Un traitre ukrainien tué dans par un colis piégé, une « escort » russe accusée d’être l’exécutante de Kiev
Un scénario digne d’un polar. Jeudi 13 août, dans le décor d’ordinaire banal de l’avenue Stoletovski à Sébastopol en Crimée, la terre a tremblé. Une déflagration si sèche et brutale que le quartier a d’abord cru à un raid de drones ukrainiens. Mais la frappe est venue du sol. D’une simple poubelle posée à côté d’un banc, piégée et déclenchée pile au moment où un homme gravissait les marches à proximité. Touché de plein fouet, l’officier s’est effondré. Mort sur le coup.
Dès la déflagration, les réseaux sociaux russes se sont enflammés. Si Moscou a rapidement bouclé la zone en évoquant laconiquement la mort d’un « membre du ministère de la Défense », tout le monde avait déjà remis un nom sur le visage : Robert Shageev.
Pour Kiev, Shageev n’était pas un ennemi quelconque. Il était la trahison incarnée. En 2014, lorsque la Crimée bascule sous le contrôle du Kremlin, ce marin de 49 ans commande le Zaporizhzhia, l’unique sous-marin de la flotte ukrainienne. Plutôt que de saborder ou d’évacuer son bâtiment, il choisit de tourner le dos à son pays et d’endosser l’uniforme russe.
Promu commandant adjoint au sein de la flotte de la mer Noire, l’homme prend du galon. Mais pour la justice ukrainienne, qui l’inculpe formellement pour haute trahison en 2022, le dossier reste grand ouvert. Surtout quand son nom commence à circuler derrière les tirs de missiles de croisière Kalibr, ces engins mortels expédiés depuis la mer sur les villes ukrainiennes.
Une « escort » soupçonnée d’avoir posé la bombe
Très vite, les services secrets russes ont annoncé l’arrestation d’une jeune femme de 32 ans, soupçonné d’avoir posé l’engin expolosif. Elle s’appelle Margarita Reut, 32 ans. Elle a été placée en détention provisoire après sa mise en examen.
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Selon le FSB et les éléments d’enquête relayés par les médias russes, la jeune femme de nationlaité russe était une « escort ». Elle est soupçonnée d’avoir été recrutée par le GUR, le service de renseignement militaire ukrainien. Son rôle dans l’opération : repérer les déplacements quotidiens de Robert Shageev dans son quartier résidentiel, installer la charge explosive dans la poubelle jouxtant l’escalier, puis déclencher la mise à feu à distance.
Si Moscou la présente comme une opératrice téléguidée par Kiev, les autorités russes n’ont pour l’instant publié aucun élément matériel — aveux filmés ou pièces à conviction — étayant publiquement son parcours ou son niveau d’implication.