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Tour de France Femmes 2026 : Pauline Ferrand-Prévot repart au combat sans la moindre victoire dans les jambes, mais avec une ambition intacte - Sport.fr

À la veille du Grand Départ de Lausanne, la championne rémoise défend son titre avec une décontraction affichée. Mais sa saison 2026, elle, est restée muette.

On se souvient encore de Châtel. Du corps allongé sur le bitume, des larmes, de cette clameur qui n’en finissait plus. Douze mois plus tard, le décor a changé — Lausanne, la Suisse, un Grand Départ hors des frontières — et le statut aussi. Pauline Ferrand-Prévot ne part plus en chasse. Elle défend.

C’est acté : la leader de Visma-Lease a Bike remet son maillot jaune en jeu dès ce samedi 1er août. Et elle le fait avec une phrase qui, forcément, a fait causer dans le peloton. « Je n’ai rien à perdre parce que j’ai déjà gagné le Tour de France », a-t-elle lâché à France Télévisions. Le gagner une deuxième fois ? « Ce serait extraordinaire », concède-t-elle, sans en rajouter. Sa méthode tient en une ligne : garder ce qui a fonctionné, corriger le reste. Car il y a « toujours des choses à améliorer ».

Zéro victoire en 2026, et alors ?

Le chiffre interpelle : la Champenoise aborde la Grande Boucle sans le moindre succès cette saison. Rien. Un contraste saisissant avec l’été 2025, où elle débarquait auréolée de Paris-Roubaix.

Sauf que la statistique ment un peu. Deuxième du Tour des Flandres derrière Demi Vollering, troisième sur les pavés de l’Enfer du Nord : deux podiums de Monument, ce n’est pas exactement le bilan d’une coureuse en perdition. Sur Liège-Bastogne-Liège, en revanche, elle n’a rien pu faire face à une Vollering intouchable. La pilule était un peu amère. Quant à sa Vuelta Femenina en demi-teinte, elle relevait d’un choix assumé — ou plutôt d’un calendrier entièrement bâti pour arriver au sommet en août, pas en mai.

Dijon, le Ventoux, et un chrono qui inquiète

Sur le papier, le tracé 2026 lui tend les bras : du dénivelé, des routes techniques, et ce secteur niçois qu’elle connaît par cœur. Une seule zone de turbulence, mais elle est de taille. Le contre-la-montre de 21 kilomètres à Dijon, où PFP devra limiter la casse face aux spécialistes du genre avant que la course ne bascule sur le Mont Ventoux et son week-end final. Tout se jouera là. Ou presque.

Une popularité qui déborde largement du vélo

Sacrée au Vélo d’Or 2025 en même temps que Tadej Pogačar, l’ancienne reine du VTT est devenue bien davantage qu’une championne cycliste. À Paris-Roubaix, elle avait d’ailleurs demandé à son équipe de courir pour Marianne Vos, dont le père venait de disparaître. Un geste qui en dit long.

Le symbole se glisse même hors des routes : la native de Reims devrait figurer dans une bande dessinée consacrée aux Rémoises illustres, signée Mélanie Gertsch et Capucine Ferté. Championne olympique, championne du monde dans trois disciplines, désormais personnage de BD.

Les dés sont jetés. Rendez-vous samedi, sur les bords du Léman.