Un duel dans les annales : retour en chiffres sur la rencontre la plus tardive de l'US Open entre Ben Shelton et Carlos Alcaraz
New York, la ville qui ne dort jamais. Le surnom n'a jamais aussi bien porté son nom que ce mercredi, lorsque Ben Shelton (ATP 9) a ponctué au bout de la nuit son quart de finale face à Carlos Alcaraz (ATP 3). Au terme d'un véritable thriller de 4 h 28, l'Américain a fait tomber l'Espagnol, pourtant l'un des grands favoris du tournoi : 6-7 (5/7), 6-1, 6-3, 1-6, 7-6 (10/7). Une performance que l'on vous traduit en quelques chiffres et premières marquantes.
3 h 33, l'heure du verdict
C'est à cette heure du matin que Ben Shelton a envoyé le service gagnant synonyme de victoire, à une vitesse de 235 km/h. Une belle façon de conclure un super tie-break final irrespirable. Il s'agit du match le plus tardif jamais disputé à l'US Open.

Le quart de finale précédent avait lui aussi dépassé les quatre heures et demie, Frances Tiafoe (ATP 12) venant à bout d'Alex Michelsen (ATP 46) au super tie-break, là encore. Deux marathons qui interviennent alors que le patron de l'Australian Open, Andrew Abdo, s'est prononcé mardi en faveur d'une réflexion sur le format des rencontres.
"Peut-être qu'à l'avenir, les tournois du Grand Chelem adopteront des formats différents selon les tours ou la durée des matchs. On ne jouera peut-être plus systématiquement en cinq sets, ou le système de comptage des points pourrait évoluer", a-t-il déclaré, estimant que le tennis devait être capable de se renouveler sans perdre "l'essence de ce qui rend ce sport vraiment spécial".
Tremblement de terre à l'US Open : le tenant du titre Carlos Alcaraz éliminé dès les quarts de finaleLe premier top 3 pour Shelton
À 23 ans, Shelton a franchi un cap majeur. Le natif d'Atlanta a remporté la première victoire de sa carrière contre un joueur du top 3. Jusqu'ici, il avait perdu ses 17 premiers duels, ne parvenant à prendre qu'un seul petit set face à ce cercle restreint.
Il devient également le premier Américain à battre Alcaraz en Grand Chelem, après quatorze tentatives infructueuses. Une performance d'autant plus remarquable que le Murcien restait sur trois titres majeurs lors de ses quatre derniers Grands Chelems et affichait un bilan de 31 victoires pour une seule défaite dans ces tournois depuis Roland-Garros 2025.
"Je suis fatigué. Ça a été une bataille, un match épique, vraiment éprouvant, a expliqué le fils de Bryan. Carlos est déjà l'un des plus grands champions de notre sport, à seulement 23 ans. C'est toujours amusant de jouer contre lui. C'est incroyable de voir ce qu'il est parfois capable de sortir de sa raquette. C'est certainement le plus beau match que j'ai jamais joué dans ma carrière."
Alcaraz concède son deuxième revers en cinq sets
Pour Carlos Alcaraz, cette défaite constitue une rareté. Sur ses 16 matchs disputés jusque-là en cinq sets, le troisième mondial n'avait été battu qu'une seule fois, face à Matteo Berrettini au troisième tour de l'Australian Open. Son bilan passe donc à quinze victoires pour deux défaites, soit 88,2 % de succès.
Mais le joueur ne s'arrêtera sans doute pas à cette statistique. Pour son retour à la compétition après quatre mois et demi d'absence en raison d'une blessure au poignet droit, l'essentiel est ailleurs.
"Comme je l'ai dit avant le début du tournoi, mon objectif était de venir ici, de concourir et de disputer ce type de matchs en étant en bonne santé. J'ai été proche, très proche. C'est pourquoi je ne vais pas me sentir déçu. Je suis simplement heureux et fier de moi, de la façon dont j'ai lutté tout au long de la partie."
Alcaraz reconnaissait avoir éprouvé quelques difficultés physiques. "Après le troisième set, j'étais vraiment fatigué, mais j'ai trouvé le moyen de me ressaisir et de continuer à me pousser." Jusqu'à finalement tomber sur un Shelton qu'il qualifiait de "bête", capable de jouer "vraiment bien dans toutes les situations".
Carlos Alcaraz défait mais heureux à l'US Open: "Je pars avec un sourire et en étant en bonne santé" (vidéo)Un Américain en finale
C'était l'une des grandes questions avant la compétition : les États-Unis, qui comptaient six représentants parmi les têtes de série, vont-ils enfin mettre un terme à 23 ans de disette en simple messieurs ? Le dernier sacre américain à New York remonte à 2003, avec Andy Roddick.
La moitié du chemin est désormais parcourue. Shelton ou Tiafoe disputera forcément la finale vendredi. Les deux hommes se connaissent bien et ont partagé leurs deux confrontations précédentes à l'US Open, en 2023 et 2024. Shelton mène 3-1 dans leurs duels.
Reste à savoir dans quel état physique ce dernier abordera la demi-finale après avoir passé plus de quatre heures et demie sur le court au cœur de la nuit. "Deux jours de repos, oui, je pense que ça devrait aller", a souri Shelton.
US Open : 23 ans après le titre d'Andy Roddick, les joueurs américains parviendront-ils à vaincre le signe indien ?Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.