The Witcher 3 : Wild Hunt - Remastered sur Switch 2, c'est du tout bon dans l'ensemble, mais surtout pour les néophytes
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- The Witcher 3 Remastered sur Switch 2 : faut-il répondre à l'appel de la nouvelle partie ?
Sept ans après un premier portage hybride quelque peu bancal (c'est le moins que l'on puisse dire), The Witcher 3 revient sur Switch 2 grâce à sa version Remastered, plus fluide, nettement plus jolie et mieux pensée pour le jeu nomade. Mais si vous avez déjà de la bouteille, y a-t-il vraiment là de quoi repasser au bar ?
Vous méritez bien une précision sur la raison pour laquelle nous allons principalement analyser la version Switch 2 de ce remaster de The Witcher 3 : par trois fois l'auteur de ces lignes a-t-il déjà arpenté la bourgade de Blanchefleur et les rues moites de Novigrad dans le but de retrouver une jeune fugueuse (on croyait pourtant l'avoir vue du côté de chez Apple). La première, c'était à la commercialisation du jeu, sur PS4. Puis sont venues les deux extensions, qui furent à leur tour l'occasion de tout reprendre à zéro. Et finalement, en 2019, le jeu a eu droit à une version portable sur Switch. Imaginez un peu : la profondeur de ce monde, son ambiance et son système de combat passable au creux de la main, bien enfoncé dans son lit ? On signe. Sauf que cette version Switch, quoique miraculeuse, péchait malgré tout d'une approximation technique (notez l'euphémisme) bien trop dominante pour véritablement offrir une expérience pleinement satisfaisante. En réalité, il a fallu se tourner vers le Steam Deck et ses nombreux rejetons officieux pour profiter de l'aventure médiévale polonaise dans les meilleures conditions permises par le jeu portable. Cette semaine néanmoins, tout a changé avec l'arrivée de The Witcher 3 : Wild Hunt - Remastered sur Nintendo Switch 2. Alors on repart pour un quatrième tour.
Hybride, fluide et joli : des mots qui n'allaient pas ensemble en 2019
En 2019, la sortie de The Witcher 3 sur la première Switch tenait donc certes de l'exploit, mais aussi et surtout de la concession. Faire tourner le monde ouvert de CD Projekt RED sur une machine pensée autour d'une puce Tegra X1 avait demandé des sacrifices, évidents à aux yeux profanes ou pas : les textures étaient appauvries, la végétation largement clairsemée et la définition tombait à 960 × 540 dans les zones les plus exigeantes, le tout avec un framerate parfois aux fraises. Sept ans plus tard, le studio est parti de la base PC du remaster pour voir ce que la Switch 2 pouvait en garder, au lieu de rogner jusqu'à ce que le jeu daigne démarrer.
En essence, le cahier des charges reste raisonnable : vous pouvez compter sur 1080p sur téléviseur, 720p en portable, le tout avec une fréquence d'images entre 30 et 40 images par seconde grâce au taux de rafraîchissement variable. CD Projekt RED reprend donc directement la logique déjà suivie pour Cyberpunk 2077 : Ultimate Edition et privilégie l'éclairage, les ombres et la densité des décors plutôt que la course, plus ou moins futile pour un appareil hybride, à la définition. Et le pari est le bon : visuellement, le bond entre la version Switch et la version Switch 2 est faramineux. Si l'on devait offrir une base comparative, disons que l'on situerait la qualité visuelle offerte par cette nouvelle mouture comme étant à peu près au niveau des versions PS4 et Xbox One de l'époque. Alors certes : il sera certainement beaucoup plus pertinent de passer sur PC ou sur PS5/Xbox Series X si vous recherchez la fidélité visuelle. Néanmoins, pour un appareil portable, nous sommes là sur le haut du panier, aidé par une fluidité qui a de quoi convaincre : certes, pas de 60 FPS, mais du 40, avec une véritable stabilité dans le rendu (ce qui n'était pas gagné !). Le portage tire en outre parti de la console mieux que la plupart de ses voisins : vous pourrez profiter de la visée au gyroscope, du mode souris avec les Joy-Con pour lancer des signes ou viser à l'arbalète, des gestes personnalisables (lever le Joy-Con droit pour siffler Ablette par exemple), du Gwent et des menus entièrement accessibles via l'écran tactile, ou encore de vibrations HD retravaillées scène par scène.

Nous avons néanmoins quelques reproches à faire : les arrière-plans, notamment, offrent une sorte de flou qui peut gêner à terme, pas aidés par ailleurs par un petit manque de netteté en mode portable. Bien entendu, on vous invite, comme toute personne saine, à immédiatement supprimer le flou de mouvement dans les paramètres, histoire de s'empêcher quelques maux de tête et de s'offrir une image un peu plus propre. Au même titre, les temps de chargement semblent un peu plus longs que sur les autres plateformes, avec parfois 30 secondes d'attente avant de pouvoir débuter sa partie nouvellement chargée. Notez en parallèle que le fameux souci d'éclairage (vous savez, le bloom qui a fait polémique sur les autres plateformes) n'a pas l'air présent ici, bien au contraire : le HDR de la console a même tendance à rendre certaines zones excessivement sombres, ce qui demandera potentiellement quelques ajustements dans les paramètres (une simple augmentation de la luminosité suffira), histoire de ne pas avoir à plisser les yeux à chaque instant. Dans l'ensemble, il est évident que cette version Switch 2 sera bien plus agréable pour profiter de The Witcher 3 par rapport à son homologue Switch d'antan. Vient alors la question : si vous avez déjà poncé The Witcher 3 dans tous les sens, cette nouvelle mouture retravaillée vaut-elle le coup d'oeil, outre ses nouvelles velléités graphiques ?
Le contenu supplémentaire seul justifiera difficilement un retour du vétéran
Pas certain. Il y a bien des changements notables par-ci par-là. D'abord, les combats : lors des affrontements, la caméra apparaît beaucoup plus dynamique, capable de se rapprocher en duel ou de s'éloigner contre des groupes d'ennemis. Au même titre, Geralt rejoint mieux sa cible, en lieu et place des longues fentes maladroites du jeu original. Par ailleurs, passer d'un ennemi verrouillé à un autre est plus rapide, et l'on peut aussi rompre ce même verrouillage à l'envi pour fuir un combat par exemple. Notez que CD Projekt a annoncé également de nouvelles attaques pour certains ennemis, mais nous n'avons pas réellement pu constater ce détail de nos yeux (peut-être notre mémoire nous fait-elle défaut ?). On remarque certes que les ennemis semblent un peu plus coordonnés, en restant groupés, mais c'est à peu près tout. In fine, le combat de The Witcher 3 reste, bien entendu, ce qu'il était déjà à l'époque : dénué d'impact physique, parfois répétitif, mais aussi grisant lors de quelques instants de grâce.
Côté confort de jeu, les ajouts sont plutôt intéressants, surtout pour ceux qui se traînent encore quelques mauvais souvenir du game design façon monde ouvert de 2015 : Geralt peut désormais ramasser un butin sans descendre d'Ablette, qui se comporte d'ailleurs bien mieux en terrain accidenté. Plutôt que de nécessiter le maintien d'une gachêtte, il est désormais possible de lancer les sens de sorceleur via la pression d'un bouton (voilà qui devrait reposer un peu votre main). En parallèle, la quête affiche un marqueur pour chaque quête en cours, avec des notifications un peu plus compactes qu'auparavant. Bien entendu, le gros du changement tient plutôt à l'arbre de compétence : ses points sont complètement réinitialisés sur les sauvegardes existentes, donc celui qui reprend une vieille partie devra refaire intégralement son build. Mais dans le fond, ce nouvel arbre n'apporte finalement que des ajustements mineurs lors des combats, contrairement à la profondeur théorique qu'il semblait promettre.
Et puis, il y a ce fameux système de transmogrification, qui permet de modifier l'apparence d'une pièce d'équipement sans en modifier les statistiques (histoire de posséder une arme aussi belle qu'elle sera létale - ce n'était pas toujours le cas dans le jeu d'origine, qui avait la fâcheuse tendance d'offrir des armes puissantes mais parfois moches). Notez qu'il faudra se rendre auprès des maîtres artisans Yoana et Hattori pour en profiter, donc à un stade avancé de votre partie.

Il est grand temps de répondre à notre interrogation antérieure : cette nouvelle version de The Witcher 3 est assurément l'une des plus agréables en mode portable, pour peu que vous ne possédiez pas une console PC portable à plus de 1000 euros. Déjà, le simple fait de profiter d'un jeu qui tourne, sans trop de concessions visuelles et sans la galère habituelle du passage dans les paramètres est un confort qui sera certainement apprécié de beaucoup. Néanmoins, outre les ajouts visuels indéniables, le jeu reste ce qu'il a toujours été : excellent, profond et très bien narré, mais aucunement différent de ce que vous connaissiez déjà depuis plus de 10 ans. Disons que, si avez une partie en cours laissée à l'abandon depuis quelques années, vous serez certainement ravis de reprendre votre histoire où vous en étiez, tout en constatant des améliorations sympathiques sur à peu près tous les plans. En revanche, pour ceux qui ont déjà de la bouteille, pas certain que ces nouveautés soient suffisantes pour justifier la redécouverte des états d'âme romantiques du bon vieux Geralt (vous étiez plutôt Triss ou Yennefer ?).
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