Un soutien unanime du conseil communal de Seneffe aux travailleurs d'Alysse Food et de Syngenta, frappés par les fermetures
Deux entreprises, deux situations différentes, mais une même inquiétude pour des centaines de travailleurs et leurs familles. La faillite d'Alysse Food et la décision de Syngenta de fermer son site de Seneffe ont suscité de vives réactions au conseil communal, où le groupe socialiste a déposé une motion de soutien au personnel.
"Nous avons là deux contextes différents puisque l'une, Alysse Food, est en faillite et l'autre, Syngenta, a décidé de fermer son site de Seneffe pour des raisons de stratégie économique", a rappelé Michaël Carpin (PS).
Pour le conseiller communal, il était essentiel d'envoyer un signal fort aux travailleurs. "Avec ce texte, nous proposons de montrer notre soutien à ces travailleurs qui sont victimes d'un système économique effrayant. Je pense notamment à Syngenta qui fait des millions de bénéfices. Nous demandons que la procédure Renault soit respectée et que les entreprises locales accueillent ces gens."
Un job day sur la table
La bourgmestre Bénédicte Poll a assuré que les autorités communales n'étaient pas restées les bras croisés. Des rencontres ont déjà eu lieu avec les directions des entreprises concernées et les intercommunales de développement économique.
"L'idée serait d'organiser un job day avec les entreprises de la région pour aider ces travailleurs", a-t-elle expliqué.
Michaël Carpin a proposé d'associer les organisations syndicales à ces démarches, une suggestion à laquelle la bourgmestre s'est montrée ouverte. "Cela pourrait être envisagé", a-t-elle répondu.
La motion a finalement été adoptée à l'unanimité, majorité et opposition affichant leur solidarité avec les travailleurs.
Chez Syngenta, le conflit social s'enlise
Sur le terrain, les situations restent toutefois contrastées. Si un accord a pu être trouvé chez Alysse Food, les négociations sont toujours dans l'impasse chez Syngenta, où le personnel est en grève depuis le 25 septembre.
"La dernière proposition de l'employeur a été rejetée par le personnel la semaine dernière et la direction refuse de faire une autre proposition. Nous sommes dans l'impasse", déplore Carl Yernaux, représentant de la CNE.
Une situation qui inquiète également la députée wallonne Sophie Pécriaux (PS), par ailleurs conseillère communale à Seneffe. La semaine dernière, elle s'est rendue auprès des travailleurs de Syngenta pour prendre la mesure du drame humain qui se joue derrière les annonces économiques.
"J'ai vu des gens dans un désarroi épouvantable", confie-t-elle. Parmi eux, des travailleurs présents dans l'entreprise depuis 25 ans, aujourd'hui confrontés à la perspective de perdre leur emploi, avec des répercussions jusque sur leur santé.
La députée a décidé de relayer ces inquiétudes au Parlement wallon, où elle tire la sonnette d'alarme sur la multiplication des fermetures d'entreprises dans la région du Centre.
Boucle du Hainaut : A Seneffe, le PS dénonce une "trahison" du ministre et de la majorité MR-Engagés, tandis que le collège appelle à la prudence"Chaque fois que je traverse le zoning, je constate que les entreprises ferment les unes après les autres. C'est assez interpellant", dénonce-t-elle.
Sophie Pécriaux se réjouit néanmoins que la majorité communale ait soutenu la motion déposée par son groupe. Une unanimité politique qui ne résout pas encore le sort des travailleurs, mais qui témoigne de l'inquiétude grandissante face à l'avenir industriel de Seneffe et de la région du Centre.
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