taraskuzio.com

Un adolescent de 17 ans meurt après un refus d’obtempérer à Toulouse : après les résultats de l’autopsie, l'enquête conserve ses zones d'ombre

l'essentiel Les résultats de l’autopsie font état de lésions cardio-pulmonaires. Les enquêteurs disposent de vidéos confirmant une grande partie de la course-poursuite, mais pas ses dernières secondes. La famille, par la voix de son avocat Me Joris Morer, réclame que toute la lumière soit faite.

L’autopsie pratiquée après la mort de l’adolescent de 17 ans décédé vendredi soir à Toulouse a livré de premiers éléments médicaux. Elle a mis en évidence des lésions cardio-pulmonaires. Des constatations importantes, mais qui ne suffisent pas encore à expliquer précisément l’enchaînement ayant conduit à la mort du jeune homme, après plusieurs minutes de fuite à scooter dans les rues de Toulouse.

À ce stade, les investigations ne viennent pas contredire la version livrée par les policiers sur le déroulement de la course-poursuite. L’exploitation des images de vidéosurveillance disponibles confirme plusieurs des séquences consignées dans les procès-verbaux : franchissements de feux rouges, circulation à contresens, passages sur des trottoirs ou encore manœuvres dangereuses au milieu de la circulation.

À lire aussi : Un adolescent de 17 ans refuse d'obtempérer à Toulouse : il décède quelques heures plus tard à l'hôpital

Selon plusieurs sources proches du dossier, l’adolescent aurait pris "des risques insensés" au cours de sa fuite. Les policiers avaient décidé de procéder à son contrôle après l’avoir soupçonné d’avoir participé, quelques instants plus tôt, à une possible transaction de produits stupéfiants. Vers 1 h 15, avenue de Lombez, dans le quartier Saint-Cyprien, le conducteur du scooter de 50 cm3 refuse de s’arrêter.

La poursuite se prolonge alors pendant une quinzaine de minutes. Dans une impasse, le jeune homme aurait également percuté l’aile d’un véhicule de police en tentant d’en ressortir. La séquence décisive se joue quelques minutes plus tard, chemin des Courses. C’est aussi l’une des premières zones d’ombre du dossier : contrairement à une partie du parcours, cette phase finale n’a pas été enregistrée par les caméras de vidéosurveillance exploitées jusqu’ici.

Une opération dans la nuit

Selon les premiers éléments de l’enquête, le scooter aurait d’abord heurté un véhicule de police à l’arrêt avant de percuter un potelet. C’est à cet endroit, peu après 1 h 30, que prend fin la fuite.

L’adolescent, qui portait un casque, est alors conscient. Au moment de son interpellation, il se montre agité et tente de donner des coups de pied aux policiers. Pris en charge par les secours, le jeune homme se plaint de douleurs, sans que son pronostic vital soit initialement engagé. Il est transporté à l'hôpital afin d’y subir des examens. Son état se dégrade cependant au cours de la nuit.

D’après nos informations, il est opéré et son évolution apparaît alors suffisamment favorable pour que les médecins envisagent qu’il puisse s’en sortir. Un transfert vers un autre établissement hospitalier est également prévu dans le cadre de sa prise en charge. Mais son état se détériore ensuite. L’adolescent meurt finalement vendredi soir.

Deux enquêtes ouvertes

Deux procédures judiciaires distinctes ont été ouvertes par le parquet de Toulouse et confiées à la division de la criminalité territoriale (DCT). La première porte sur la recherche des causes de la mort. Elle devra notamment déterminer l’origine exacte des lésions constatées et leur lien éventuel avec l’accident. La seconde concerne le refus d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui ainsi que des violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique.

La famille du jeune homme, mineur étranger isolé et sans antécédent judiciaire connu, entend de son côté obtenir des réponses sur l’intégralité de cette nuit. Son avocat, Me Joris Morer, refuse que la dangerosité de la fuite suffise à refermer les interrogations sur les circonstances du décès. "Un refus d’obtempérer n’est pas un permis de tuer", rappelle-t-il.

Le conseil des proches demande que soient établies avec précision les circonstances du choc, celles de l’interpellation mais aussi la chronologie de la prise en charge médicale.