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Tour de France - Pour Seixas, le jour où le podium a cessé d'être tabou : "C'est incroyable"

Tout en haut d'un des monts des Vosges, le futur a déboulé avec fureur, incarné par Isaac Del Toro et ses 22 ans, débordant Jonas Vingegaard par la droite, et Seixas, lancé sur sa gauche, pour prendre rendez-vous derrière Tadej Pogacar et signifier au Danois que la fin de la Grande Boucle risquait de secouer.

Troisième de l'étape derrière l'inévitable slovène et son lieutenant mexicain, le jeune leader de l'équipe Décathlon CMA-CGM peut continuer d'éviter de donner des objectifs chiffrés, la route parle à sa place et elle a des choses à dire.

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Le Lyonnais est passé devant Pidcock et Ayuso, il pointe désormais à la quatrième place du général, à 5 minutes et 19 secondes de l'intouchable maillot jaune mais a encore repris du temps au troisième, Remco Evenepoel, qui n'a plus que 15 petites secondes d'avance sur Seixas.

Confiance

"C'est incroyable, magnifiquement dur, encore très difficile, on commence à s'y habituer", a lancé le prodige tricolore, qui se bornait jusque-là à fixer "le meilleur classement général possible" comme objectif.

"Ca fait vraiment plaisir d'avoir ce maillot blanc et d'être toujours dans la course pour le podium, ça me donne encore plus de confiance pour la suite", ajoute-t-il.

Le public survolté a pu assister au deuxième podium sur le Tour du plus grand espoir du cyclisme français, qui n'a pas eu peur des pentes irrégulières et parfois ravageuses de l'inédit col du Haag. Seixas ne semble pas non plus effrayé par l'inconnu dans lequel il plonge jour après jour, pour son premier grand tour de trois semaines.

Pleins de confiance dans leur jeune leader, ses équipiers l'ont replacé au pied de la dernière ascension et ont accéléré pour essorer ses rivaux.

"On a continué avec le plan de rouler fort pour le lancer, pour essayer de prendre des places au général, on sait évidemment que c'est aussi bon pour Tadej, mais nous sommes là pour essayer de prendre le podium et pour ça, on a fait un bon boulot aujourd'hui", a résumé le capitaine de route Tiesj Benoot.

"Si on regarde le classement du Tourmalet la semaine dernière (quatrième), on savait que Paul était vraiment très bien, mais l'arrivée n'était pas en haut, ça s'était regroupé. Donc aujourd'hui c'était une arrivée différente et on voulait que ça soit récompensé à la pédale", indique son ange-gardien Nicolas Prodhomme.

Gourmandise

Armé de calme et de sérénité comme depuis le début du Tour, Seixas n'a jamais tremblé, semblant courir à sa main, même lorsque Florian Lipowitz, poussé par les supporters allemands venus en nombre, a attaqué.

Le vainqueur de la Flèche Wallonne a pris sa roue avant que Pogacar ne dynamite tout ça.

Derrière lui, tandis que Vingegaard tentait de creuser le trou sur la concurrence, Seixas s'est accroché patiemment pour rentrer sur le double vainqueur du Tour, avant que le duo ne soit rejoint par Del Toro.

"On ne peut pas dire que c'est un accomplissement parce que le Tour, c'est trois semaines, c'est très long", temporise Prodhomme, plus mesuré que Benoot.

"Mardi dernier (dans le Cantal), il était déjà là, tellement fort, et aussi sur le Tourmalet: il continue comme ça, c'est bien aussi pour moi comme équipier de pouvoir faire quelque chose dans le dernier col, sinon je suis là toute la journée à souffrir derrière UAE pour me laisser lâcher... Alors comme ça je suis content de faire quelque chose", sourit le Belge.

La régularité de Seixas sera de nouveau éprouvée dimanche dans la montée hors-catégorie du plateau de Solaison. Une montée qu'il connaît bien. "C'est difficile d'avoir plus dur en montée, ça va être une très belle étape, j'espère qu'on va bien finir la semaine, si c'est comme aujourd'hui ce serait parfait", espère-t-il avec gourmandise.

Un appétit contagieux pour ses équipiers, à l'image de Benoot, interrogé sur la possibilité de voir le jeune cador doubler Vingegaard, seulement 49 secondes devant lui, sur le podium à Paris: "Peut-être qu'il gagne, hein!".