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Trump tacle le Canada avec une photo... qui raconte le contraire de ce qu’il veut dire

Le président des États-Unis, Donald Trump, et le Premier ministre canadien, Mark Carney, le 16 juin 2026 lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains (France). © Getty Images

La Maison-Blanche a voulu se moquer du Canada en montrant un combat entre les oiseaux emblématiques des deux pays semblant tourner à l’avantage des États-Unis. Problème: la véritable histoire de cette image, dans sa version complète, raconte l’inverse.

Kevin Dupont

Source: Huffington Post, Newsweek, CBC

28 août 2026, 13:21

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Le 26 août, la Maison-Blanche a publié sur son compte X une photo sans commentaire. Sur le cliché apparaît un pygargue à tête blanche terrassant une bernache du Canada. Une façon pour Donald Trump d’affirmer que Washington ferait de même avec le Canada, alors que les deux pays sont engagés dans un bras de fer commercial. La Maison-Blanche a d’ailleurs publié au même moment un communiqué indiquant les droits de douane auxquels le Canada s’expose désormais vis-à-vis des États-Unis.


L’auteur de l’image, le photographe animalier Mervyn Sequeira, livre cependant une toute autre histoire puisqu’il s’avère qu’à la fin de ce combat entre les deux oiseaux, ce n’est pas le pygargue qui l’emporte, mais la bernache.

Un retournement de situation

Le 23 février 2025, Mervyn Sequeira fait sa randonnée familiale traditionnelle du dimanche matin lorsqu’il croise les deux volatiles sur le plan d’eau gelé de la Marina LaSalle à Burlington, dans la banlieue ouest de Toronto (Ontario). “Nous étions là, et nous avons vu ce pygargue à tête blanche arriver et attaquer une bernache du Canada qui se trouvait sur la glace”, raconte-t-il à CBC.

Il observe, sort son appareil photo et suit l’affrontement, qui dure une vingtaine de minutes. Le pygargue attaque à plusieurs reprises la bernache, qui semblait affaiblie voire malade avant même l’accrochage, et semble prendre le dessus en attrapant sa tête dans ses serres. C’est ce moment précis que la Maison-Blanche a retenu.

Sauf que la bernache riposte et finit par se défaire de l’emprise de son adversaire. Puis, “étrangement, le pygargue à tête blanche a tout simplement abandonné et est parti”, laissant son opposante victorieuse vaquer tranquillement sur la glace, comme si elle avait réussi à défendre son territoire. Une partie de l’histoire complètement éludée par l’administration Trump.


“Une connotation politique” non voulue à l’origine

Conscient de ce que représentent ces oiseaux pour les États-Unis et le Canada, Mervyn Sequeira qualifie cet affrontement de “très symbolique”, même s’il n’a pas voulu donner à ces images “une connotation politique”. “Cependant, beaucoup de gens les ont interprétées dans un contexte politique”, remarque-t-il, d’autant plus que ces photos ont été prises et publiées près d’un mois après le retour de Donald Trump au pouvoir.

À l’époque, le président des États-Unis avait déjà lancé son offensive de droits de douane, le Canada figurant parmi ses cibles favorites. Un an et demi plus tard, Donald Trump a exigé que le Canada renonce à ses dispositions obligeant les entreprises à utiliser le français, et non seulement l’anglais, sur les emballages des produits vendus en magasin. Une demande rejetée par le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui affirme vouloir défendre la langue française et donc la culture de son pays. Les négociations entre Washington et Ottawa sont depuis rompues, et Donald Trump multiplie les menaces de sanctions commerciales.

Dernièrement, en guise de tacle au voisin canadien, Donald Trump a décidé que le lac Ontario, situé à la frontière entre les deux pays, s’appellerait désormais “Lake America” (“Lac d’Amérique”). Une initiative qui sonne à nouveau comme un tacle, le nom originel, hérité d’un mot iroquois signifiant “beau lac”, étant aujourd’hui généralement associé à la province canadienne de l’Ontario. Comble de l’histoire: la Marina LaSalle, où ont été prises les photos de Mervyn Sequeira, borde ce même lac.

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