Un an après avoir réuni 2 500 personnes en 2026, le Canon français annonce un nouveau banquet à Agen : l'événement continue de diviser sur sa dimension politique
l'essentiel Le Canon français avait organisé un grand banquet en mars 2026 à Agen, rassemblant quelque 2 500 participants. L'organisation est de retour pour une nouvelle fête, prévue en mars 2027. Bien que l'événement se présente comme apolitique, axé sur la valorisation des traditions et du terroir, certains l'accusent de véhiculer une idéologie d'extrême droite.
Certains diront que c'est un hasard de calendrier. D'autres déploreront que l'événement se tient un petit mois avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2027. Chacun est libre de faire sa propre interprétation. En tout cas, le fait est que le Canon français annonce son retour en Lot-et-Garonne. Après une première édition en 2026, un second banquet investira à nouveau le parc des expositions le samedi 20 mars prochain.
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Ce n'est pas tellement une surprise. Lors de leur venue en mars dernier, à la fin du repas, les organisateurs avaient scandé : "Vous avez été extraordinaires, Agen. Le Canon français reviendra en terre agenaise dans moins d’un an : rendez-vous en janvier 2027, les amis !" Petit couac de calendrier, visiblement. Mais l'intention y était.
Un franc succès à travers l'Hexagone
Pour les non-initiés, le principe du Canon français est le suivant : de longues tablées continues, des produits locaux, du vin, de la chanson française… et surtout un franc esprit de camaraderie. L'aventure démarre en 2021, à l'initiative de Géraud de la Tour et Pierre-Alexandre de Boisse. Les deux copains organisent un repas pour soutenir un vigneron de Touraine. Le succès est immédiat. Pourquoi ne pas organiser des événements similaires ailleurs en France ? Aux quatre coins de l'Hexagone, la popularité semble rester la même. Y compris à Agen. En 2026, quelque 2 500 "canonniers" avaient participé au grand banquet.
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Néanmoins, derrière la vitrine festive et l'ôde aux traditions, le Canon français peut aussi faire grincer des dents. La raison ? En 2024, le milliardaire d'extrême droite Pierre-Édouard Stérin a investi dans la société appartenant aux deux trentenaires. Son projet Périclès - Patriotes enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes - ambitionne d'assurer une victoire idéologique et politique à une alliance entre l’extrême droite et la droite libérale conservatrice en France.
"Aucun lien avec la politique"
Dans le collimateur des critiques, le Canon français est régulièrement soupçonné d'imprimer la marque idéologique de Périclès, sous couvert de célébrer la "culture française". L'année dernière, dans nos colonnes, les gérants assuraient n'avoir aucun lien avec le milliardaire ultra-conservateur. "On n’a jamais eu de contact avec lui, affirmait Géraud de la Tour, co-fondateur du Canon français. On a simplement traité avec sa société d’investissement Odysée Impact. Ce n’est qu’une histoire de capital. Aucun lien avec la politique. Les patrons du Canon, c’est Pierre-Alexandre [de Boisse, co-fondateur, n.d.l.r.] et moi."
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Au-delà des batailles d'influence, ce sont aussi les comportements de certains convives qui entachent la réputation de ces banquets. La polémique avait été vive, notamment du côté de Caen, en avril 2026. Certaines images captées pendant l'événement faisaient état de gestes s'apparentant à des saluts nazis. Des habitants avaient confié avoir entendu des canonniers lancer, entre autres, des remarques racistes à la sortie du repas.
"Ne pas imposer ses idées politiques"
Pourtant, sur le papier, la direction se veut ferme. Avant de s'acquitter des 80 euros nécessaires pour réserver une place, chaque acheteur est censé "lire impérativement" la "charte des canonniers". "Ne pas imposer ses idées politiques ou encore ses remarques grivoises aux autres canonniers", peut-on lire sur la première page. À noter que "tout contrevenant à cette charte pourra être exclu ou pourra se voir interdire l'accès" au banquet.
À Agen, en 2026, aucun débordement de ce genre n'avait été signalé. L'annonce du retour dans la ville préfecture du Lot-et-Garonne semble avoir été plutôt bien accueillie en ligne. En témoignent les 15 000 "j'aime" sur la publication Instagram du Canon français, qui rappellent l'engouement intact chez les fidèles.