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Projet de parti fédéral pour porter la voix de l’Alberta

Un ancien député provincial de l’Alberta annonce qu’il s’emploie à former un parti politique fédéral qui s'appellerait Alberta Now. Sa mission exclusive serait de défendre les intérêts de la province à Ottawa et d’y faire résonner la voix des conservateurs albertains.

Drew Barnes, qui a quitté ses fonctions de député provincial indépendant en 2023, a fait cette annonce la fin de semaine dernière à Calgary lors d’un débat économique.

Cette semaine, il a indiqué à CBC News qu’il était en pourparlers avec des candidats potentiels et qu’il prévoyait d’enregistrer le parti dès cet automne.

Le futur parti souhaiterait faire son baptême du feu à l'occasion d’éventuelles élections partielles avant de se lancer dans le grand bain lors des prochaines élections générales.

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Un clin d’œil au Bloc québécois

Drew Barnes a précisé que la nouvelle formation politique ne présenterait des candidats qu’en Alberta et fonctionnerait à la manière du Bloc québécois. C’est tout à fait faisable, explique-t-il.

Cela fait des décennies que la voix de l’Alberta n’est pas suffisamment entendue à Ottawa.

Drew Barnes a indiqué qu'Alberta Now serait également comme ce qu’avait été le Parti réformiste du Canada de Preston Manning à ses débuts : la voix de l’Ouest canadien.

Selon lui, lorsque ce parti avait décidé de s’ouvrir au reste du Canada en fusionnant avec les conservateurs [alors progressistes], l’ouest a perdu sa voix.

Yves-François Blanchet en point de presse au parlement d'Ottawa.

Alberta Now veut devenir pour l'Alberta ce qu'est le Bloc québécois d'Yves-François Blanchet pour le Québec : la voix de la province à Ottawa (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Le moment serait opportun

Duane Bratt, professeur de sciences politiques à l’Université Mount Royal, à Calgary, estime que la conjoncture politique en Alberta se prête à un tel projet : Il y a de la place pour cela, surtout dans le contexte du référendum.

Le politologue met cependant un bémol à son propos en expliquant qu’il est difficile de créer un nouveau parti viable.

Il a évoqué à cet égard l’exemple du Parti Maverick, formé avant les élections fédérales de 2021 pour offrir aux électeurs une option de droite axée sur l’Ouest, mais qui n’a pas fait long feu. Il s’est dissous au début de 2025.

Duane Bratt a également rappelé que l’Alberta a déjà connu la création de nouveaux partis, mais la plupart ne mènent absolument nulle part.

Pierre Poilièvre.

Le futur parti fédéral pourrait grignoter dans l'électorat du Parti conservateur du Canada de Pierre Poilievre. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Pêcher dans l’électorat du PCC

Duane Bratt fait savoir par ailleurs que Alberta Now pourrait séduire des partisans albertains du Parti conservateur du Canada (PCC) de Pierre Poilievre.

Lors des élections fédérales de 2025, la plupart des candidats du PCC, en dehors des grandes villes de l’Alberta, ont remporté leur siège avec entre deux tiers et trois quarts des suffrages exprimés.

Sur l’ensemble des 37 circonscriptions de la province, seuls 6 candidats conservateurs ont recueilli moins de 50 % des voix, 3 d’entre eux ayant remporté leur siège, les trois autres ayant été battus.

Drew Barnes rejette cependant l’idée que son futur parti pourrait diviser le PCC. J’espère que non, a-t-il dit.

D'après un texte (nouvelle fenêtre) de Collin Gallant