Un flamboyant cortège pour les Fêtes Septennales, à Huy : entre émotions multiples et plongée historique et religieuse (photos et vidéo)
Certains les attendaient au tournant, pas convaincus qu'un cortège était une bonne idée pour cette nouvelle édition des Fêtes Septennales. Ce cortège, Benjamin Bellaire et Michel Teheux planchaient dessus depuis des mois. Lançant régulièrement un appel pour que des bénévoles, des groupements les rejoignent.
L'idée défendue par les deux concepteurs ? Plusieurs saynètes développées par des groupes soutenus par une bande son, quatre scènes disséminées sur le parcours sur lesquelles présenter les mêmes spectacles. Et en ce samedi 15 août en tout début d'après-midi, alors que les nuages avaient fait place au soleil, le cortège démarrait depuis la place Saint-Denis… avec la fanfare de Gives qui, tambour battant, lançait l'histoire de la ville, revisitée par Benjamin Bellaire et Michel Teheux présents au pied de la première scène pour ne rien rater. "Au moins, la bande-son, ça donne bien", soufflait l'abbé Teheux qui croisait les doigts pour que tout se déroule au mieux. La musique, originale, était l'œuvre du Hutois Louis Comblin. Et il n'y a pas à dire mais elle accompagnait à merveille chacun des groupes, chacune des saynètes.
La vallée, l'eau, le ciel, le vent
Alors qu'un taxi déposait sur le premier podium les comédiens qui allaient faire le lien entre les différents tableaux, des nuages s'élevaient de la scène. Des nuages pour faire naître cet endroit où la vallée, l'eau, le ciel, le vent allaient créer la vie.
Des fillettes dansant avec des arceaux et des serpents bleu et blanc, des mouettes-parachutes étonnantes, un dragon que Saint-Domitien a vaincu : chaque tableau racontait une époque de la cité mosane, soutenue par une bande son tantôt musicale, tantôt confiée à la voix de deux comédiens, Elsa Houben et Jean-Michel Balthazar. Chevaux et acrobates, cracheurs et jongleurs de feu : les tableaux se succèdent. Ponctués par des bulles de savon, des étincelles, des fumigènes, des confettis.
Sur un air de swing
En nouvelle séquence, la période industrielle florissante à Huy avec les papeteries. Mais aussi les vieilles automobiles (dont une Chrysler de 1924) qui défilent autour des podiums. Huy, c'est aussi la ville du cyclisme et les deux metteurs en scène n'ont pas manqué de le rappeler, tout comme ces deux acrobates qui démontraient leur prouesse au guidon de leur bécane. Huy, c'est aussi les deux guerres, "les deux taches noires dans l'histoire contemporaine". Mais avec les soldats US en sauveurs et ces chanteuses de swing très années 40 ou encore ces danseuses de twirling.
"Elle s'appelle Marie de Nazareth." Et parce que ce cortège est avant tout celui de la Vierge Marie, une partie religieuse a suivi. Partie dans laquelle l'abbé Michel Teheux a lui-même pris place aux côtés des autres prêtres des paroisses hutoises (qui avaient sorti leurs drapeaux) mais aussi, notamment, l'évêque de Liège Jean-Pierre Delville et le cardinal Jozef De Kesel. Plus sobre, ce dernier volet du cortège était accompagné par la voix, somptueuse, de la cantatrice Françoise Viatour.
Face à la critique des éditions précédentes, ce cortège des Septennales a relevé haut la main le niveau. Les spectateurs (ils étaient aux alentours de 5000), qui n'hésitaient pas à applaudir chaque groupe, ont apprécié. Et c'est tant mieux.
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