Ukraine, Iran : comment la pénurie d’intercepteurs de missiles à longue portée pourrait modifier les visages de ces conflits - RTBF Actus
Une analyse corroborée par Yannick Quéaux, le directeur GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité). Il s’appuie sur un récent rapport du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS, un think tank américain). Selon ce rapport publié la semaine dernière, environ 65% des intercepteurs Patriot américains ont été utilisés entre février dernier et juillet, notamment. Selon Yannick Quéau, le stock des missiles de croisière Tomahawk connaîtrait aussi une forte baisse.
Leurs atouts, selon Yannick Quéau ? "Ces types des missiles ont une portée assez importante et sont capables d’échapper à la plupart des systèmes d’interception, du moins ceux que possèdent les Iraniens. On arrive à frapper avec précision les cibles voulues, sans avoir à exposer de vies américaines. Les avions américains pourraient aussi mener ces opérations, mais en exposant la vie des pilotes."
Leurs défauts ? Leur coût et les délais de production. Selon des analystes américains rejoints par le GRIP, leur coût unitaire s’élèverait à plus d’un million de dollars. Ce qui amène Yannick Quéau à s’interroger sur la capacité des Etats-Unis à faire face dans la durée au nombre de drones bon marché envoyés par l’Iran : "Si à chaque fois qu’on doit se défendre contre ce type d’agression, il faut envoyer un missile qui vaut plus d’un million, on est vite en difficulté. D’un point de vue financier, puis dans la capacité à les produire avec suffisamment de rapidité ". Car selon l’expert, " il faudra environ deux ans pour refaire le stock " si l’Etats-Unis ne compte que sur eux-mêmes. Ils pourraient négocier avec des pays alliés pour que ceux-ci rétrocèdent des missiles achetés aux USA.
Rétablir les stocks de missiles Patriot au stade d’avant la guerre ne se fera donc pas du jour au lendemain, souligne Yannick Quéaux du GRIP : " C’est un des avantages et un des pendants de la supériorité américaine, c’est qu’on parle de systèmes qui sont les plus efficaces, les plus avancés technologiquement et aussi les plus coûteux ".