Un anniversaire fêté dignement: 14 records pour une superbe 50e édition du Mémorial Ivo Van Damme
On ne sait par où commencer tant cette 50e édition du Mémorial Ivo Van Damme fut celle des records du… meeting. 14, au total des deux soirées, finale de la Diamond League oblige. Entamons cette revue par un nom, pas facile à prononcer, mais à retenir : Kebinatshipi. À 22 ans, le Botswanais est le nouveau roi du 400 m.
Sacré champion du monde l'an dernier, à Tokyo, il a signé un tour de piste mémorable vendredi soir, à Bruxelles, signant un chrono de 43.40, soit la sixième performance de tous les temps, à égalité avec l'Américain Hall. Collen Kebinatshipi a ainsi logiquement effacé le nom d'un autre Américain, Cherry (44.03, en 2021), des tablettes des records du meeting. Avec Letsile Tebogo, champion olympique du 200 m à Paris, il a placé le Botswana, pays de 2,5 millions d'habitants, sur la carte mondiale de l'athlétisme. Un petit miracle.
"Enfant, je pratiquais beaucoup de sports d'équipe comme le football et le volley-ball… Mais, à 17 ans, j'ai été repéré lors d'un match de foot par un entraîneur d'athlétisme, Chilume Ntshwarang. C'est lui qui m'a convaincu de me lancer dans l'athlétisme."
Karalis efface Duplantis
La soirée de vendredi avait pourtant mal commencé avec le forfait d'Armand Duplantis, juste avant le début du concours de la perche. Tracassé par une gêne à la cuisse depuis juillet, à Londres, le Suédois n'a pas voulu prendre de risque. Et son nouveau dauphin, le Grec Emmanouil Karalis en a profité pour lui chiper le record du meeting en franchissant 6,12 m à son troisième essai. Karalis s'en tint là, invoquant la fraîcheur d'une soirée déjà automnale. Logique.
D'autres continuèrent à illuminer cette 50e édition. Sur 800 m, le Kenyan Emmanuel Wanyonyi a battu le record du meeting, propriété du Danois Kipketer (1:42.20, en 1997), en 1:41.80. Côté féminin, la Suissesse Audrey Werro a, elle, couru en 1:54.75, résultat d'un formidable duel avec la Néerlandaise Femke Broeders-Bol. Les deux athlètes ont été plus rapides que la Kenyane Chelimo qui avait bouclé la distance en 1:55.16, en 2008.
Autre star en devenir, le Brésilien Alison dos Santos a effacé des tablettes l'un des plus vieux records du Mémorial, celui du 400 m haies, couvrant la distance en 46.70, loin devant le chrono de l'Américain Phillips (47.51), datant du 5 septembre 1986 !
Toujours sur les haies, l'Américaine Masai Russell l'a emporté en 12.20, soit sept centièmes de mieux que la Portoricaine Camacho (12.27, en 2022). Et ce n'est pas tout…
Le poids dans l'histoire
Cette 50e édition est entrée dans l'histoire avec deux performances au poids, celle du Jamaïcain Rajindra Campbell (23,08 m), mieux que l'Italien Fabbri (22,98 m, en 2024), et de l'Américaine Chase Jackson (21,14 m), mieux… qu'elle-même (20,90 m, en 2025). Ce n'est que la deuxième fois de tous les temps que ces concours du poids se gagnent au-delà des 23 m et des 21 m lors du même meeting.

Parmi les autres records, citons encore ceux de l'Italien Andy Hernandez au triple saut (17,74 m, pour 17,66 m à l'Américain Taylor, en 2019), de la Dominicaine Marileidy Paulino sur 400 m (48.64, pour 48.83 à l'Américaine Richards, en 2009), de la surprenante Polonaise Klaudia Kazimierska sur 1 500 m (3:54.05, pour 3:54.75 à la Kenyane Kipyegon, en 2024), de la Kenyane Faith Cherotich sur 3 000 m steeple (8:51.61, pour 8 ; 55.10 à sa compatriote Chepkoech, en 2018), du Slovène Kristjan Ceh au disque (71,29 m, pour 69,96 m à l'Australien Denny, en 2024).
Et, last but not least, la Chinoise de 18 ans Yan Ziyi a remporté le javelot avec 68,42 m, pour 68,11 m à l'Américaine Winger, en 2022. Ouf, le compte est bon !
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.