taraskuzio.com

Fluazinam en Suisse : ce fongicide serait dangereux pour le cerveau, dit une étude

Publié14. juillet 2026, 13:21

SantéUn fongicide très utilisé en Suisse serait nocif pour le cerveau

Une étude remet en question l'autorisation du fluazinam. Les chercheurs ont constaté des risques possibles pour le développement cérébral chez le rat. Et chez l'homme?

Reto Bollmann

En agriculture, le fluazinam est largement utilisé pour lutter contre les maladies fongiques, principalement dans la culture de pommes de terre, d'oignons, de fruits et dans la vigne. Mais une nouvelle étude remet en question l'autorisation de ce fongicide: deux chercheurs de l'Université de Stockholm ont réévalué une étude antérieure du fabricant et concluent que cette substance active n'aurait pas dû être approuvée en 2008, rapporte le «Tages-Anzeiger».

En Suisse aussi, les agriculteurs utilisent le fluazinam. Pas moins de 22 produits phytosanitaires contenant cette substance active sont homologués. Selon l'Office fédéral de l'environnement, jusqu'à 10 tonnes de ce fongicide sont épandues chaque année dans les champs. Avec des conséquences délétères pour notre santé? C'est ce qu'ont voulu vérifier deux chercheurs suédois, Axel Mie et Christina Rudén, en réanalysant une ancienne étude commandée par le fabricant du fluazinam.

Or, le chimiste et la toxicologue ont trouvé dans les données expérimentales initiales des indices montrant que les jeunes rats exposés au fluazinam présentaient un cerveau plus petit et des altérations dans certaines régions cérébrales. Ce que le laboratoire d'origine n'avait pas soulevé. Axel Mie qualifie ces résultats de graves et demande un réexamen approfondi de la procédure d'autorisation.

Dans une étude publiée en 2025 en Valais, des résidus de fluazinam et de ses produits de dégradation ont été détectés dans l'organisme d'enfants (image d'illustration).

Dans une étude publiée en 2025 en Valais, des résidus de fluazinam et de ses produits de dégradation ont été détectés dans l'organisme d'enfants (image d'illustration).imago/Hans-Günther Oed

Si l'analyse des deux scientifiques suédois n'a pas encore été soumise à évaluation par des pairs, ses résultats n'en sont pas moins préoccupants, car en 2025, une étude valaisanne avait mis en évidence la présence de résidus de fluazinam chez l'homme. En particulier chez des enfants.

Mis en cause, l'OSAV se défend

Interrogé par le «Tages-Anzeiger», Jürg Zarn, ancien toxicologue à l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), estime que le cas du fluazinam soulève un problème fondamental. Les autorités s'appuient en effet sur la documentation des fabricants pour leur évaluation et ne peuvent souvent pas vérifier intégralement l'énorme quantité de données qui leur est soumise. Par conséquent, des erreurs peuvent passer inaperçues pendant longtemps.

L'OSAV rejette cette critique. Il explique au quotidien alémanique que pour obtenir l'autorisation fédérale d'une substance, des études complètes doivent être soumises et sont examinées par plusieurs agences fédérales. Les nouvelles données scientifiques sont constamment intégrées au processus d'évaluation.

L'autorisation de mise sur le marché dans l'Union européenne (UE) pour le fluazinam expire fin 2027. Avant tout renouvellement, les nouvelles données disponibles au sujet de ce fongicide devraient être prises en compte. Or, si l'UE retire son autorisation, cela aurait également des conséquences directes pour la Suisse.

Reto Bollmann

Reto Bollmann (bre), né en 1991, travaille depuis fin 2021 au Newsdesk de 20 Minuten.

Ton opinion