Trois opération menées, fusillé à 16 ans... Qui est Henri Fertet à qui Emmanuel Macron a donné le nom de la premiere promotion du service militaire?
Trois opération menées, fusillé à 16 ans... Qui est Henri Fertet à qui Emmanuel Macron a donné le nom de la premiere promotion du service militaire?
Publié aujourd'hui à 19h29
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Emmanuel Macron se tient devant une photo d'Henri Fertet, résistant français âgé de 16 ans, lors d'une cérémonie commémorant le 75e anniversaire du débarquement, à Portsmouth, dans le sud de l'Angleterre en 2019. - Photo par MANDEL NGAN / AFP
En déplacement à Orange, Emmanuel Macron a baptisé ce mardi la première promotion du service militaire national du nom d'Henri Fertet, un Compagnon de la Libération fusillée à seulement 16 ans, le 26 septembre 1943.
Condamné, à l'âge de 16 ans. Emmanuel Macron a rendu hommage ce mardi 15 septembre à Henri Fertet, jeune résistant fusillé, en hommage aux "héros qui ont contribué à sauver la France", en baptisant en septembre la première promotion du service militaire national au nom de ce jeune homme.
En déplacement à Orange, sur la base aérienne 115, ce dernier a annoncé "qu’à l’avenir chaque promotion du service national portera le nom d’un Compagnon de la Libération".
• Un lycéen "intelligent et "appliqué"
Fils d'instituteurs, Henri Fertet est né le 27 octobre 1926 dans le Doubs. Il était un lycéen "intelligent et appliqué" à Besançon, avant de rejoindre la Résistance "dès l'été 1942", a rappelé Emmanuel Macron.
Il est notamment connu pour avoir rejoint l'organisation des Franc-tireurs et Partisans (FTP), aussi appelé le groupe "Guy Moquet", indique le musée de Ordre de la Libération.
Au total, il participa à trois opérations, dont l'attaque d'un commissaire des douanes allemand. Ce dernier "tire sur le commissaire, le blessant mortellement mais l'arrivée d'une moto les empêche de se saisir des documents", détaille le musée.
"Le choix qu'il fit, celui de servir la France et de défendre sa liberté, fait écho à votre engagement", "le choix de servir plutôt que subir", a lancé le chef de l'État à Orange.
• 87 jours d'emprisonnement à Besançon
Recherché par les Allemands, Henri Fertet est arrêté le 2 juillet 1943 "chez ses parents à l'École de Besançon-Velotte à trois heures du matin", indique encore le musée de Ordre de la Libération.
Avec 23 de ses co-équipiers, le lycéen est le plus jeune a être inculpé à Besançon. Après 87 jours d'emprisonnement, il sera fusillé le 26 septembre 1943 par les Allemands. 15 de ses camarades sur 23 seront également fusillés. Seulement trois de ses camarades reviendront, et sept seront déportés.
• Une lettre destinée à ses parents avant sa mort
Dans sa dernière lettre à ses parents, Henri Fertet écrivait "je veux une France libre et des Français heureux". "Des mots simples qui nous rappellent que si la liberté est le legs des générations qui nous ont précédés, il nous revient de la préserver", a souligné le président de la République.

"Vous ne pouvez savoir ce que, moralement, j'ai souffert dans ma cellule, ce que j'ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir peser sur moi votre tendre sollicitude que de loin", écrit-il.
Après avoir adressé un mot pour tous ses proches, et fait la liste de ses affaires personnelles à léguer, Henri Fertet a assuré ne pas "avoir peur de la mort". "J'ai la conscience tellement tranquille", confie-t-il à ses parents.
"Adieu, la mort m'appelle, je ne veux ni bandeau ni être attaché. Je vous embrasse tous. C'est quand même dur de mourir. Mille baisers. Vive la France", conclut-il.
• Double suicide de sa mère et de son frère en 1980
Le 26 novembre 1980, la mère et le frère d'Henri Fertet se suicident à deux, soit 37 ans après la mort du lycéen, en s'asphyxiant avec les gaz de leur véhicule.
Une lettre écrite par Pierre, le frère du lycéen fusillé a été envoyé au défunt journaliste du Monde Raymond Tournoux juste avant sa mort, selon un article publié le 5 janvier 1981 par le Monde. Le journaliste avait été autorisé à utiliser les documents de la famille.
"Souvenez-vous dans vos prières de Henri Fertet, condamné à mort par le tribunal militaire allemand, passé par les armes, à Besançon, à l'âge de seize ans", pouvait-on lire sur un message présent écrit d'un des documents.
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