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Un arc de triomphe à usage militaire : l’annonce de Trump interroge

Jusqu’à récemment, Donald Trump présentait son projet d’arc de triomphe “comme une attraction touristique”, rappelle The Washington Post. Quand il ne laissait pas entendre qu’il s’agissait surtout d’un “hommage à [son propre] ego”, écrit une plume du New York Magazine : à un journaliste qui lui demandait pour qui ce monument serait bâti à Washington, il avait répondu “moi”.

Or, dimanche 20 septembre, le locataire de la Maison-Blanche a dévoilé une nouvelle fonction pour cet arc de triomphe : il doit désormais accueillir des drones, des tireurs d’élite et des munitions, “à la demande pressante de l’armée des États-Unis”. Et alors qu’un recours judiciaire est encore à l’étude, le ministre de l’Intérieur, Doug Burgum, a annoncé de son côté le début imminent des travaux d’excavation nécessaires pour édifier “le grand arc de triomphe et poste d’observation militaire”.

“Face à cela, l’explication la plus évidente, poursuit le New York Magazine, c’est que Trump tente de transposer sa justification douteuse de la salle de bal à d’autres caprices personnels.” Le président, qui était aussi confronté à des obstacles juridiques pour construire sa grande salle de bal à la Maison-Blanche, a en effet annoncé en début d’année qu’elle abriterait un complexe militaire.

Faut-il craindre un dessein plus “sinistre” à cette accumulation de sites militaires dans la capitale fédérale ? Le magazine se borne à poser la question.

Légalité et sécurité

Ce qui est sûr, c’est que cette nouvelle fonction de l’arc de triomphe “suscite des interrogations supplémentaires en matière de légalité et de sécurité”, souligne le Washington Post.

Des experts de l’aviation s’inquiètent des risques que les drones annoncés par Trump pourraient faire peser, à proximité de l’aéroport national Ronald-Reagan. D’autres s’interrogent sur l’idée de “stocker des munitions au milieu d’un rond-point [Memorial Circle, le site choisi] à la circulation dense”, et ils se demandent “si les touristes pourront toujours visiter l’arc de triomphe, comme c’était prévu auparavant”.

En outre, le projet est très critiqué par des défenseurs du patrimoine et par d’anciens combattants qui s’indignent de sa proximité avec le cimetière militaire national d’Arlington. D’après eux, les cérémonies et le recueillement des familles pourraient s’en trouver perturbés.

La Maison-Blanche avait assuré qu’elle attendrait les autorisations nécessaires pour commencer les travaux, rappelle le Washington Post. “Trump a cependant poussé ses subordonnés à accélérer la construction de l’arc de triomphe et d’autres projets, en particulier à la suite du jugement de la Cour suprême, le 31 août, qui l’a autorisé à poursuivre la construction de sa salle de bal”, selon deux sources anonymes du journal.