Un duo a repris l'entreprise Gofrino, à Waremme : "Garder le personnel, assurer la qualité des produits et développer les ventes"
Dans deux ans, Gofrino (anciennement Gaufres Geurts) fêtera ses 100 ans. Mais depuis deux mois, l'histoire de cette PME s'écrit avec deux nouveaux directeurs à sa tête. Et Domitien Destrée et Adrien Swennen, deux amis de longue date, ont mis deux ans à trouver LA société à racheter, celle qui cocherait toutes leurs cases. "On a eu plusieurs projets ensemble avant ça, mais ils ne se sont pas réalisés. Par contre, on savait qu'on est complémentaires et on avait l'envie d'entreprendre, en particulier dans l'agroalimentaire."
Alors, ils ont prospecté tous azimuts. Puis leur envie s'est précisée. "On voulait faire quelque chose dans le sucré parce que ça nous rappelle notre enfance, sourit Adrien Swennen. La gaufre de Liège, c'est un peu une madeleine de Proust, pour nous."

Ni le personnel ni l'infrastructure n'ont changé
Les deux amis ont convaincu les précédents patrons, des Français, de leur confier les rênes de l'entreprise waremmienne. Ils ont débarqué à sa tête début mai 2026. Les installations ont été conservées telles quelles, le personnel aussi. Essentiellement des fidèles "qui croient au projet et qui ont de l'expérience, du savoir-faire et une bonne attitude". Marylène est la plus ancienne ouvrière, elle travaille là depuis 1991, "elle connaît les fers par cœur, sait précisément comment poser les pâtons dessus". Françoise et Olivier (qui a commencé comme étudiant) sont mère et fils et travaillent là comme employés depuis des années. Il y a aussi six autres ouvriers et une personne qui aide à la comptabilité.
Et, évidemment, l'intention de sortir rapidement de la PRJ "tout en gardant la qualité et même en l'améliorant", résument les deux patrons, qui ont osé prendre des risques, en abandonnant leurs jobs de salariés, en investissant des sommes importantes et en désinvestissant parfois leur vie familiale pour réaliser leur rêve commun. "En tout, le processus de recherche d'une entreprise a pris deux ans. C'est deux ans au cours desquels on a eu le temps de se poser toutes les questions, mais les réponses ont toujours été les mêmes, on savait que c'était ce qu'on voulait faire."

Un produit encore très artisanal
L'objectif de Domitien Destrée et Adrien Swennen est d'augmenter la production de leur petite usine et de réengager du personnel "petit à petit".
À l'atelier, la production commence à 4 h du matin et se termine aux alentours de 15 h. En tout, on peut fabriquer là 15 000 gaufres par jour. Il y a d'abord la préparation de la pâte (à façon, en fonction du client pour lequel on produit à l'instant T), la transformation en pâtons, le passage en chambre de pousse ou directement en surgélation pour certains pâtons qui seront cuits par les clients eux-mêmes.
Il y a ensuite la cuisson (par quatre gaufres, dans 25 fers qui tournent dans un four au gaz), le placement sur des grilles de refroidissement puis le passage en "chambre de choc" pour stopper la cuisson, pouvoir conditionner plus facilement les gaufres et, surtout, "garder le moelleux de la gaufre".
Il y a enfin le conditionnement, donc, dans des boîtes en carton de 48 gaufres. C'est là que se fait le tri, aussi. Et tout ça avec encore énormément d'étapes à la main, du début à la fin, pour un produit artisanal qui fait la fierté du duo d'entrepreneurs. "On n'a jamais deux mêmes gaufres quand elles sortent des fers."
D'ailleurs, les gaufres "ratées", celles qui se sont déchirées à la cuisson ou qui ont brûlé à un coin par exemple, sont écartées de la ligne de production et données à l'ASBL Hesbicoeur, qui vient en récupérer chaque semaine avant de les redistribuer aux plus démunis de la région.

À terme, ils veulent exporter jusqu'au Canada
Chaque gaufre porte donc la patte du client qui l'a commandée : avec plus ou moins de beurre, avec ou sans chocolat, avec ou sans huile de palme (RSPO de toute façon, c'est-à-dire produite sans déforestation majeure, en respectant la biodiversité et les droits des travailleurs)… Mais toutes ont un point commun : le sucre perlé, typiquement belge. Les matières premières utilisées viennent d'ailleurs essentiellement de chez nous "et tous nos fournisseurs sont belges. Avant, l'entreprise utilisait du beurre de la région de Nantes. Quand on est arrivés, une des premières choses qu'on a faites, c'est de changer ça pour travailler avec du beurre belge", explique Adrien Swennen.
Les deux entrepreneurs veulent, à terme, "aller plus à l'export" avec leurs gaufres, déjà distribuées en France, aux Pays-Bas, en Irlande, en Suède ou en Espagne. À moyen terme, Gofrino, soutenue par l'AWEX (l'Agence wallonne à l'exportation), voudrait s'étendre en Espagne et débarquer en Italie. À plus long terme, la société waremmienne se verrait bien aussi sur le marché canadien. "Le sucre perlé, c'est une spécificité qui fait vraiment LA gaufre de Liège et qui est un avantage pour nous à l'étranger, plus qu'en Belgique où il est très connu."

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