Un soir, un film avec Hugues Dayez : revoir 'La vie de château' de Jean-Paul Rappeneau - RTBF Actus
Le film a remporté un déluge de trophées, 10 Césars, un prix d’interprétation à Cannes pour Depardieu et le Golden Globe du meilleur film étranger.
Mais cette brillante adaptation du chef-d’œuvre d’Edmond Rostand ne doit pas occulter le reste de la filmographie de Jean-Paul Rappeneau.
Certes, il n’a réalisé que huit longs-métrages entre 1966 et 2015. Huit films en cinquante ans, c’est peu. Mais Rappeneau était un orfèvre, un perfectionniste, qui polissait les scénarios de ses comédies originales.
Influencé par l’âge d’or des comédies hollywoodiennes, comme "L’impossible Mr Bébé" d’Howard Hawks avec Cary Grant et Katherine Hepburn, Rappeneau a essayé de trouver dans ses propres réalisations la même fantaisie et la même élégance. Il aimait aussi créer des beaux couples de cinéma : Catherine Deneuve et Yves Montand dans "Le sauvage", Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert dans "Les mariés de l’an II", une comédie avec pour toile de fond la Révolution française, ou encore "Tout feu tout flamme" avec Montand en papa d’Isabelle Adjani…
J’avais rencontré Jean-Paul Rappeneau en 2015 pour son dernier film " Belles familles ", il m’évoquait son amour des acteurs et des actrices :
Jean-Paul Rappeneau : J’ai du mal à imaginer qu’un film se fasse sans quelque part de la beauté féminine. Ça fait partie de ce qui, moi, m’a toujours plu au cinéma quand j’étais gamin. J’allais voir les actrices d’Hollywood. J’avais créé, d’ailleurs, dans mon collège, un club Rita Hayworth. Parce qu’à l’époque, nous étions dans ce collège, fous de Rita Hayworth !
Quand vous êtes votre propre scénariste, j’ai l’impression que s’il y a un trait d’union dans vos films, c’est que les hommes sont souvent dépassés par les événements.
Jean-Paul Rappeneau : Oui, oui, vous avez raison de dire ça. Enfin, pour moi, les deux films se répondent. Mon premier, "La vie de château", et le dernier, "Belle famille". Mais là aussi, c’était Noiret, à l’époque, qui était dépassé par le tourbillon qui était Catherine Deneuve dans "La vie de château", et à qui tout échappait. Oui, les hommes n’ont pas forcément le beau rôle dans ces films-là, mais heureusement qu’ils sont joués par de grands comédiens. À mon avis, le jour où vous avez choisi vraiment les acteurs, le jour du choix, d’une certaine manière… Le film est fait. Après, vous pouvez rectifier un peu, dire plus vite, moins vite. Mais au fond, ils font rentrer la vie dans le film. Ce sont eux qui portent la vie. Donc ils sont capitaux.