Trente ans après leur apparition, les Japonais raffolent toujours des Tamagotchis
Il y a trente ans, les Tamagotchis voyaient le jour. Ces petits animaux de compagnie électroniques et pixellisés dont il faut bien prendre soin – les laver, les nourrir, les soigner, etc. – sinon ils meurent. Ce jouet a priori assez improbable a suscité l’engouement dans le monde entier. Depuis 1996, plus de 100 millions d’exemplaires se sont écoulés. Ils ont su évoluer avec le temps : les derniers modèles peuvent en outre se connecter au wifi, donc interagir – de même que leurs utilisateurs.
Publié le : 09/09/2026 - 00:45
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondant à Tokyo, Bruno Duval
C’était la vedette du Salon annuel du jouet qui s’est tenu récemment dans la capitale : le 38e et dernier modèle en date de Tamagotchi qui se porte au doigt : c’est une bague minuscule. Cette Tokyoïte est ravie de l’avoir achetée.
« Quand j’étais petite, j’avais plusieurs Tamagotchis et j’ai passé un temps fou à bien m’occuper d’eux pour qu’ils grandissent et soient en bonne santé. C’était des moments merveilleux », se souvient-elle. « Et là, maintenant, avec cette bague, j’ai la joie de retomber en enfance... »
À lire aussiCinq jeux vidéo emblématiques qui vous rendront nostalgiques de votre enfance
Succès fou
C’est Takekazu Hongo qui a inventé les Tamagotchis il y a trente ans. Il se souvient du jour où il a présenté son projet à ses collègues du groupe Bandai, qui commercialise ce jouet.
« Ils n’en revenaient pas, étaient complètement médusés. “Des animaux virtuels qui défèquent et meurent si on les néglige ?! Mais qu'est-ce que c'est que ça ?”. C’est ce que la plupart m’ont dit », se rappelle Takekazu Hongo. « Je n’étais pas trop sûr de mon coup, mais on s’est lancés dans l’aventure et, en fait, ce jouet a immédiatement eu un succès fou. Auprès des écolières, notamment. »
Effet « kidult »
Les sociologues expliquent le regain d’engouement actuel pour les Tamagotchis par le concept dit des « kidults ». Cet anglicisme désigne les adultes qui redécouvrent avec nostalgie les jeux qu’ils avaient adorés quand ils étaient petits.
Ce phénomène contribue grandement à l’essor du marché du jouet dans l’archipel. Il affiche un chiffre d’affaires annuel de 1200 milliards de yens, plus de 6 milliards d’euros, en progression constante.
À lire aussi«Rétrogaming»: jouer aux anciens jeux vidéo, à quel prix?