleil.

Par ailleurs, explique le SCNAT, les dépôts de poussière du Sahara sur les glaciers ont été bien plus considérables en 2022 qu'en 2026. La lumière du Soleil et son énergie, au lieu de se réfléchir sur une surface blanche, ont été absorbées par un revêtement plus sombre, accélérant du même coup la fonte de la glace.

Pénurie d'eau de fonte pour bientôt

Ce recul de la quantité de glace année après année va poser à l'avenir de véritables défis en matière de gestion des ressources hydriques, notamment durant les périodes de sécheresse, note le rapport.

Des domaines aussi essentiels que l'agriculture, la production d'énergie, l'écologie et les transports seront concernés. Le volume de glace étant moins important d'année en année, les quantités d'eau de fonte vont inexorablement baisser au fil du temps.

ats/vic