Trafics d’armes, cambriolages en série, séquestrations : la section de recherches d’Amiens fait tomber les têtes de la criminalité organisée
Fini les équipes de braqueurs, place aux voyous recrutés sur Snapchat. La division « atteintes aux biens » de la section de recherches d’Amiens s’adapte depuis 50 ans avec un même objectif : « Taper sur les donneurs d’ordre ».
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(2/5) La section de recherches d’Amiens fête ses 50 ans. À cette occasion, nous lui consacrons une série de cinq sujets pour mieux faire connaître cette unité d’élite, dont la discrétion est la marque de fabrique.
Un trafic d’armes piloté depuis une cellule de la prison de Beauvais, démantelé à l’automne 2025 après une opération à 150 gendarmes : 13 personnes mises en examen, 15 armes saisies, 45 000 euros en espèces. Une série d’escroqueries aux cavistes de la Somme, de l’Oise et de l’Aisne, ciblés par un groupe familial au moment de Noël. Un trafic de cigarettes contrefaites acheminées depuis la Belgique : 2,2 tonnes de tabac saisies et un réseau évalué à 20 millions d’euros. Ce sont, ces derniers mois, les belles affaires dont peut se targuer la division « atteintes aux biens » de la section de recherches d’Amiens.
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« Notre champ d’action, c’est la criminalité organisée, dans tous les sens du terme », résume le capitaine Sébastien Lelong, le chef de la division. Du vol de fret sur les axes autoroutiers à la contrefaçon de tabac, en passant par les cambriolages sériels, les séquestrations et le trafic d’armes. « On fait tout ce que les brigades font, mais sur un spectre beaucoup plus large, avec une organisation beaucoup plus élevée. Nous, on travaille sur le sommet de la pyramide. » Les enquêteurs de la vision traquent la criminalité dans les trois départements picards, avec l’ambition de faire tomber toute l’organisation. « On ne remonte jamais à grand-chose avec les petites mains. Si on veut couper la tête à cette délinquance, il faut taper sur les donneurs d’ordre et les lieutenants. »
Une enquête de SR ne se prend pas comme une violence intrafamiliale. Il faut travailler l’adversaire, connaître ses habitudes
Concrètement, rien ne se fait dans la précipitation. « Une enquête de SR ne se prend pas comme une violence intrafamiliale. Il faut travailler l’adversaire, connaître ses habitudes. » Écoutes téléphoniques, filatures, photographies, balises : les techniques spéciales d’enquête sont leur pain quotidien. « Quand vous interpellez un gars que vous avez suivi six mois sur écoute, il n’a plus de secret pour vous. Vous savez comment il parle, comment il vit. »
Exit les équipes soudées de braqueurs, place aux recrutements sur Snapchat
La délinquance a changé. Exit les équipes soudées de braqueurs, place aux recrutements sur le réseau social Snapchat. « On appelle ça l’intérim du crime : des gamins qui ne se connaissent pas, recrutés par message, montés dans une voiture pour aller séquestrer quelqu’un. Ils ne sauront jamais qui est derrière le téléphone, qui donne les ordres. Pour nous, c’est ce gars-là qu’il faut attraper. » La SR doit souvent faire face à des malfaiteurs qui prennent beaucoup de précautions : « Ils viennent capuchés, gantés, avec du détergent sur les scènes. Ils ont déjà fait de la prison, ils connaissent nos techniques. »
Pour le capitaine Lelong, le point d’orgue reste l’opération d’interpellations, à l’issue de très longues semaines d’enquête, avec le recours aux collègues spécialisées, du PSIG au GIGN. « Quant au top, à 6 heures, tout le monde tombe en même temps, sans grain de sable, c’est bon : mon métier a été fait. » Pour le reste, la motivation tient en un mot : « C’est un métier passion. Les gens qui sont ici à la section de recherches ne comptent ni leurs heures ni leurs jours de repos. Ils ne quitteraient cette maison pour rien au monde. »
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