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Trump vend sa parole à Wall Street, l’IA licencie et Elon Musk marche au gaz et au diesel

Ses discours n’arrangent pas ses sondages, mais Donald Trump a d’autres chiffres en tête : son gai babil présidentiel sur son réseau Truth Social provoque des réactions immédiates de Wall Street à la moindre mention d’une entreprise, à chaque volte-face sur sa politique de droits de douane et ses priorités de défense nationale. D’où l’idée de génie d’en faire un autre juteux business.

Trump Media and Technology Group (TMTG), le petit empire médiatique de Donald et de ses fistons, propose depuis la semaine dernière aux banques et aux maisons de courtage un accès payant, privilégié et prioritaire, aux messages publiés par le président et une dizaine d’autres comptes influents de Truth social. Servies avec quelques millisecondes d’avance sur le site grand public, ces informations permettront à des opérateurs spécialisés, les tradeurs à haute intensité, de multiplier les transactions informatiques pendant ce court délai, et d’empocher des centaines de milliers de dollars supplémentaires à chaque opération.

Selon le Financial Times, ce service, nommé Truth API, serait facturé 100 000 dollars (87 000 euros) par mois aux tradeurs. Et Trump, propriétaire de 41 % des actions de TMTG, est le premier bénéficiaire de ce négoce d’infos officielles.

Je vous vois venir, avec vos mièvres questions éthiques, devant cette nouvelle manifestation du talent mercantile de Donald Trump, déjà enrichi de 2 milliards de dollars depuis son élection par l’usage décomplexé de ses fonctions électives. Mais il semble que tout cela soit légal. La loi sur les délits d’initiés interdit les opérations boursières décidées à partir d’informations “non publiques”. Mais puisque TMTG fournit les messages de Trump à des centaines de milliers de courtiers abonnés, ces informations sont considérées comme appartenant au domaine public, fut-il restreint aux professionnels de la finance. Rien à redire alors.

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Virés par l’IA

En mai, Meta, maison mère de Facebook, avait annoncé le licenciement de 8 000 employés, soit 10 % de ses effectifs, afin, une fois de plus, de réinvestir les salaires ainsi économisés dans le développement de l’intelligence artificielle (IA). On apprend dans Ars Technica, à l’occasion du procès intenté par 26 salariés virés et en instance de départ, que ce dégraissage massif pourrait avoir été confié non à des humains, mais à un modèle d’IA interne visiblement rodé à la violence sociale et aux discriminations.

Les plaignants savaient que Metamate, un agent intelligent, traquait en permanence leur productivité, leurs communications et leur usage discipliné de l’IA, mais ils accusent le système d’avoir dépassé les bornes en ciblant des femmes enceintes, des salariés handicapés, en congé de paternité trop woke, ou autorisés pour raisons personnelles à excéder momentanément leurs quotas de journées en télétravail. Aura-t-on oublié d’informer les algorithmes de ces cas d’exception aux normes de productivité et aux règlements ? Ou au contraire ordonné à Metamate de ne pas faire de quartier ?

Meta assure que seuls des humains ont dressé la liste des employés à virer. Probablement après un tri brutal opéré par IA. L’une des victimes confie dans sa plainte qu’elle a accouché deux jours après avoir reçu son mail de licenciement ; d’autres remarquent qu’ils avaient, pour seul crime, eu l’audace de profiter d’un congé maladie dans les mois précédents.

À première vue, l’IA, ou les DRH qui la sollicitent, croit pouvoir s’en donner à cœur joie. Les principales organisations fédérales de défense des salariés contre les discriminations ont été réduites à néant par les coupes budgétaires de l’ère Trump. Reste ce recours devant un tribunal et, à la clé, peut-être la première jurisprudence sur les licenciements abusifs par IA.

Grok aime le diesel

Pour redorer son blason – un peu terni, dit-on, par son combat frénétique pour la défense de la race blanche en péril –, Elon Musk disposait au moins d’un atout : sa réputation de champion idéaliste de “l’économie électrique solaire”. Mais même ce mythe s’étiole. Le site Elektrek nous apprend que le patron de Tesla et SpaceX, grand promoteur des énergies renouvelables sur terre comme en orbite, vient de racheter dans le plus grand secret, pour 1 milliard de dollars, un fleuron des énergies fossiles, APR Energy.

Cette firme de Jacksonville, en Floride, dispose d’une énorme flotte de générateurs d’électricité mobiles fonctionnant au diesel ou au gaz naturel qui servent à alimenter en urgence des usines en cas de panne de courant ou d’insuffisance des réseaux électriques locaux. Nul ne doute que cet achat par Musk est destiné à garantir la bonne marche de ses data centers pour l’IA. Elektrek rappelle que xAI, la filiale IA de Musk, utilise ce même type de turbines pour son centre de données Colossus à Memphis (Tennessee), qui mouline les algorithmes de son chatbot Grok.

xAI a obtenu facilement le soutien du gouvernement Trump “pour raisons de sécurité nationale, économique et énergétique” afin d’installer ses générateurs, qui, selon les témoignages d’organisations écologiques, pourraient cracher plus de 2 000 tonnes d’oxyde d’azote par an au-dessus du quartier noir et défavorisé de Boxtown, au sud de Memphis, déjà affligé d’un taux de cancer quatre fois supérieur à la normale en raison d’années d’exposition à des émanations d’industries voisines. Elon Musk avait qualifié les énergies fossiles d’“expérience la plus stupide de l’histoire, mais dans la course à l’IA, nécessité fait loi.