«Tout est en ruines»: à Nabatiyeh, au sud du Liban, les frappes israéliennes empêchent le retour des déplacés
Dans le sud du Liban, le retour des habitants reste très incertain, alors que les frappes israéliennes se poursuivent et que les négociations avec Israël sont au point mort depuis début août. À Nabatiyeh, ville durement touchée par la guerre, la population peine à retrouver une vie normale et reste dans l’attente de garanties de sécurité.
Publié le : 27/09/2026 - 06:32Modifié le : 27/09/2026 - 08:02
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De notre correspondante au Liban, Sophie Guignon
À Nabatiyeh, grande ville commerçante du sud du Liban, les stigmates de la guerre sont encore partout. Pas une rue n’est restée intacte suite aux frappes israéliennes. « Le souk est complètement détruit, tout est en ruines. Il ne reste plus rien. Tout est abîmé, il faut faire des réparations, mais on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. Et en plus, je n’ai plus les moyens comme avant. Je n’ai plus rien », déplore Raed Moukalled. Cet opticien a perdu son magasin pour la deuxième fois en deux ans.
Les négociations avec Israël sont au point mort depuis début août alors que les violations de l’accord-cadre signé le 26 juin se sont multipliées. Une situation qui plonge les habitants dans une incertitude constante. « Je garde mes stocks dans des valises, elles restent dans ma voiture. Comme ça, s’il se passe quelque chose, je peux fuir directement », avoue Raed Moukalled.
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« Il n’y a pas de véritable sentiment de sécurité »
La municipalité de cette ville de 75 000 habitants a elle aussi été détruite pendant la guerre. Une situation obligeant les élus locaux à réinvestir un centre culturel dans les hauteurs de la ville pour échapper aux frappes quotidiennes d'Israël.
Pour le maire de Nabatiyeh, Abbas Fakhreddine, affilié au Hezbollah, il est impossible de pousser les habitants à rentrer. « Je ne peux pas demander aux gens de revenir. Je leur ai dit : “Cette décision vous appartient, elle ne m’appartient pas.” Au niveau psychologique et moral, il n’y a pas de véritable sentiment de sécurité », explique-t-il.
Selon les Nations unies, plus de 360 000 habitants du sud du Liban sont toujours déplacés. Et dans ce contexte, le retour des habitants du sud du Liban reste particulièrement fragile et la crainte d’une nouvelle escalade empêche de reprendre une vie normale.
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