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Un club, un maillot, un abonné : "Après Bordeaux, une victoire contre Vannes et on vivra la saison plus tranquillement que l’an dernier", soupire ce fidèle de l’USAP

"Un club, un maillot, un abonné", c’est la nouvelle rubrique de "L’Indépendant" qui donnera la parole aux fidèles du club sang et or. Ils livreront leur éclairage sur les matches de l’USAP. Jean Pla, de Tautavel, ancien joueur, coach et dirigeant dans toutes les catégories possibles à l’USAP, inaugure la rubrique.

"On respire un peu mieux"… Jean Pla, 72 ans, est sans doute l’un des plus anciens abonnés à l’USAP ! Ancien joueur du club, il a sa carte à Aimé-Giral à jour depuis… 1971. Bien sûr, ce samedi, il n’a rien manqué du match contre Bordeaux. "Tout le monde s’est régalé. L’an dernier, on partait du stade en faisant la tête. Là, on va venir faire la fête. Il nous tarde même le prochain match contre Vannes".

Depuis 1998, c’est avec Brigitte, sa femme, qu’il va au stade. "Avec le temps, on a fini par choisir de belles places dans la tribune Vaquer : on n’a pas la pluie, on est à l’abri du marin et de la tramontane. De vraies places de vieux", s’amusait-il.

Comme d’habitude, face à Bordeaux, c’est avec une passion parfois trop débordante, selon lui, qu’il a vécu cette rencontre. "Quand ils perdent, ça se ressent très vite", avouait-il auprès de L’Indépendant. Autant dire que les deux dernières saisons, avec 28 % de victoires seulement, ont affecté cet habitant de Tautavel. "Depuis quelques saisons, c’était une douleur d’être supporter de l’USAP".

Le début de saison de son équipe fétiche a ainsi de quoi le rassurer mais, même après l’éclatante victoire contre Bordeaux (38-25), il refusait de s’emballer. "Non, non, on ne s’enflamme pas, il y a trop d’aléas dans une saison et on a encore eu des blessés. Mais ça, c’est une belle victoire quand même". "Après ces 4 points contre Bordeaux, faut prendre 4 points contre Vannes et on vivra la suite un peu plus tranquillement".

Une certitude pour Jean, il ne veut plus "revivre une saison comme la dernière". "Ça marque un supporter, une saison comme ça", reconnaît-il gardant en mémoire la première victoire survenue après 12 journées.

La 2CV freinée par la tramontane

Depuis 1971, il a tout connu avec l’USAP. Ses premiers souvenirs remontent à ses cinq ans. "Mon plus vieux souvenir de l’USAP c’était en 1959. Mes parents tenaient un café à Tautavel et, le dimanche, c’est un voisin qui m’emmenait au stade. À l’époque, il fallait prendre de la vitesse dans la descente de Cases-de-Pène pour que la 2CV ne soit pas trop freinée par la tramontane à la sortie du village".

D’aussi loin qu’il se souvienne, Jean Pla a toujours été supporter de l’USAP. "Comment ne pas l’être quand on a pour voisin un président de l’USAP, le Dr Parès ? Les joueurs venaient chez lui et passaient au café". C’était l’époque glorieuse des Sanac, Roucariès, Gauby, etc. La fameuse équipe du doublé de 1955 que Jean Pla, trop minot, n’a pas connu.

J’ai toujours rêvé de jouer à l’USAP

"J’ai toujours rêvé de jouer à l’USAP", expliquait encore le fidèle abonné du club. "J’ai commencé en cadets" avec la génération de Marc Brazès, qui allait devenir président du club quelques années plus tard. "À l’époque, quand on gagnait le championnat du Roussillon, on était presque champions de France". Et pour cause, il fallait alors ferrailler contre l’US Torreilles des frères Goze et de Roland Génis mais aussi comme l’AS Bages des frères Imbernon. Tout sauf des parties de plaisir.

Tous allaient se retrouver à l’USAP dans les années 70 marquées par une finale perdue au Parc des Princes face à Béziers. Jean Pla n’en était pas, lui qui naviguait alors entre la réserve et la première.

De cette époque, Jean Pla a gardé une exigence pour son USAP : "Il faut que le maillot soit mouillé à la sortie du terrain". Mais attention, celui qui a ensuite endossé, pendant des décennies, les rôles d’éducateurs, entraîneurs et dirigeants à l’USAP, n’a pas pour habitude de vivre dans le passé. "Il ne faut pas vivre en vase clos mais si on n’a pas le souvenir de notre passé, alors, il n’y a pas d’avenir pour le club".

Un avenir que les abonnés voient de plus en plus rose après le beau début de saison de leur équipe de cœur.