"Un acte de piraterie et de violation du droit international" : la Russie condamne la saisie par la France d’un pétrolier suspect
La marine française a arraisonné le pétrolier DF Peak ce lundi 12 octobre 2026, au sud de La Réunion. Le navire, inscrit sur la liste des sanctions européennes, est soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe.
Un navire "suspecté de naviguer sous un faux pavillon", et "impliqué" dans un trafic "de transport de carburants", a été arraisonné ce lundi 12 octobre par la marine française au "sud de la Réunion", ont annoncé Emmanuel Macron et la préfecture de la Réunion. Néanmoins ce mardi, l’ambassade de Russie à Paris a condamné la saisie par la France du navire, la qualifiant "d’acte de piraterie et de violation du droit international".
"Ce matin, à plus de 450 nautiques au sud de La Réunion, notre Marine nationale a arraisonné le pétrolier DF Peak", a annoncé le chef de l’État sur X, montrant de brèves images d’une intervention, et assurant que "la France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme".
La France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme, partout dans le monde. Ce matin, à plus de 450 nautiques au sud de La Réunion, notre Marine nationale a arraisonné le pétrolier DF Peak, suspecté de naviguer sous un faux pavillon et impliqué dans des activités illicites de transport de carburants. Cette action, conduite conformément au droit international de la mer, témoigne de notre détermination à faire respecter le droit et à lutter contre tous les trafics illicites, où qu’ils se produisent.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) October 12, 2026
Cette opération, "menée sur la base de l’article 110 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", visait "à vérifier la nationalité de ce navire", a précisé la préfecture de La Réunion dans un communiqué. Battant pavillon béninois, le DF Peak est un pétrolier figurant sur la liste de l’Union européenne des navires placés sous sanctions, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe depuis le 25 juin 2024 alors qu’il s’appelait Kaliningrad.
700 navires inscrits sur la liste des sanctions européennes
"L’examen des documents par l’équipe de visite après sa montée à bord a confirmé les doutes quant à l’irrégularité du pavillon arboré", a pour sa part indiqué sur X l’état-major des armées françaises. "Un signalement a alors été fait à la procureure de la République de Saint-Denis, compétente au titre du tribunal maritime", a complété la préfecture.
"Conformément au droit international et sur demande de la procureure", le navire a été dérouté et "est actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage au large de La Réunion pour la poursuite des vérifications", a-t-elle ajouté lundi soir. L’équipage du pétrolier était composé de 21 marins de plusieurs nationalités.
Plus de 700 navires sont actuellement inscrits sur la liste des sanctions européennes. Les navires soupçonnés de servir à la Russie pour exporter ses hydrocarbures malgré les sanctions américaines, britanniques ou européennes, changent parfois de nom ou de pavillon pour déjouer les contrôles.