Un train de voyageurs ukrainien frappé par la Russie : Boris Johnson était-il la cible ?
L'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson s'exprime lors de la conférence de Yalta sur la stratégie européenne, à l'occasion d'un déplacement en Ukraine pour le troisième anniversaire de l'invasion russe, le 24 février 2025.
© Ritzau Scanpix/Bo Amstrup via REUTERS / N/C
Jeanne Le Borgne 14/09/2026 à 08:09, Mis à jour le 14/09/2026 à 08:09
Selon l'opérateur des chemins de fer ukrainiens, Ukrzaliznytsia, « il est très probable » que l'attaque russe de dimanche contre un train de passagers visait l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson.
Une frappe qui interroge. Ce dimanche 13 septembre, un drone russe a percuté un train qui circulait entre Kiev, en Ukraine, et Varsovie, en Pologne, alors qu'il se trouvait à 2 kilomètres de la frontière polonaise, à Iahodyn. Par chance, tous les passagers ont pu être évacués à temps et l'attaque n'a fait aucun blessé. Elle suscite néanmoins une importante polémique parce qu'elle s'est nouée à la frontière de l'Union européenne et de l'OTAN, mais aussi parce qu'elle visait très certainement des politiques européens.
L’opérateur Ukrzaliznytsia, qui assure les voyages en train en Ukraine, a en effet expliqué qu'« il est très probable » que la frappe russe ait visé un autre train qui transportait « des conseillers à la sécurité et des anciens dirigeants européens dont l’ex-premier ministre Boris Johnson » et qui venait de passer par Iahodyn. Ce train avait « quitté la gare plus tôt que prévu en raison des ajustements en temps réel des horaires face à la menace constante de frappes russes », précise la compagnie publique à la BBC.
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« Aucune justification »
L’ex-directeur de la CIA, David Petraeus, se trouvait dans le train qui a été évacué à Iahodyn. Tout comme Boris Johnson, il revenait de Kiev, où ils ont assisté à une conférence sur la sécurité, le forum YES. Dans une interview accordée au « New York Times », David Petraeus a déclaré : « Pour ceux qui n'ont jamais été sous le feu ennemi, c'était terrifiant. Il s'agit de l'acte d'un dirigeant véritablement barbare qui tente de terroriser les civils ukrainiens. Il n’y avait aucune justification militaire à ce que la Russie a fait dans ce cas précis. »
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Boris Johnson a, de son côté, affirmé sur X : « Je ne sais pas quelle logique déformée a poussé Poutine à faire exploser une locomotive ukrainienne stationnaire à la frontière polonaise ce matin. Ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est que c’est le genre d’attaque aléatoire et insensée que les Ukrainiens endurent chaque jour – même sur les chemins de fer civils. Jusqu’à présent, Poutine est responsable de la mort de 1700 employés d’Ukrzaliznytsia. Eux et leurs passagers quotidiens sont absolument héroïques. »
« Quand allons-nous leur fournir les défenses aériennes dont ils ont besoin ? Pourquoi ne débloquons-nous pas l’argent de Poutine pour le donner à l’Ukraine ? Il y a plus de 140 milliards d’euros sur un compte bancaire belge – et environ 10 milliards de livres à Londres. La Grande-Bretagne pourrait montrer l’exemple », suggère Boris Johnson. Avant de conclure : « Les Ukrainiens vont gagner – cela était clair après les trois derniers jours passés dans leur merveilleux pays. Mais nous mettrons fin beaucoup plus vite à cette guerre effroyable si nous nous ressaisissons tous et leur donnons ce dont ils ont besoin et ce qu’ils méritent. »
I don’t know what warped logic drove Putin to blow up a stationary Ukrainian locomotive on the Polish border this morning. What we can say for sure is that this is the kind of random and senseless attack Ukrainians are enduring every day - even on civilian railways. So far Putin…
— Boris Johnson (@BorisJohnson) September 13, 2026
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