Un policier violente un jeune à Carcassonne : enquête pour « violences volontaires », IGPN saisie… Le point sur l’affaire
Un agent de la police nationale, le 25 juin 2026. GRICHKA BEYSSON-LEANDRI / HANS LUCAS VIA AFP
Une semaine après la révélation de propos racistes d’un policier municipal de Carcassonne, c’est au tour d’un fonctionnaire de la police nationale d’être accusé de violences sur un jeune homme dans la ville dirigée par le Rassemblement national (RN).
Une vidéo le montre en train de jeter à terre un jeune sans domicile fixe décédé plusieurs jours après l’intervention policière en juin. En conséquence, une enquête judiciaire pour « violences volontaires » a été ouverte dimanche, a annoncé ce lundi 14 septembre le parquet de la ville du sud de la France.
• Une intervention lors de la fête de la musique
Le 21 juin, c’est la fête de la musique à Carcassonne. Pas de grand événement diffusé sur France 2, comme l’année précédente, avec des artistes de la chanson française. Cette fois-ci, la mairie passée à l’extrême droite en mars dernier annonce que « la ville entière devient une scène à ciel ouvert ». C’est dans ce cadre que l’intervention policière dénoncée se déroule. Elle est liée à des « nuisances sonores réitérées », a indiqué le parquet dans un communiqué.
Sur la vidéo visible sur les réseaux sociaux, et qui a suscité de nombreuses réactions politiques, on peut clairement voir un fonctionnaire de la police nationale qui intervient ce jour-là avec des membres de la police municipale. L’agent saisi par-derrière un jeune vêtu d’un débardeur kaki et d’un short bleu qu’il projette ensuite violemment par terre. La tête de l’homme heurte violemment le sol. Il reste alors quelques instants à terre en se tenant le crâne, avant d’être relevé par les policiers, sous les invectives d’un groupe de personnes choquées par l’action des forces de l’ordre.
• L’agent municipal aux propos raciste présent
Sur la vidéo, cinq agents de la police municipale sont identifiables. Parmi eux : le même policier mis en cause la semaine passée après la publication d’un enregistrement audio de propos racistes et sexistes. C’est notamment lui qui relève le jeune homme après le choc.
• A ce jour, pas de « lien » avec la mort de la victime
Ce lundi, le parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « violences volontaires » visant le fonctionnaire de la police nationale et la saisie de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN).
« Dès qu’il a eu connaissance de cette vidéo, le parquet de Carcassonne a saisi le dimanche 13 septembre 2026, l’antenne de Marseille de l’IGPN d’une enquête judiciaire du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué dans un communiqué la procureure de la République, Géraldine Labialle.
Alors que le jeune homme victime du fonctionnaire de police est décédé le 3 juillet, la procureure précise qu’« à ce jour, en l’état des investigations, il n’existe (…) aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès survenu 13 jours après ».
« Une enquête en recherche des causes de la mort » et « l’autopsie réalisée le 9 juillet 2026 excluaient », selon la même source, « toute lésion traumatique suspecte en faveur de l’intervention d’un tiers et privilégient la cause toxique au regard des antécédents connus de polytoxicomanie » du jeune homme qui vivait dans la rue depuis l’âge de 16 ans.
Par Service Actu (avec AFP)