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« Tu vas prendre un coup de nichon, c’est du bonnet G »  : elle se déchaîne sur 5 policiers à Saint-Quentin

Morsures, crachats, insultes et violences : une Saint-Quentinoise a donné du fil à retordre à cinq policiers intervenus pour un différend dans le quartier Europe. Jugée ce mercredi 14 octobre 2026, elle a pourtant montré un tout autre visage devant le tribunal.

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Les policiers ont fait face à un véritable déferlement de violence. Devant le tribunal, la prévenue s’est confondue en excuses.
Les policiers ont fait face à un véritable déferlement de violence. Devant le tribunal, la prévenue s’est confondue en excuses. - (Illustration)
Par Vincent Guille Publié: 14 Octobre 2026 à 20h15

Temps de lecture: 3 min

« Tu vas prendre un coup de nichon, c’est du bonnet G ! » La phrase pourrait prêter à sourire si les faits n’étaient pas aussi violents. Appelés pour un différend dans un appartement du quartier Europe de Saint-Quentin, les policiers vont faire face à un véritable déferlement de violence.

La femme insulte, mord, crache au visage des fonctionnaires et casse une paire de lunettes. Elle parvient même à saisir les parties génitales d’un policier en le traitant de « petite b*** ». Les cinq fonctionnaires présents peinent à la maîtriser. Face à sa résistance, ils finissent par utiliser un taser.

« Je l’explique par l’alcool et ma peur des policiers »

Outrages, rébellion et violences : les faits conduisent la prévenue devant le tribunal judiciaire de Saint-Quentin, ce mercredi 14 octobre, en comparution immédiate.

Mais à la barre, le contraste est saisissant. Calme, posée, la femme multiplie les excuses : « J’ai consommé de l’alcool. Je ne me souviens pas de la soirée, juste de quelques bribes. » Elle ne cherche pourtant pas à minimiser son comportement. « Le comportement que j’ai eu était plus que virulent. Je l’explique par l’alcool et ma peur des policiers. »

« Je ne vois pas l’intérêt qu’auraient les policiers à mentir »

Lorsque les magistrats lui relisent les insultes prononcées, elle reconnaît qu’elles pourraient parfaitement être les siennes. « Me connaissant, les insultes, c’est possible. Je ne vois pas l’intérêt qu’auraient les policiers à mentir. »

Son casier judiciaire comporte déjà plusieurs mentions, notamment pour des violences. En juin, elle avait d’ailleurs agressé un policier. C’est donc en récidive, avec un bracelet électronique à la cheville, qu’elle comparaît. La prison, elle la redoute. « Ce n’est pas ma place », affirme-t-elle.

Dix minutes pour convaincre

Puis, soudainement, la prévenue sort une feuille de sa poche. Elle a préparé son intervention. Pendant plus de dix minutes, elle revient sur son parcours judiciaire, ses difficultés avec l’alcool, sa prise de conscience et les démarches qu’elle souhaite entreprendre pour éviter de recommencer. Elle évoque également sa situation professionnelle. « Je suis insérée », insiste-t-elle.

Un long monologue qui semble porter ses fruits. Même le ministère public reconnaît être surpris par le contraste entre la femme décrite dans la procédure et celle qui se tient devant les magistrats. « On est tous saisis par le fossé entre les écrits des procès-verbaux et ce que l’on voit aujourd’hui, ce que l’on entend de madame, ce qu’elle nous explique avec beaucoup de recul. »

Le parquet ne minimise pas pour autant les violences. Il souligne cette agressivité qui ressurgit sous l’emprise de l’alcool et la nécessité d’une prise en charge. « Je ne pense pas que la place de madame soit en prison », estime-t-il, considérant qu’« un travail au long cours est nécessaire ».

Il requiert 14 mois de prison, dont quatre avec sursis probatoire pendant trois ans, assortis notamment d’obligations de travail et de soins addictologiques.

« Ils étaient cinq sur elle »

Son avocate, Me Léa Gosset, s’engouffre dans cette brèche. Mais elle tient également à revenir sur les conditions de l’interpellation. « Ça a été violent pour les policiers, mais aussi pour ma cliente. » L’avocate affirme avoir relevé huit ecchymoses sur le corps de la prévenue, ainsi qu’une blessure à l’œil dont elle s’interroge sur l’origine. « Je n’accable personne, mais je questionne sur la force utilisée pour interpeller ma cliente. Ils étaient cinq sur elle. »

Pour la défense, la femme qui comparaît ce mercredi n’a plus grand-chose à voir avec celle décrite par les policiers. « Aujourd’hui, elle est sobre et raisonnée. » Me Gosset sollicite une peine mixte avec un aménagement immédiat.

Après délibéré, le tribunal condamne la prévenue à 12 mois de prison, dont six assortis d’un sursis probatoire pendant trois ans. Les six mois ferme pourront faire l’objet d’un aménagement.

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