30 000 euros "disuasifs" : comment la FFR veut encadrer les transferts des jeunes
Dans le cadre du rapprochement entre la Fédération et les clubs pros, les Pôles Espoirs ont vu leur réglementation évoluer. Objectif affiché : inciter les jeunes talents à poursuivre leur cursus dans leur environnement d’origine et valoriser le travail de formation des clubs locaux.
Voilà bien le genre de réforme qui ne fait d’ordinaire pas la une des gazettes, mais dont l’impact et les conséquences vont très vite se faire ressentir. Au départ ? Il y a eu la réforme globale des pôles espoirs masculins et féminins, pensée (du moins en ce qui concerne les garçons) pour "se rapprocher des clubs et travailler de plus en plus étroitement avec eux", selon les mots de Jordan Roux, vice-président de la FFR en charge des Territoires et de la Filière Jeune. En clair ? Alors que les pôles espoirs étaient, l’année dernière encore, liés à des structures scolaires et pilotés par les Ligues régionales, ceux-ci ont désormais été rattachés, en ce qui concerne les garçons, à une trentaine de clubs professionnels répartis sur tout le territoire (à l’exception de Dijon, lié à l’ABCD XV, et du pôle de Nouméa), tandis que, pour les filles, subsistent 19 structures régionales (toujours pilotées par les Ligues), avec l’objectif d’en ouvrir rapidement deux nouvelles dans les Pays de la Loire et le Grand Est. Un réseau encadré par 11 managers du Parcours de Performance Fédéral (8 masculins, 3 féminins), qui intègre également la formation des officiels de match.
"Tout joueur "P1" qui mutera hors de son bassin de proximité générera une indemnité de 30 000 euros"
La nouveauté, alors ? Elle concerne, vous l’aurez compris, essentiellement les garçons, la Fédération s’étant alarmée du nombre de transferts de plus en plus précoces qu’elle entend réguler, afin de limiter les éventuels dégâts sociaux liés à des déracinements prématurés mais aussi d’encadrer des politiques trop agressives. Comment ? Tout simplement en tapant au portefeuille des clubs, dans un cadre strict. "Désormais, tout joueur classé "P1" (la catégorie haut niveau au sein du dispositif Sport-Études du Ministère de l’Éducation nationale et des Pôles Espoirs, N.D.L.R.) qui change de club hors de son bassin de proximité génère une indemnité de 30 000 euros, en plus de l’indemnité fédérale classique, explique Jordan Roux. Cela concerne les catégories U16, U17 et U18, filles comme garçons, qui sont pensionnaires de nos structures et listés P1. À l’échelle nationale, cela représente environ 180 garçons et à peu près 110 filles." En clair ? "Par exemple, si un jeune mute de Chambéry à Grenoble et demeure donc au sein de son bassin, c’est le dispositif classique qui s’applique. En revanche, si un joueur du pôle de rattachement de Grenoble part à La Rochelle, le club recruteur devra s’acquitter des 30 000 euros. Le montant est volontairement dissuasif et élevé pour valoriser l’investissement et le travail accompli par les clubs formateurs sur leur territoire." De quoi réfréner les ardeurs de certains clubs particulièrement agressifs sur ces catégories d’âge, même s’il existera toujours des exceptions pour les potentiels unanimement considérés "hors normes"…