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Un drôle de Manifeste percutant pour l’écologie politique

Alessandro Pignocchi publie chez Steinkis un Manifeste pour une écologie politique, premier titre de la collection Lignes d’action. En 62 pages, l’auteur mêle humour, arbre de décision et réflexion sur les voies d’une sortie du productivisme.

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Par Daniel Muraz Publié: 10 Octobre 2026 à 07h31

Temps de lecture: 2 min

L’écologie, thème de débat pour la présidentielle 2027 ? On semble en être loin, actuellement. Pourtant, le sujet devrait s’imposer et il y a pourtant beaucoup à en dire. C’est ce que se propose d’argumenter Alessandro Pignocchi avec son Manifeste pour une écologie politique, l’un des deux premiers petits livres de la collection Lignes d’action des éditions Steinkis.

Par ailleurs chercheur en sciences cognitives et ne cachant pas son engagement écologiste, il affirme une approche « un peu bourrin », mais qui est en fait plutôt pleine d’humour, complexe et originale, basée sur un arbre de décision. Très souvent, le lecteur se voit donc proposer de confirmer (ou non) sa sensibilité écologique et de suivre, ensuite, par élimination, le trajet en cohérence, comme dans les « livres dont vous êtes le héros » qui firent florès voilà quelques années.

Une vraie-fausse astuce narrative et ludique qui se double de l’apparition ponctuelle de François Mitterrand (pour apporter la contradiction à l’auteur qui, en retour, ne le ménage pas) mais aussi d’une mésange à longue queue (« animal notoirement social-démocrate et moralisateur », là pour le rappeler à l’ordre) ou d’une outarde canepetière, future présidente de la République (et « emblème totémique des luttes contre les mégabassines et l’agro-industrie »)

Derrière l’approche d’apparence loufoque, ce sont des questions très sérieuses qui sont abordées ici par Alessandro Pignocchi. Notamment celle, centrale, des possibilités de changer d’orientation et de sortir d’un système productiviste néolibéral de plus en plus inégalitaire et aux tendances désormais ouvertement fascisantes dans certains pays. Il revient pour cela sur la rupture à gauche en 1983, sur l’expérience d’Allende au Chili, sur l’échec d’Alexis Tsipras en Grèce, mais aussi sur l’expérience des ZAD, sur l’importance de « tisser des réseaux d’attachements denses – matériels et affectifs » et les liens luttes de terrain et gauche de rupture institutionnelle.

Le tout en une petite soixantaine de pages, d’une grande densité, mais éclairées par les magnifiques aquarelles d’Alessandro Pignocchi. Radicalement drôle et très stimulant aussi.

Manifeste d’écologie politique, Alessandro Pignocchi. Editions Steinkis, collection Lignes d’action, 62 pages, 7,85 euros. (parution 8 octobre 2026)
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